L’Ostéo4pattes

A17/18/19 - A la recherche des dermalgies perdues

Créé le : samedi 15 mars 2008 par Bernard Rosa

Dernière modificaton le : jeudi 30 novembre 2017

La vie, telle que nous la connaissons et telle que les scientifiques la définissent, combine des réactions chimiques et des interactions physiques. Comme une flamme capable de brûler de nombreux combustibles, elle s’est propagée à une multitude de biotopes.

Les vertébrés, qui en occupent certains, ont une colonne vertébrale dont les trous de conjugaison permettent à leur système nerveux central de communiquer avec le reste de leur corps, et inversement. (1)

 La notion de métamère

Creusés par les neurones qui contractent les muscles, ces trous de conjugaison sont empruntés par des axones sensitifs qui pistent ces motoneurones pour coloniser, voire pour engendrer, les organes qui leurs sont dévolus.(2-14)

Or, chaque axone sensitif construit son premier réflexe avec le motoneurone qu’il vient de longer.(9-14)
Puis certains établissent un deuxième réflexe avec les neurones associatifs de la colonne de Terni de la moelle épinière qui contrôlent le débit de l’artère qui nourrit son organe.13-28 Quelques axones sensitifs en créent d’autres avec les noyaux de la base du cerveau, le cervelet, le cerveau, etc.28-33 Ils expliquent ainsi les connotations psychiques, voire psychologiques de certains de nos gestes, de nos attitudes, voire de nos dysfonctions et réciproquement, etc.

Ainsi informé, le système nerveux gère mieux les contraintes subies par nos muscles, nos tendons, notre peau, nos viscères, nos articulations, nos artères, etc. Tous les organes dont les axones sensitifs empruntent un même trou de conjugaison partagent des réflexes communs et, ainsi, ils s’intègrent dans un ensemble fonctionnel appelé métamère.34

 Dépistage d’une dysfonction métamérique.

Au-delà d’un certain seuil, la perturbation d’un des organes du métamère (muscle, viscère, peau, articulation...) se répercute sur tout ou partie de son métamère, et réciproquement.34-42

Ces corrélations sont immuables au sein d’une même espèce animale et même, souvent, entre espèces voisines. Elles expliquent les similitudes entre la neurologie, l’ostéopathie, les chakras, l’acupuncture, l’auriculothérapie, les réflexothérapies, voire l’homéopathie, etc.34-42

De récentes découvertes embryologiques démontrent que la chronologie de l’émergence des motoneurones médullaires trace les interactions métamériques entre toutes ces cartographies.34 Elles prédisent les liens entre un muscle, ses tendons, une zone de peau, voire un viscère dont elles permettent de suivre l’évolution morbide.34

Ainsi l’ostéopathie recherche les cordons myalgiques que révèle le pétrissage de ces muscles sous la forme d’un empâtement algique et congestif. Il est corrélé à un œdème local douloureux de ses tendons.34-35

Le palpé-roulé recherche une dermalgie qui se manifeste par un épaississement induré et douloureux du derme métamériquement corrélé avec son cordon myalgique. Au niveau épidermique, se perçoit ainsi une épidermalgie, plus inconstante, plus petite, plus difficile à trouver, centrée sur sa dermalgie et corrélée avec elle.34, 40 Hélas, chez les animaux au derme trop fin, les dermalgies et leur épidermalgie ne s’épaississent pas.

La dysfonction de chacun de ces points modifie leur composition en électrolyte, et se traduit par une plus grande conductivité électrique.38, 39 La plupart de ces points correspondent à des points d’acupuncture.34-42

Tout point d’acupuncture répond à au moins un de ces points, voire à plusieurs quand plusieurs de ces structures se trouvent "par hasard" empilées les unes sur les autres.34-42

Quelques thérapeutes vérifient quotidiennement les correspondances de ces points avec ceux de l’auriculothérapie, des réflexothérapies, etc.34-42

Les autres organes, comme ceux du tube digestif et de l’homéostasie, étant protégés par la peau et les muscles, voire par les os, s’avèrent plus difficiles à examiner. En orientant les diagnostics, les dermalgies guident leur palpation, sauf pour les cancers qui affectent leur métamère trop tardivement ; l’étude de ces points y reste donc de peu d’utilité.

