L’Ostéo4pattes

ψ21 - Le Centre (AR)

Créé le : samedi 5 juillet 2008 par Emmanuel Pommier

Dernière modificaton le : vendredi 1er décembre 2017

On parle en ostéopathie de technique, de famille de pensée : Crânien, viscéral, fascial, structurel, fonctionnel, biodynamie.....cela sans prendre garde à un petit détail :

 Mais qui donc reçoit ces informations ?

Est-on tous égaux et sinon pourquoi devant la mise en place d’une technique spécifique. Les problèmes rencontrés dans notre apprentissage sont-ils seulement d’ordre intellectuel ; une non compréhension ou bien y -a-t-il autre chose ? Pourquoi choisit-on naturellement telle voie de pratique ? Je crois que cela dépend de notre constitution, de notre équilibre général. Nous avons tous un système de fonctionnement qui nous est plus simple. Mais peut-on rester figé lors de la pratique de l’ostéo, imposant une voie de soin à nos patients ou doit-on élargir notre "boite à outils thérapeutique" ? J’ai ma réponse et de même chacun à la sienne.

Si l’on veut élargir sa pratique, il faut effectuer un apprentissage qui va modeler l’esprit et le corps : un mode de pensée et une gestuelle adaptée. Si l’on ne s’occupe que de la forme de pensée, on va longtemps " ramer " pour "imposer " au corps un autre langage. On peut choisir de faire différemment en s’occupant du corps afin d’essayer d’appréhender son unité et ainsi avoir une commande gestuelle beaucoup plus efficace.

Pour cela on va aller à la rencontre de la notion de centre.

Point de départ et d’arrivée de tout.....de la contaction à l’expansion. Référentiel tout autant, car il faut un point d’observation pour analyser ce qui se passe ( à rapprocher de l’élément Terre en médecine chinoise). On voit bien que la notion de centre, même si elle est plûtot étrangère à notre culture, constitue un référentiel inconscient dans les mécanismes de la vie. Pourquoi parler du centre.....afin de rendre conscient ce qui se déroule au mieux à notre insu, au pire ce qui peut constituer une barrière difficilement traduisible à notre évolution tant personnelle que professionnelle. En effet, en ostéopathie vous avez à coup sur été au contact de termes comme attention ou intention. Je ne sais si l’approche de ses termes a été aisée pour vous mais pour moi cela est longtemps demeuré un problème où la seule solution semblait passer par l’expérience.

Mais l’enseignement doit permettre de diminuer la part d’expérience personnelle pour donner accès à une expérience globale.

 Alors comment faire ?

Pour ma part, ce sont les pratiques chinoises qui m’ouvrent peu à peu ce mystère du centre en remettant à sa juste place l’importance du mental par rapport au physique. Certes, une idée claire est nécessaire afin de réaliser harmonieusement quelque chose mais la même clarté doit habiter le véhicule du mouvement qu’est le corps. Or nous nous trouvons devant une forme de contadiction qui est celle de vouloir rétablir une harmonie chez l’autre avec un corps et un esprit soit dit en passant qui portent toutes nos limites : notre passé traumatique ou non, notre structuration.....

Je crois qu’un moment vient ou l’on se trouve face à cette partie essentielle de l’approche ostéo qui est celle de se changer afin de pouvoir au mieux aider les autres. Le choix de cette voie de soin est déjà en elle même un changement de point de vue sur l’autre...

Reste peut être le plus important qui est un changement de point de vue par rapport à soi.

La notion de centre est très riche car elle fonctionne selon un mode symbolique : chacun peut trouver sa propre définition en fonction de ce qu’il étudie. On peut parler de centre de mouvement au niveau articulaire.....une approche des boiteries. On peut parler de centre de gravité afin de définir d’éventuelles lignes de forces. On peut parler de centre d’observation : le thérapeute.

De toutes ces approches on voit que la notion essentielle du centre est celle de référence. En fait la notion de point central polarisé les choses. On peut voir cela dans l’approche taoïste : au départ le Tao puis le Yin-Yang lorsqu’un point de référence est choisi. Mais il en va de même pour le systême ostéoarticulaire : lorsqu’on prend un point central, on défini les muscles agonistes et les muscles antagonistes. Cette notion d’opposition relative mais en réalité de complémentarité des agonistes antagonistes a été une révélation pour moi dans la jonction entre la pensée occidentale et la pensée orientale. En effet, parfois il est plus simple de penser en termes de systêmes antagonistes, plus parlant que le fameux Yin-Yang et pourtant équivalent.

Vous avez bien la notion du centre en ce qui concerne l’autre. On verra les différents niveaux que l’on peut approcher dans la pratique d’une technique ostéopathique.

Mais avant de faire de l’ostéopathie, on doit être ostéopathe.

C’est sur ce dernier point que je voudrais insister. En fait la question est :

 Quel référentiel sommes nous ?

On peut travailler sur cette notion d’équilibre, d’harmonie personnelle en pratiquant des exercices de centrage. A ce sujet, j’ai plutôt tendance à privilégier les techniques incluant le corps que les techniques purement méditatives ( mais en existe-t-il vraiment ) car nous devons dépasser le "développement personnel " puisque nous nous plaçons dans un acte thérapeutique.

