L’Ostéo4pattes

Le cadavérisme

Créé le : lundi 13 novembre 2006 par Erich Degen

Dernière modificaton le : mercredi 29 novembre 2017

Il est temps, maintenant, de répondre aux questions soulevées dans le dernier numéro de l’Ostéo4pattes au cours des deux articles « Moi, l’autre et nous » et « Apologie du bon sens ». Et effectivement d’interroger la Médecine sur ce qu’il en est de sa philosophie et de son caractère scientifique.

J’ai montré précédemment comment le vitalisme baigne toute idée médicale d’Hippocrate à Claude Bernard. Pour s’y retrouver, il faut tout de suite opposer le vitalisme aux vitalismes.

Le vitalisme est plus un sentiment qu’une idée générale. C’est, presque à l’égal d’une religion, la foi en la Vie qui anime le médecin (ou le vétérinaire) dans son activité quotidienne et lui permet d’oublier le pire, c’est à dire le fait inéluctable que la mort se trouve au bout du chemin. Pour travailler l’esprit clair, c’est le bon sens.

Les vitalismes furent des théories médicales dans la période qu’on appellera « pré-scientifique », allant de la Renaissance au Siècle des Lumières. Durant cette période où les différentes sciences commençaient juste à s’individualiser, des grands noms de l’Histoire de la Médecine élaborèrent des théories qui tentaient de rationaliser le principe vital. Chacune de ces théories exprimait le point de vue de son auteur. Aucune n’emporta l’adhésion de l’ensemble de la communauté médicale. C’est que ces théories, qui se voulaient scientifiques, étaient en fait surtout philosophiques et, de ce fait, totalement sujettes à caution.

Il est nécessaire, avant d’aller plus loin dans cet exposé, d’exprimer « positivement » les différences existant entre Religion, Philosophie et Science. J’emprunte pour ce faire le point de vue de Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), considéré comme le père de l’Anarchie, mais surtout, et c’est ce qui m’intéresse ici, très proche de la pensée d’Auguste Comte (1798-1857) et de son positivisme. Proudhon décrit Religion, Philosophie et Science comme étant trois grandes étapes de la connaissance humaine.

Il appelle Religion l’expression instinctive, symbolique et sommaire par laquelle une société naissante manifeste son opinion sur l’ordre universel.

Il appelle Philosophie l’aspiration à connaître, le mouvement de l’esprit vers la science qui succède à la spontanéité religieuse.

Il appelle Science la compréhension claire, complète, certaine et raisonnée de l’ordre. L’ordre est défini comme « toute disposition sériée ou symétrique ».....

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