  Les dermalgies postérieures

Débutons par elles puisque les axones de leurs myotomes creusent les trous de conjugaison en émergeant les premiers de la moelle épinière.9-17 Tous les muscles paravertébraux dont les innervations motrices et sensitives empruntent le même trou de conjugaison, constituent le myotome postérieur de ce trou.9-17

Leurs tendons s’insèrent de part et d’autre de l’espace intervertébral de leur métamère.9-17 Comme les autres, leurs fibres musculaires partagent leur artère avec leurs tendons, avec leurs insertions, voire avec le derme qui recouvre quand elles reçoivent leur pédicule vasculaire.9-34 Cette artère apporte tous les contingents sensitifs, même vasculaires, de tous ces organes et de l’épidermatome corrélé à ce myotome postérieur.9-34

Initialement, chaque épidermatome couvre donc le centre de son dermatome qui, lui-même, recouvre et protège les muscles et les tendons de son myotome. Plus tard, lors des plicatures de l’embryon, chaque dermatome et son épidermatome se décalent d’autant plus dessous leur myotome que leur métamère est plus caudal. Ils continuent, toutefois à partager avec lui leurs réflexes communs, y compris ceux vasculaires. Le dermatome postérieur et son épidermatome corrélés à un myotome postérieur se situent en regard de la colonne vertébrale, sur la bande cutanée dont l’innervation sensitive emprunte l’espace intervertébral de leur métamère.9-34

L’atteinte simultanée de tous ces organes constitue une Dysfonction Métamérique Postérieure. Cette DMP se combine souvent à un "blocage" intervertébral et à des problèmes d’origine mécanique, musculaire ou tendineux.34 Elle est favorisée, entretenue, voire provoquée, par une dermalgie postérieure et/ou son épidermalgie postérieure.34-42

Elle réagit bien aux manipulations et à la rééducation, et mieux encore si son dermatome et son épidermatome sont traités au préalable, surtout si ce massage est poursuivi quelques jours après.34-41 L’efficacité du traitement se traduit par la disparition en quelques secondes de la dermalgie et de son cordon myalgique.34-41

Il n’existe pas encore de viscère à ce stade de développement du métamère, la dermalgie postérieure est donc dépourvue de signification viscérale.2-41 Sa récidive impose la recherche d’un facteur étiologique ou aggravant se traduisant par d’autres dysfonctions, qu’elles proviennent de son métamère ou d’autres (Cf. infra).

  Les dermalgies méliques

Dans les métamères cervicaux et lombaires les axones moteurs des myotomes méliques émergent après les postérieurs pour engendrer leurs faisceaux musculaires.9-14 Ils partagent leurs artères avec leurs sclérotomes méliques et avec leurs dermatomes méliques.9-34 Ces derniers fournissent les axones sensitifs de leur épidermatome mélique. L’atteinte simultanée de tous ces organes constitue une Dysfonction Métamérique Mélique.34

Cette DMM, souvent consécutive à une dysfonction articulaire du membre, s’imbrique volontiers avec des problèmes musculaires ou tendineux d’origine mécanique.34-35 Elle est favorisée, entretenue, voire provoquée, par une dermalgie mélique et/ou son épidermalgie mélique.34-41 Elle réagit bien alors aux manipulations et à la rééducation, et mieux encore si son dermatome et son épidermatome sont traités au préalable, surtout si ce massage est poursuivi quelques jours après.34-35

L’efficacité du traitement se traduit par la disparition en quelques secondes de la DMM.34-35
A la page 325 de son livre sur l’embryologie humaine, W.J. Larsen récapitule les muscles de tous les myotomes méliques.13 Leurs axones moteurs n’empruntent pas toujours le même espace intervertébral.9-14 Or ils sont suivis par les axones sensitifs qui intègrent donc les muscles méliques à des métamères différents selon les individus.9-34 Leurs dermatomes méliques et leurs épidermatomes méliques respectifs correspondent aux points de Travell et Simons de ces fibres musculaires méliques.34-41

Ils semblent parfois s’incruster dans les autres dermatomes de leur métamère, voire d’autres métamères et leur localisation varie selon les individus.9-34

Car leurs fibres musculaires migrent avant l’instant et le lieu où elles reçoivent leur vascularisation.9-34 Elles tracent la cartographie de leurs dermatomes et leurs épidermatomes respectifs, puis les autres dermatomes remplissent les espaces dermiques et épidermiques laissés libres par les nerfs méliques.9-34

Comme pour la DMP et pour les mêmes raisons, la DMM est donc totalement dépourvue d’atteinte viscérale.2-34

Les myotomes méliques et postérieurs d’un même métamère reçoivent leurs vascularisations respectives en même temps.9-34 Ils partagent donc en général les mêmes Noyaux Associatifs et Moteurs Orthosympathiques Médullaires Thoraciques ou NASMOMT.9-34 DMP et DMM sont donc souvent associées au sein de ce que le Pr Robert Maigne a défini comme le Dérangement Intervertébral Mineur ou DIM. Elles doivent être traitées l’une après l’autre.

