L’Ostéo4pattes

Allégeoir, ouverture buccale et fréquence cardiaque (Rés)

Créé le : mardi 19 septembre 2017 par Ostéo4pattes-Vetosteo

Dernière modificaton le : mardi 19 septembre 2017

Introduction

« Avoir son cheval dans la main » est un idéal lorsqu’à cheval la main de l’homme communique avec sa monture grâce à sa bouche qu’elle soit équipée de mors ou pas. Un ensemble aux apparences simples dont la complexité s’accentue du fait des échanges organisés au fur et à mesure de l’aventure équestre.

Dès que l’activisme imposé par l’homme dérange le cheval, ses serrages de dents deviennent une fatalité, le « cheval sort de la main ». Ainsi, est-il obligé d’être « renvoyé » constamment sur la main. Ces serrages de dents intempestifs sont des coups de semonces pour le cavalier, ils précèdent l’imminence de « mauvaises intentions morales » et de dérives physiques du cheval [1].

Le système allégeoir est conçu pour inhiber les serrages des dents, invalider les pressions et surpressions dento-dentaires.

L’objet de cette communication est de donner des éléments permettant d’expliquer pourquoi les serrages de dents « à vide » sont néfastes pour le cheval et l’équitation, par quels mécanismes l’allégeoir, en supprimant les contacts dento-dentaires invalide les pressions et surpressions dentodentaires, délivre le cheval d’une contrainte à laquelle il ne peut échapper sans lui, l’aide à restaurer sa locomotion.

Contexte

Les chevaux sont ainsi faits que leurs fermetures buccales vont de pair avec leurs occlusions dentaires, c’est-à-dire avec la façon dont les dents s’interpénètrent en fin de fermeture buccale. L’occlusion dentaire permet le verrouillage prémolo-molaire nécessaire au broyage alimentaire. Ce dernier est précédé par l’incision des aliments.

Lorsque le cheval est dans son milieu naturel, l’acte masticatoire débute toujours par la « période incisive », la section de l’herbe.

Une autre remarque est que les chevaux, hors mastication, n’engagent pas spontanément une ouverture buccale sans qu’elle n’eût été précédée d’une fermeture complète, dents aux contacts. L’aboutissement occlusal lié à la fermeture buccale, inévitable, ainsi que le chemin de fermeture, instinctif, sont difficiles à interrompre, voire impossibles à interdire à partir d’un certain seuil de fermeture ; le cheval referme sa bouche, coute que coute, jusqu’au ressenti d’un contact dentaire avant de rouvrir la bouche.

Le chemin de fermeture, rapide, est provoqué par les muscles masticateurs élévateurs de la mandibule. Ils obéissent à l’encadrement des plans dentaires et appuis occlusaux. Les axes autours desquels se font les transferts musculaires sont les deux articulations temporo-mandibulaires (ATM), droite et gauche, pour une seule possibilité occlusale de fermeture finale ; à une orientation occlusale donnée correspond une obligation pour les muscles élévateurs de se plier à l’encadrement morphologique final défini.

Ce qui « saute aux yeux » lorsque nous regardons les orientations des différents plans dentaires, est qu’au niveau incisif, le plan occlusal est à dominante horizontale et au niveau prémolo-molaire à tendance verticale.

Pendant le cycle masticatoire, il existe nécessairement une mécanisation originale permettant aux blocs incisifs d’initier l’incision, sans que l’appui postérieur ne l’en empêche, avant de « caler » le mouvement des prémolo-molaires en fin d’appui postérieur. Dans un contexte normal, celui imposé par la nature, le plan occlusal incisif se façonne au fil du temps en fonction des rapports qu’il existe entre l’incision alimentaire, un guide de départ, et son rôle de « stop » en fin de cycle, une butée protectrice. En cela, il est justifié de parler de « guide incisif » et de « protection incisive » pour décrire la « période incisive » dans l’acte masticatoire.

La période « prémolo-molaire » correspond au broyage alimentaire. Les orientations des différents plans occlusaux forment un ensemble lié non seulement à la complémentarité de leurs propres actions, une histoire nutritionnelle de terrain, mais aussi aux orientations des surfaces articulaires des ATM, une histoire de génétique.

