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La Vie Sans Fin : La Vis....Enfin ! (Rés)

Menues divagations hélicoïdales autour du concept de torsion physiologique.
Créé le : mercredi 2 mars 2011 par Pierre Romantzoff

Dernière modificaton le : jeudi 7 décembre 2017

Les échos des récentes considérations sur la torsion physiologique ne m’ont pas laissé indifférent. Ils ont « tortillé » mes neurones au point d’abord de ne pouvoir réprimer un tonitruant « bon sang.....mais c’est bien sûr! »puis en second lieu de donner un nouvel éclairage sur mon exercice quotidien de la cardiologie et de l’obstétrique. Si le questionnement « pourquoi la torsion » reste sans réponse, je suis ici tenté de reformuler la question avec cette double vision du cardiologue et de l’accoucheur en « comment la torsion » afin de voir celle ci sous un angle (de torsion !) différent.

L’individu est il par essence de nature hélicoïdale ? Et dans l’affirmative est il contraint, au sens mécanique du terme, à suivre un pas de vis ? Et ce dernier est il plutôt dextrogyre ou lévogyre ? J’entends l’individu au sens large, règne animal et règne végétal confondus.

Nous avons tous en mémoire la croissance hélicoïdale des plantes, leur distribution foliaire ou l’arrangement des graines de la fleur de tournesol.

Il en va de même pour la spirale de la coquille de l’escargot (étant précisé d’entrée que ces deux derniers exemples présentent une hélice particulière car de construction logarithmique au rapport PHI ). L’Helix des divers escargots du genre Helix suit le même sens dextrogyre et les exceptions à la règle sont rarissimes dans la nature (honte à quelques chocolatiers belges et pervers !), mais cette observation est elle transposable aux quadrupèdes et à l’homme ?

Et oserait on une saisissante passerelle intellectuelle faisant se rejoindre une logique hélicoïdale du vivant et par exemple l’escalier à double hélice du Vatican ( à ne pas confondre avec les escaliers doubles de Chambord et de Blois ) ou, toujours grâce à PHI et à la Divine Proportion, les représentations que Léonard nous offrît de l’homme ou du cheval ?

Ne pouvant me contenter d’une vision immobile, la vie se définissant comme un mouvement perpétuel, il m’a paru intéressant d’imaginer cette vis en mouvement continu, que ce soit vers l’avant (en pro-gression.............cf la croissance de la coquille de l’escargot visualisée en accéléré) ou vers l’arrière (en ré-gression ?).

HISTOIRE TORDUE DU VIVANT

Notre existence commence avec l’appariement des ARN parentaux en une double torsion hélicoïdale de deux hélices dextres appariées entre elles, ces deux hélices se raccourcissant ou s’étirant, se séparant ou s’appariant au cours des différentes étapes de la mitose ou de la méiose. Cet arrangement chimique d’aminoacides établissant des liaisons ou ponts entre eux initie un élan énergétique de torsion qui restera imprimé définitivement chez l’individu. S’agirait il donc de la torsion originelle ?

Dans les heures qui suivent la fécondation la morula se segmente, un pôle apparait et la différenciation tissulaire aboutit très vite à un œuf dissymétrique : la torsion est déjà établie.

Chez le vertébrés, après la fermeture du tube neural et l’apparition de la chorde, durant la morphogénèse, les structures internes perdent leur symétrie : le sinus vasculaire central se transforme en cœur et passe à gauche, les arcs branchiaux droits disparaissent, le foie vient à droite, l’estomac et la rate se déplacent à gauche, le rein droit avance par rapport au rein gauche en une hélice parfaite qui part de l’extrémité de la queue pour rejoindre le bout du nez avec son «pas» à droite..........

La spirale observée chez l’adulte passe successivement de l’arrière vers l’avant par tous ces organes. Si l’on déroule en accéléré ce film de l’embryogenèse il est aisé de visualiser cet élan spiral. L’organe le plus mobile par excellence, le cœur, conserve cette impulsion initiale en torsion et, arrivé à maturité fonctionnelle au moment de l’accouchement, effectue un mouvement spiroïde que nous appelons la « révolution » cardiaque, mouvement favorisé par la position de l’organe dans le liquide péricardique. Le coeur lui même est vrillé, l’apex en position postéro-inférieure gauche et la base en position supero-antérieure droite. Des exemples similaires nous sont donnés par l’estomac dont la vidange s’effectue par des ondes péristaltiques en spirales successives ou par l’utérus expulsant son fœtus.

A la lumière de cette hypothèse la propension de ces organes à effectuer des torsions pathologiques (c’est à dire au delà de la torsion physiologique) ne peut être le fruit du hasard. Je détaillerais ces dis-torsions plus avant dans ce texte.

Lors de l’accouchement le fœtus déjà vrillé mais malléable va donc être « mis au pas » (au « pas de vis » bien sûr, mais surtout au pas du « pel-vis » !). En effet on nous présente classiquement l’obstétrique comme une histoire de diamètres figés : la pelvimétrie prend en compte les diamètres horizontal, vertical et obliques chez la mère, les diamètres représentés par les coudes et les épaules suivies des hanches et des grassets chez le fœtus. Dans ma pratique j’oublie cette vision statique des diamètres et je considère l’accouchement eutocyque comme la progression dynamique du fœtus d’arrière en avant, dans le sens opposé à celui de sa mère, fœtus propulsé par les contractions hélicoïdales de l’utérus. On nous a enseigné à juste titre que parfois la résolution de la dystocie passait par la mise à profit de l’inclinaison du fœtus sur son axe vertical dans le pelvis et l’utilisation du plus grand diamètre, le diamètre oblique, pour passer un coude puis l’autre, une épaule puis l’autre. Nous y voilà : considérons à présent le pelvis comme un écrou et le fœtus comme un boulon. Évidemment il est impossible de passer un boulon en force dans son écrou........il faut le visser ! Notre fœtus va donc se visser plus ou moins gentiment et amplifier sa torsion physiologique originelle d’avant en arrière pour s’inscrire dans le moule pelvien. Dans une configuration où le fœtus ne peut s’extraire par simple vissage - disposition eutocyque par excellence -, le praticien doit accentuer la torsion pour réduire le diamètre du fœtus en jouant notamment sur les plis de peau qui se sont (évidemment) créés au moment de la................dis-torsion/dystocie : il va en quelque sorte adapter le filetage du fœtus au pas de vis du pelvis.........en mécanique on utilise un petit outil appelé filière pour modifier un pas de vis.

Ici la sémantique rejoint avec bonheur la mécanique et nous révèle la double acception des termes anatomiques «filière pelvienne» et « pelvis ». Nos bons vieux diamètres pelviens ( horizontal, vertical et oblique) positionnés dans un bassin plus ou moins incliné de la parturiente définissent le « pas d’écrou » et donc son aptitude à l’accouchement. Le nouveau né ainsi expulsé-vrillé gardera dans sa « mémoire organique » l’impulsion initiale qui lui est imprimée par les contractions hélicoïdales de l’utérus et le passage dans la filière pelvienne. Il entame ainsi son existence d’individu distinct de sa mère par une véritable mise au pas physiologique !


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