 Les dermalgies antérieures

Dans chaque métamère, chaque myotome antérieur, son sclérotome antérieur, son dermatome antérieur, son épidermatome antérieur et son viscèrotome antérieur sont les derniers organes de leur lignée à recevoir leurs contingents sensitifs et vasculaires respectifs.2-34 Logiquement, ils partagent le même NASMOMT et, au-delà d’un certain seuil, l’atteinte d’un seul de ces organes retentit sur les autres.34-42

A de nombreux égards, les myotomes thoraciques sont les plus intéressants, leurs fibres musculaires s’insèrent de part et d’autre de l’extrémité antérieure de l’espace intercostal qui prolonge l’espace intervertébral de leur métamère. Dans sa thèse le docteur Henri Jarricot a parfaitement cartographié les organes digestifs, génitaux et urinaires de ces viscèrotomes antérieurs humains qui tous dérivent du tube digestif primitif.40 Ses découvertes doivent aisément se transposer aux autres mammifères.40

L’atteinte simultanée de tous ces organes constitue une Dysfonction Métamérique Antérieure. Cette DMA, est souvent consécutive à une dysfonction, voire à une lésion, d’un ou de plusieurs organes de son viscèrotome antérieur.34-41

Elle est favorisée, entretenue, voire provoquée, par une dermalgie antérieure et/ou son épidermalgie antérieure.34-41 Elle réagit peu et/ou fugitivement aux manipulations vertébrales et à la rééducation, même en traitant son dermatome et son épidermatome.34-41

Lors des DMA, la potentialité d’atteintes viscérales organiques impose une démarche diagnostique et des traitements "classiques". Ils seront avantageusement complétés par des mobilisations viscérales qui, répétées, peuvent d’ailleurs suffire en cas de dysfonctions où elle améliore 80% de la dermalgie antérieure en quelques secondes. Leur efficacité se traduit par la disparition en quelques jours de la DMA.

Ces mobilisations viscérales sont volontiers potentialisées par des manipulations costales et/ou les massages répétés des dermalgies et des épidermalgies de la DMA, voire par la stimulation de points qui lui sont corrélés dans les cartographies d’autres systèmes de réflexologie.34-41

 La notion de facteur limitant

Si des ressources leur manquent, les êtres vivants s’adaptent parfois, bien que des carences affectent leur croissance, quand elles ne les tuent pas. Or, les trois ou quatre centaines d’espèces cellulaires qui nous habitent n’ont pas les mêmes besoins, ni les mêmes possibles.

Pareils à une voiture, elles tombent en panne faute de carburant ou car le manque d’huile a fait griller leur moteur. Une carence peut cependant en dissimuler une autre. Ainsi une voiture, en panne d’essence, redémarre quand de l’essence est ajoutée dans son réservoir.

Par contre, si elle manque aussi d’huile et que vous la faites rouler, son moteur a des chances de griller un peu plus loin. De même, en comblant le déficit d’un organisme vivant, vous augmentez son activité et vous révélez parfois un autre de ses facteurs limitant. Il n’était que masqué par les perturbations consécutives à celui que vous venez de traiter. Or, depuis très longtemps, les oligoéléments ont montré leur efficacité sur les plantes et dans l’élevage.42-44

Toutefois comment savoir quel oligoélément donner, à qui et combien de temps ?

 A la recherche des dermalgies perdues

En traçant la cartographie de TOUTES les dermalgies précédentes, un vide apparaît sur les dermatomes latéraux et obliques. Leurs dermalgies sont parfois corrélées à des dysfonctions métamériques latérales et obliques bilatérales complètes qui ne disparaissaient jamais quelques fussent les soins que je leur prodiguais.34-42

Leurs tableaux cliniques respectifs s’associaient à une DMA mineure, avec peu ou pas de retentissements biologiques. Ces DMA récidivaient systématiquement malgré des traitements "classiques" adaptés, même combinés à de l’ostéopathie, et leurs DML et leurs DMO persistaient quoi que je fasse. Je me suis donc demandé si plutôt que d’avoir plusieurs problèmes, je n’avais pas plutôt une seule solution.