Problèmes

Cette histoire de système, véritable phylogénie, est remise en question chez le cheval mis en écurie. De nos jours, les chevaux de sport sont soumis à des régimes nutritionnels hors nature qui suppriment le préliminaire incisif et la nourriture n’est plus coupée avant d’être mastiquée. Cet état de fait n’est pas sans conséquence sur l’appareil manducateur qui « souffre » de cet enjambement, si anodin au premier abord. La « période incisive » inactivée, ne peut plus délivrer ses repères de guide et de protection à la période « prémolo-molaire ». Pendant que la période incisive s’atrophie, la période prémolo-molaire s’hypertrophie.

La nouvelle orchestration s’interprète sur les différents plans occlusaux incisifs et prémolo-molaires. Celui incisif, subit les orientations prémolo-molaires dont les repères sont dépréciés. Cette conjoncture de terrain ne correspond plus à la conjoncture déterminée génétiquement. Une adaptation de l’appareil manducateur s’active et une occlusion de convenance se façonne à partir de données éloignées de celles qui étaient génétiquement programmées. En s’orientant selon les fantaisies des plans occlusaux prémolo-molaires, à tendance verticale, le plan occlusal incisif se pervertit irréversiblement ; une dysfonction buccale s’organise.

Fantaisies occlusales tangibles d’autant que les 15 heures de mastication, une norme chez le cheval dans les conditions de vie naturelle [2], sont réduites à 4 ou 5 heures chez le cheval mis en écurie. Un paramètre qui ne peut demeurer sans occasionner des restrictions structurelles sur l’appareil manducateur, particulièrement sur des arcades ou les dents sont à pousse et usure continue. De plus, beaucoup de chevaux n’ont pas une concordance intermaxillaire favorable à de bonnes retrouvailles et de petites mandibules accompagnent mal des maxillaires trop épanouies et inversement : mélange des races ?

D’autre part, pour assurer l’unilatéralité de ses cycles masticatoires, le choix du cheval est fortement orienté vers un côté préférentiel. Les puissances musculaires élévatrices de la mandibule et leurs directions, nécessairement différentes à droite et à gauche, le renforce ou/et le justifie. La prévalence d’accroitre une asymétrie occlusale prémolo-molaire, de prévisible devient inévitable.

Une autre observation comportementale montre que les chevaux mangent, dans la nature, la tête basse en marchant au fil des bouchées d’herbe, au pas, dont les temps sont décomposés tant leurs lenteurs est conséquente. Si le fonctionnement dynamique de l’appareil manducateur est programmé pour se dynamiser à l’arrêt ou au pas lent, hors de ces allures et sans présence du bol alimentaire, une dynamique mandibulaire est contre nature donc irrationnelle pendant le trot et le galop. En équitation, la bouche est mobilisée pendant ces allures.

Toutes ces observations accompagnées de leurs problématiques expliquent pourquoi chez le cheval en captivité l’occlusion n’est plus celle qui, génétiquement programmée, se serait articulée idéalement avec son système musculo-tendineux et squelettique, mais celle qui en s’adaptant est devenue opportuniste et de convenance, pourquoi il est constaté autant d’asymétries morphologiques au niveau des arcades et des dents chez un même cheval et ce dans les 3 sens de l’espace :

- Transversalement, les prémolo-molaires supérieures sont souvent dans des excès de recouvrements différents à droite et à gauche, accompagnés d’usures incisives souvent différenciées d’un côté par rapport à l’autre, aggravées par l’âge, des distorsions du plan incisif (photo 1).

- Sagittalement, la mandibule est souvent reculée par rapport au maxillaire ou inversement. Les retentissements incisifs plus ou moins sévères peuvent aller jusqu’à la perte des contacts incisifs.

- Dans le sens de la hauteur, il n’est pas fantaisiste de penser que des aberrations existent compte tenu des temps de mastication minorés sur des dents dont la pousse continue est insuffisamment compensée.

De même au niveau des dents : ....


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