Aussi les liens de continuité corps esprit sont pour nous prépondérants.

 Que se passe-t-il lorsqu’on décide un mouvement ?

Le corps se prépare à la réalisation dès la conception. Un mouvement de l’extérieur semble harmonieux lorsqu’il s’effectue sans blocage, dans le même instant. Cette notion d’harmonie est difficile à formuler par des mots. En fait il s’agit d’un ensemble : un idée claire et un réalisation claire. Les blocages de tout ordre rendent un mouvement haché.

Tout cela pour dire qu’un mouvement n’est harmonieux que s’il se réalise dans sa continuité autour d’un même centre.

On doit donc effectuer des manoeuvres issues de notre propre équilibre et non en s’appuyant sur nos patients.

On peut réflechir à cette notion d’équilibre à tous niveaux : le mouvement de correction mais aussi le rapport du praticien et du patient à l’évolution de cette réharmonisation......on s’éloigne un peu mais cela débouche sur la notion de résultat.

Le symptôme est-il un ennemi à combattre ou bien un médiateur de la Vie à écouter et à comprendre dans toutes ses dimensions ?

On doit donc essayer de diminuer le plus possible les interférences entre l’idée et la réalisation de l’acte thérapeutique.

Ici intervient la notion de fulcrum chère à l’ostéopathie : les points d’appui, qu’ils soient physiques ou mentaux.....

Il faut donc connaitre son équilibre afin de l’améliorer ou tout du moins interférer au minimum avec la correction. En effet, dans les premier pas de la perception, on est souvent confronté a cette question : est-ce une perception "pure" ou diluée avec des sensations qui sont miennes ?

En fait il en va de même, sans qu’on en soit souvent conscient" avec la mise en place d’une technique : notre corps ne nous écoute pas toujours complètement...., il fait comme il peut avec ses tensions.

Afin d’obtenir une réponse correcte de notre corps, il faut aborder la notion de détente. L’état de détente peut être obtenu en prenant garde à effectuer toute attitude avec le minimum d’énergie nécessaire.

Je crois que travailler ainsi permet d’une part de respecter le principe de l’homéostasie et plus important peut être de rester vigilant aux changements et non pas seulement focalisé sur le point final du mouvement..

On se rapproche de la notion de l’instant.

Avant d’être capable d’effectuer un acte centré, il faut essayer de se centrer soi même. Tout d’abord, comme dans toute pratique de ce type, il faut faire taire le mental : on ne s’accroche à aucune idée, l’esprit ne doit pas être fixe ni vagabonder, il doit emplir la posture. En fait cela veut dire qu’on doit être uniquement à ce que l’on fait sans perte d’efficacité.

Plus on est à ce que l’on fait, moins l’énergie pour y arriver est importante.

L’éparpillement est fort dispendieux en énergie. Ensuite on va trouver notre centre de gravité afin d’harmoniser les différentes parties du corps autour de lui et ainsi encore réduire la dépense énergétique ( donc musculaire !!!!!) permettant au corps de conserver une position.

La recherche du centre de gravité ( ou Dan tien ou Hara....) peu apparaître rebutante au départ car on part à la rencontre de soi et c’est quelque chose qui est peu commun dans notre société. On se connait mieux intellectuellement que physiquement. Mais c’est une source d’information et donc d’évolution infinie.

En effet avec cette notion de centre,On peut ensuite faire varier à plaisir le diamètre du cercle : l’articulation, l’individu, le groupe, l’environnement......On peut passer dans cette idée du microscosme au macrocosme.

De plus, cela permet d’approcher a des niveaux très nombreux ce principe ostéopathique : les petits mouvements gouvernent les plus grands. Où se situe le niveau du plus petit mouvement ?

Prenons l’exemple d’une boiterie :
- 1- De l’extérieur vers l’intérieur : le membre, l’articulation, un tissu spécifique ( ex : une cicatrice ), le liquide, le MRP, l’énergie dans les méridiens, le mouvement ionique....
- 2- De l’intérieur vers l’extérieur : le membre, le corps, la respiration, le système aurique, l’environnement ( géobiologie ou fenshui.. )

On voit que les axes de travail sont nombreux mais nécessitent tous un point de vue, un centre d’observation.

Travailler son propre centre permet de ne pas " partir" dans les idées ou formulations des autres. En faisant ainsi on renforce sa propre sensibilité en la nourrissant du Tout.

On effectue un mouvement excentrique qui permet une mise en confiance de plus en plus forte de ses sensations par exemple. On privilégie l’inné par rapport à l’acquis : d’abord établir notre équilibre physique. Cela ne peut se faire que par l’expérience et ne peut être appréhendé globalement par l’intellect.

Il faut le faire et non pas seulement le penser.

En appuyant le savoir sur cet inné, on peut digérer les informations et non seulement les ingérer. Cela permet de faire évoluer les choses, d’enrichir et de faire vivre le savoir. Il n’y a que comme cela à mon sens que l’on peut apporter sa pierre à l’édifice et non seulement " profiter" des expériences des autres qui ont débouché sur le savoir que l’on nous donne.



Notez cet article
0 vote






Accueil | Contact | Plan du site | Se connecter | Visiteurs : 69 / 705468

Suivre la vie du site fr 

Site réalisé avec SPIP 3.1.8 + AHUNTSIC