Les carences en cations induiraient les DML bilatérales et/ou les DML bilatérales induiraient ces carences. Les carences en anions induiraient les DMO bilatérales et/ou les DMO bilatérales induiraient ces carences, qui équivalent aux notions de terrain des homéopathes.

Cette hypothèse était cohérente avec mes lectures sur l’embryologie, puisque le myotome latéral de chaque métamère apparaît juste avant son myotome antérieur et après son myotome oblique.9-14

Ce myotome latéral est automatiquement corrélé avec son sclérotome latéral, son dermatome latéral et son épidermatome latéral situés entre leurs homologues antérieurs et obliques de leur métamère.34-42

Quand au myotome oblique de chaque métamère, il apparaît juste avant son myotome latéral et un peu après son myotome postérieur.9-14 Ce myotome oblique est automatiquement corrélé avec son sclérotome oblique, dermatome oblique et son épidermatome oblique situés entre leurs homologues latéraux et postérieurs de leur métamère.34-42

En outre, les organes dédiés à l’homéostasie ne sont pas référencés dans la cartographie de H. Jarricot, et ils sont innervés et vascularisés juste avant les viscères du viscèrotome antérieur qui, tous, dérivent du tube digestif primitif.2-9, 34-42 Ce viscérotome latéral se dédie à la gestion des cations voire de vitamines ou d’acides aminés.

Avec B. Houssin et d’autres confrères nous avons d’ailleurs démontré, sur une cohorte de patients, que les dermalgies latérales T7 droite ET gauche disparaissaient avec un apport d’un sel de zinc.42

 Les dermalgies trouvées et non encore prouvées

En pratique quotidienne certaines dermalgies latérales sont spécifiques d’un oligoélément, d’autres relèvent de plusieurs nutriments.34

Systématiquement l’oligoélément ou la molécule qui traitent la paire de dermalgies latérales sont des facteurs limitant du métabolisme du viscèrotome antérieur de ce métamère.34

Ainsi le sélénium est indispensable pour la thyroïde, sa carence favorise le vieillissement et de petites rides, et elle induit une DML C3 bilatérale. Elle disparaît en quelques semaines sous antioxydants tout comme l’aspect "fripé" de la peau.

Le calcium et la vitamine D sont indispensables aux parathyroïdes et leurs carences provoquent des douleurs qui débutent aux insertions osseuses les plus puissantes avant de se généraliser. Elles se traduisent par une DML C4 bilatérale qui disparaît en quelques jours après suppléméntation, toutefois le risque de fracture est plus long à diminuer.

Les dermalgies de carences en manganèse et en lithium, toujours bilatérales récidivent souvent au printemps et en automne. Etant déportées par l’émergence des membres, elles ne semblent pas latérales. Elles sont régulièrement associées entre elles et avec des dépressions, et/ou d’hyperactivité, et/ou de troubles du sommeil, et/ou de contractures du ¼ distal du milieu des muscles en pênes. Elles prédominent au ¼ inférieur du milieu des deux soléaires.

Le déficit en magnésium donne une DML C7 bilatérale avec sa dermalgie sous claviculaire bilatérale et un point de contracture au milieu du triceps sural. Il est favorisé par le déficit en vitamine D et par le stress (effet psychosomatique) ; il provoque un spasme du diaphragme source d’angoisse et de stress (effet somatopsychique), et une appréhension.
La DML T6 bilatérale semble associée avec une hyperacidité et, assez curieusement, elle disparaît avec un traitement en ostéopathie crânienne !!!

Le diabète insulinodépendant est régulièrement associé une DML T8 bilatérale et une DMA T8 gauche due au pancréas endocrine. Ces signes s’améliorent avec un apport de chrome.

Des DML T8 bilatérales vont parfois avec un tableau complexe qui ne s’améliore qu’avec un apport en cystéine B6 !!!

Les dermalgies de la carence en Cu Au Ag s’associent une difficulté à différencier le moi du non moi, une agressivité et/ou couardise et/ou des attitudes enjôleuse, etc. Elles s’accompagnent d’une inflammation du colon droit, d’un dysmicrobisme intestinal, d’une grande sensibilité aux infections… Elles se traduisent par une DML D12 bilatérale et par des douleurs du colon droit bien améliorées par la restauration de la flore intestinale.

Sans l’avoir encore prouvé, chez les humains nous avons constaté que les dermalgies obliques disparaissaient avec l’apport de l’anion diacritique de leur viscèrotome antérieur. Ainsi celles C3 bilatérales de la thyroïde répondent à un apport d’iode. Celles C4 bilatérales des parathyroïdes disparaissent avec du silicium. Les dermalgies obliques T6 bilatérales des poumons s’amendent avec les carbonates. Celles T7 de l’estomac vont avec les chlorures. Celles T11 bilatérales des reins sont supprimées par des phosphates. Celles T12 bilatérales de l’arbre urinaire nécessitent des nitrates, etc. Elles correspondent à ce que des homéopathes appellent les terrains.

Il existe d’autres dermalgies latérales et obliques bilatérales dont nous ignorons le sens, et il nous semble évident que certaines dermalgies latérales possèdent plusieurs significations.

 Le tableau clinique de la carence en zinc

Il constitue le premier tableau clinique que je rencontrai le plus souvent. Il associait systématiquement une DMA T7 gauche, et à une DML T7 bilatérale. Je savais déjà que les DMA T7 gauches résultaient, provoquaient, et/ou entretenaient des dysfonctions du pancréas.
Etant depuis longtemps féru de micronutrition, je n’ignorais pas que le pancréas était l’organe diacritique du métabolisme de zinc chez l’homme, le porc, le chien, le cheval, etc.

Car, chez l’homme, 1/3 de la masse d’enzymes digestives excrétées par le pancréas est zinco-dépendante : le zinc étant leur cofacteur, son absence réduit, voire annihile leur efficacité.42-45

Quand ces enzymes dysfonctionnent, elles libèrent peu et trop tardivement le zinc contenu dans les aliments.42-45 Il ne peut donc plus être assimilé par l’iléon, extrême limite de ses sites de fixation.42-44 La carence en zinc qui s’installe amène le pancréas à solliciter trop de sang de son NASMOMT et, au-delà d’un certain seuil, cette dysfonction diffuse à d’autres organes de son métamère.42

Surtout qu’a cause de la mauvaise assimilation des apports alimentaires, le pancréas n’a toujours pas assez de zinc pour synthétiser des enzymes efficaces.43 Seul un apport de zinc directement assimilable inverse cette spirale infernale, car le zinc contenu dans l’alimentation devient, dès lors, inaccessible.43

Avec les travaux de Luzzi, j’ai depuis découvert qu’une partie de la population humaine était dotée de gènes qui codaient des protéines déficientes impliquées dans l’assimilation du zinc.43

Toutefois, les patients humains ou animaux ne viennent jamais se plaindre de dermalgies latérales ou obliques. Les aficionados de la nutrition et du terrain peuvent rechercher ces carences chez tous et les traiter, au principe qu’un organisme bien nourrit se défend mieux. Ils ne doivent cependant pas négliger l’importance des manipulations costales, des mobilisations viscérales et des points de réflexologie pour compléter leurs traitements. Ils ne peuvent pas non plus oublier toutes les conséquences de ces DML et de ces DMO.

D’autres préfèreront aborder ces problèmes par les symptômes exprimés par le corps du patient. Par les dysfonctions métamériques ils remonteront aux carences qu’il leur faudra traiter sans, toutefois négliger les autres aspects du tableau clinique.

Ainsi, chez l’humain, la carence en zinc induit une contracture du psoas G et du pilier gauche du diaphragme responsable d’une contracture du trapèze gauche.34 Ces signes et leurs conséquences imposent donc une recherche d’une DMA T7 G associée à une DML T7 bilatérale.34 Après avoir éliminer une cause plus grave, cette association pose le diagnostic d’une carence en zinc et impose un traitement de tous les signes cliniques ET un apport en zinc.34

Il ne dispense des manipulations ni de D7 ni de K7 gauche. La guérison confirme le diagnostic et, sauf erreur alimentaire, la récidive présage d’une déficience génétique dans l’assimilation du zinc.34

 Des dysfonctions métamériques aux sentiments et aux émotions

La genèse des muscles impose la somatotopie des neurones sensitifs musculaires, tendineux, vasculaires, dermiques, épidermiques, et viscéraux.2-34 Certains de ces axones sensitifs, de leurs collatérales et de leurs interneurones gagnent les cordons blancs médullaires ascendants à qui ils imposent leur somatotopie.28-34

Puis, par leurs réflexes, ils imposent aussi cette somatotopie aux noyaux gris de la base du cerveau avec lesquels ils se lient.28-34
Les réflexes de ces noyaux gris adoptant leur somatotopie, les fibres associatives motrices qui en émergent gagnent les cordons blancs médullaires moteurs à qui ils l’imposent.28-34

Grâce à cette somatotopie ils retrouvent les motoneurones qui ont initié tout ce processus.28-34
Puis en se projetant sur le cortex, les noyaux de la base du cerveau confèrent leur somatotopie aux aires corticales et cérébelleuses associatives de la sensibilité.28-34 Celles-ci l’imposent aux aires corticales et cérébelleuses associatives de la motricité qui bouclent leurs réflexes en se liant aux noyaux de la base.28-34

Par leurs liens avec notre mémoire, à nos expériences, et à nos émotions, conscientes et inconscientes, ils donnent un sens à nos gestuelles et à nos sensations en recrutant les neurones qui bordent ces aires corticales. Or, la circonvolution du corps calleux intègre les émotions et la régulation des viscérotomes.

Chaque dysfonction métamérique s’accompagne donc de son cortège de dysfonctions psychologiques et émotionnelles qui rappelle le rôle de ses organes dans l’organisme. L’inconscient collectif a d’ailleurs "inventé" des mots ou des expressions spécifiques à ces dysfonctions unanimement reconnues. Ainsi, chez l’homme, l’appréhension se traduit par une dysfonction de la préhension et sa DMP C7 et/ou C8, et réciproquement. De même ses pouces de ses pieds lui servant à l’équilibre et à changer de direction, leur dysfonction va souvent avec une peur du vide et de l’avenir. Reste à vérifier cela chez les autres espèces.

  Conclusion

Il existe certes des zones d’ombres dans ces découvertes, et bien des domaines que chacun pourra découvrir à sa guise. J’éprouverai d’ailleurs un grand bonheur à lire les travaux de tous ceux qui ne manqueront pas de s’engager dans ce monde si vaste et nouveau que nul ne peut prétendre à l’explorer seul. N’appartenant à personne, il devient de la responsabilité de tous.

 Bibliographie

-1 Ginet R, Roux A-L. Les plans d’organisation du regne animal, manuel de zoologie. Edition Doin 1989, 172-241.
- 2 Sanchez MP, Silos-Santiago I, Frisen J, He B, Lira SA, Barbacid M. Renal agenesis and the absence of enteric neurons in mice lacking GDNF. Nature. 1996 Jul 4 ;382(6586):70-3.
- 3 Roberts DJ, Smith DM, Goff DJ, Tabin CJ. Epithelial-mesenchymal signaling during the regionalization of the chick gut. Development. 1998 Aug ;125(15):2791-801.
- 4 Jacquemin P, Yoshitomi H, Kashima Y, Rousseau GG, Lemaigre FP, Zaret KS. An endothelial-mesenchymal relay pathway regulates early phases of pancreas development. Dev Biol. 2005 Dec 28.
- 5 Kedinger M, Simon-Assmann P, Bouziges F, Arnold C, Alexandre E, Haffen K. Smooth muscle actin expression during rat gut development and induction in fetal skin fibroblastic cells associated with intestinal embryonic epithelium. Differentiation. 1990 Apr ;43(2):87-97.
- 6 Lammert E, Cleaver O, Melton D. Role of endothelial cells in early pancreas and liver development. Mech Dev. 2003 Jan ;120(1):59-64.
- 7 Kuure S, Sainio K, Vuolteenaho R, Ilves M, Wartiovaara K, Immonen T, Kvist J, Vainio S, Sariola H. Crosstalk between Jagged1 and GDNF/Ret/GFRalpha1 signalling regulates ureteric budding and branching. Mech Dev. 2005 Jun ;122(6):765-80.
- 8 Dauger S, Pattyn A, Lofaso F, Gaultier C, Goridis C, Gallego J, Brunet JF. Phox2b controls the development of peripheral chemoreceptors and afferent visceral pathways. Development. 2003 Dec ;130(26):6635-42.
- 9 Tosney KW, Hotary KB, Lance-Jones C. Specifying the target identity of motoneurons. Bioessays 1995 ; (17) : 379-82.
- 10 Tsuschida T, Ensini M, Morton SB, Baldassare M, Edlund T, Jessell M, Pfaff SL. Topographic organization of embryonic motor neurons defined by expression of LIM Homeobox genes. Cell 1994 ; (79) : 957-70.
- 11 Chauvet S, Dessaud E, De Lapeyriere O. Specification des neurones moteurs spinaux des vertebres superieurs une conversation a deux. Medecine et science 2004 ; (20) : 135-58.
- 12 Lin JH, Saito T, Anderson DJ, Lance-Jones C, Jessell TM, Arber K, Arber S. Functionally Related Motor Neuron Pool and Muscle Sensory Afferent Subtypes Defined by Coordinate ETS Gene Expression. Cell, 30 October 1998 ; (95) : 393-407.
- 13 Larsen WJ. Embryologie humaine. Edition De Boeck Université 2003:113-23.
- 14 Gilbert SF. Developmental biology, 7emeed. Edition Sinauer Associates Inc, 2003 : 427-91.
- 15 Fox MA, Umemori H. Seeking long-term relationship : axon and target communicate to organize synaptic differentiation. J. Neurochem. 2006 Jun ; 97(5):1215-31.
- 16 Vermeren MM, Cook GM, Johnson AR, Keynes RJ, Tannahill D. Spinal nerve segmentation in the chick embryo : analysis of distinct axon-repulsive system. Dev Biol, 2000 Sep 1 ; 225(1):241-52.
- 17 Chen HH, Hippenmeyer S, Arber S, Frank E. Development of the monosynaptic stretch reflex circuit. Curr Opin Neurobiol. 2003 Feb ;13(1):96-102.
- 18 Ma Q, Fode C, Guillemot F, Anderson DJ. NEUROGENIN1 and NEUROGENIN2 control two distinct waves of neurogenesis in developing dorsal root ganglia. Genes & Development 13, 1999:1717-28.
- 19 Ota M, Ito K. BMP and FGF-2 Regulate Neurogenin-2 Expression and the Differentiation of Sensory Neurons and Glia. Devlopmental Dynamics 2006 235 : 646-55.
- 20 George L, Chaverra M, Todd V, Lansford R, Lefcort. Nociceptive sensory neurons derive from contralaterally migrating, fate-restricted neural crest cells. Nat Neurosci. 2007 Oct ;10(10):1287-93.
- 21 Forehand CJ, Ezerman EB, Rubin E, Glover JC. Segmental Patterning of Rat and Chicken Sympathetic Preganglionic Neurons : Correlation between Soma Position and Axon Projection Pathway. The Journal of Neuroscience, January 1994, 74(l) : 231-241.
- 22 Yip JW, Yip YPL, Capriotti C. Segmental Specificity of Chick Sympathetic Preganglionic Projections Is Influenced by Preganglionic Neurons from Neighboring Spinal Cord Segments. The Journal of Neuroscience, December 15, 1998,18(24):10473-80.
- 23 Young HM, Ciampoli D, Hsuan J, Canty AJ. Expression of Ret-, p75(NTR)-, Phox2a-, Phox2b-, and tyrosine hydroxylase-immunoreactivity by undifferentiated neural crest-derived cells and different classes of enteric neurons in the embryonic mouse gut. Dev Dyn. 1999 Oct ;216(2):137-52.
- 24 Delalande JM, Barlow AJ, Thomas AJ, Wallace AS, Thapar N, Erickson CA, Burns AJ. The receptor tyrosine kinase RET regulates hindgut colonization by sacral neural crest cells. Dev Biol. 2008 Jan 1 ;313(1):279-92.
- 25 Natarajan D, Marcos-Gutierrez C, Pachnis V, de Graaff E. Requirement of signalling by receptor tyrosine kinase RET for the directed migration of enteric nervous system progenitor cells during mammalian embryogenesis. Development. 2002 Nov ;129(22):5151-60.
- 26 Oberle S, Schober A, Meyer V, Holtmann B, Henderson C, Sendtner M, Unsicker K. Loss of leukemia inhibitory factor receptor beta or cardiotrophin-1 causes similar deficits in preganglionic sympathetic neurons and adrenal medulla. J Neurosci. 2006 Feb 8 ;26(6):1823-32.
- 27 Funakoshi K, Nakano M, Atobe Y, Kadota T, Goris RC. Prenatal development of transient receptor potential vanilloid 1-expressing primary sensory projections to sacral autonomic preganglionic neurons. Neurosci Lett. 2006 Oct 30 ;407(3):230-3.
- 28 Mukouyama YS, Shin D, Britsch S, Taniguchi M, Anderson DJ. Sensory nerves determine the pattern of arterial differentiation and blood vessel branching in the skin. Cell. 2002 Jun 14 ;109(6):693-705.
- 27 Nakagawa Y, O’Leary DD. Combinatorial expression patterns of LIM-homeodomain and other regulatory genes parcellate developing thalamus. J Neurosci. 2001 Apr 15 ;21(8):2711-25.
- 28 Lakhina V, Falnikar A, Bhatnagar L, Tole S. Early thalamocortical tract guidance and topographic sorting of thalamic projections requires LIM-homeodomain gene Lhx2.Dev Biol. 2007 Jun 15 ;306(2):703-13.
- 29 Pratt T, Quinn JC, Simpson TI, West JD, Mason JO, Price DJ. Disruption of early events in thalamocortical tract formation in mice lacking the transcription factors Pax6 or Foxg1. J Neurosci. 2002 Oct 1 ;22(19):8523-31.
- 30 Hevner RF, Miyashita-Lin E, Rubenstein JL. Cortical and thalamic axon pathfinding defects in Tbr1, Gbx2, and Pax6 mutant mice : evidence that cortical and thalamic axons interact and guide each other. J Comp Neurol. 2002 May 20 ;447(1):8-17.
- 31 Nural HF, Mastick GS. Pax6 guides a relay of pioneer longitudinal axons in the embryonic mouse forebrain. J Comp Neurol. 2004 Nov 22 ;479(4):399-409.
- 32 Jones EG, Rubenstein JL. Expression of regulatory genes during differentiation of thalamic nuclei in mouse and monkey. J Comp Neurol. 2004 Sep 6 ;477(1):55-80.
- 33 Kultas-Ilinsky K, Fallet C, Verney C. Development of the human motor-related thalamic nuclei during the first half of gestation, with special emphasis on GABAergic circuits. J Comp Neurol. 2004 Aug 23 ;476(3):267-89.
- 34 Rosa B. Hypothèse embryologique sur les points dits de Travell et Simons et autres dermalgies. Rev Med Manuelle-Osteopathique 2007 Oct 22:28-32.
- 35 Maigne R. Diagnostic et traitement des douleurs communes d’origine rachidienne. Une nouvelle approche. Editions Expan. Scient. Française, 1989.
- 36 Still AT. Autobiographie, Editions Sully Vannes, 1998.
- 37 Bourdiol R. La réflexologie somatique. Editions Maisonneuve Paris 1983.
- 38 Bossy J. Les micro systèmes de l’acupuncture. Editions Masson, Paris 1984.
- 39 Lutz E. Points Moteurs, Points de Tension, Trigger Points, Points d’Acupuncture : Relations, Intérêts en diagnostic et thérapeutique chez le Cheval. Thèse 132, 2004, l’école vétérinaire de Lyon.
- 40 Jarricot H. Sur certains états douloureux, Visceralgies, dermalgies-reflexes, cellulies et quelques phenomenes reflexes d’origine dermique, essai clinique et therapeutique [travail de la clinique medicale du professeur J Paviot]. These de medecine de Lyon 1932-33 N°27.
- 41 Travell G, Simons DG. Douleurs et troubles fonctionnels myofasciaux. T1 et 2. Editions Haug 1993, Bruxelles.
- 42 Houssin B, Tournesac P, Jacq C, Thoumie P, Rosa B, Perrigot P. Effets sur les dermalgies T7 d’une supplémentation en zinc.
Rev Med Manuelle-Osteopathique 2007 Mai 21:7-9.
- 43 Liuzzi JP, Bobo JA, Lichten LA, Samuelson DA, Cousins RJ. Responsive transporter genes within the murine intestinal-pancreatic axis form a basis of zinc homeostasis. Proc Natl Acad Sci U S A. 2004 Oct 5 ;101(40):14355-60.
- 44 Valeurs de référence pour les apports nutritionnels. 1ère édition. Umschau Braus GmbH, 195,199 .
- 45 Gabrielson KL, Remillard RL, Huso DL. Zinc toxicity with pancreatic acinar necrosis in piglets receiving total parenteral nutrition. Vet Pathol. 1996 Nov ;33(6):692-6.
- 46 Carlson BM, Pattern’s Foundations of Embryology. Editions McGraw-Hill, 1981, New York.

Chez l’homme, à compter de J21, le tissu conjonctif de part et d’autre de la chorde se segmente en somitomères au rythme d’une paire toutes les 90 minutes. Hormis les 7 paires les plus céphaliques, chaque autre somitomère se creuse en somite. Une paire de somite de la région thoracique, transplantée en cervical ou en lombaire, donne un espace intervertébral de type thoracique avec sa paire de côtes, et inversement.13-14



Notez cet article
11 votes






Accueil | Contact | Plan du site | Se connecter | Visiteurs : 2893 / 721745

Suivre la vie du site fr 

Site réalisé avec SPIP 3.1.8 + AHUNTSIC