L’Ostéo4pattes - Site de l’Ostéopathie

N°10 - Le coin des bipèdes...

Créé le : jeudi 25 septembre 2008 par Jean François Marchand, Jean Louis Boutin

Dernière modificaton le : lundi 4 décembre 2017

Avec ce numéro 10 de l’Ostéo4pattes, nous inaugurons une collaboration que j’espère longue et fructueuse avec nos collègues qui soignent les gens.

Dans le but d’échanger des informations profitables à tous sur ce qu’est l’ostéopathie... Comparée.

Ainsi chaque trimestre Jean Louis Boutin Webmestre du site de l’ostéopathie et Jean François Marchand, webmestre de Microsteo, nous extraierons de leur site ce qui leur semble important à retenir de ce qui se dit sur l’ostéopathie et en ostéopathie humaine.

 ► Un manque certain d’optimisme, et pour cause !

par Jean Louis Boutin

Le Paysage ostéopathique français (POF) vit des moments plutôt difficiles ces derniers temps et l’optimisme n’est pas en odeur de sainteté ces jours-ci.

1- Les Agréments

La date des agréments est restée fixée au 30 juillet 2008, malgré toutes les assurances des diverses ASP (associations sosio professionnelles) concernant un éventuel décret de prolongation : pas le moindre signe officiel de la part du gouvernement et rien au JO !

De ce fait, nombreux sont ceux qui, n’ayant pas reçu leur autorisation définitive, font les démarches pour saisir les DRASS d’un recours gracieux, on ne sait jamais. De nombreux confrères sont aux prises avec des calculs impossibles d’heures de cours que certaines DRASS leur ont supprimées, alors que d’autres, dans les mêmes conditions, ont accordé le sésame. À ne rien y comprendre ! Et vous voulez qu’on soit optimiste…

2- Les Mutuelles

Les mutuelles cherchent un label de qualité
Certaines mutuelles accepteraient de rembourser 10 consultations d’ostéopathie par an au taux de 50 % pour un montant de 75 € la consultation... (soit 350 euros annuels) et quelques unes font déjà de la publicité à la TV pour ce remboursement.

Toutefois, elles refuseraient de rembourser l’ostéopathie au seul vu de l’autorisation définitive... mais accepteraient un ‘label’ de qualité tel que le DO avec 5000 heures de cours… Certaines mutuelles préféreraient un partenariat direct auprès d’organismes représentatifs qui assureraient un haut niveau de formation et une garantie de qualité des professionnels. Le fait d’avoir comme critère son autorisation définitive et l’inscription à la DDASS serait loin d’être suffisant…

Enfin, certaines ASP se regroupent autour de différents labels existants comme Erasmus, AFNOR, etc. alors que d’autres créent leur propre label : OstéoCert® ou celui de Qualité de Service en Ostéopathie®, (tous deux labels de la Chambre des ostéopathes). Et le ROF aurait décidé de n’accepter comme membres que les confrères à 5000 heures !

Attention quand même : la qualité n’est pas liée au nombre d’heures suivies, car à y réfléchir de près, ne seraient bons que ceux qui ont fait 5000 heures et tous les autres ne vaudraient-ils rien, faute d’un nombre suffisant d’heures ? N’est-ce pas une politique de dénigrement que d’aucuns pourraient poursuivre auprès des tribunaux…

3- Fichier Adeli

Le fichier ADELI est en pleine restructuration dans la mesure où il doit intégrer les normes des professions de santé européennes. Cela ne devrait pas poser de problèmes en ce qui concerne l’ensemble des professions. Sauf que, pour les ostéopathes, comment concilier la formation française à 2260 heures avec la formation anglaise, nettement au-dessus ? Un casse-tête de plus.

4- Des feux sans Fumée...

En ces temps de rentrée scolaire, comment doit-on considérer une certaine apparence de léthargie de l’ostéopathie devant tant de digressions ? En fait, que de feux sans fumée :
- Les ostéopathes DO refusés essaient de faire valoir, tant bien que mal, la justesse de leur formation, acceptée par endroit, refusée par d’autres.
- Le monde médical, même si pour l’instant, cela reste ponctuel, dissipe quelques rudiments d’ostéopathie à leur 2ème année de médecine - un bien pour l’information, un mal pour l’exercice ?

Parallèlement, on observe des tentatives orientées de création d’une ostéopathie médicale qui serait décisionnaire d’une autre ostéopathie, soumise à prescription cette fois.

- La sphère de la rééducation, de son côté, n’est pas en reste, de part ses dirigeants qui tirent à boulets rouges sur l’ostéopathie dite exclusive, avançant son incompétence de fait ou de raison.
- Des formations en ostéopathie : On remarque également que jaillissent, d’ici et delà, des formations en ostéopathie, souvent D.U, en coopération entre une faculté de Médecine et un Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie. On pourrait applaudir de l’élévation de celle-ci à un niveau universitaire, mais ne serait-ce pas le piège de l’enfermement dans un giron médical qui ne supporte pas la non-subordination ? Surtout, si l’on se souvient que, par voie de décret, seuls sont agréés en direct les DIU ou DU reconnus par l’Académie de Médecine, amenant de fait à un acte technique.

Quel kinésithérapeute ostéopathe D.O ou D.U passerait une heure à soigner un patient pour 15€30 alors qu’une solution est de sortir de la prise en charge par la S.S, sur fond d’une coordination certaine avec le médecin traitant ?

- Les ASP d’ostéopathes, de leur côté, s’organisent, tout en se battant avec leurs détracteurs, et non sans difficulté, à la reconnaissance de leur exclusivité qui voudrait les amener à la création d’un corps professionnel. Certains se déchirent, d’autres cherchent des solutions soit par voies d’excellences et d’expertises (Ostéocert, Label,...), soit par création d’un syndicat professionnel.
- Les différents recours en Conseil d’État courent toujours : ce dernier doit donner début octobre sa décision sur le recours en annulation du décret n° 2007-1564 du 2 novembre 2007, relatif aux conditions d’exercice de l’ostéopathie.
- Les professionnels, dans leur individualité, sont soit militants, soit désabusés et se renferment dans leur solitude, soit pire, sont indifférents et surfent sur la vague.
- Quant aux établissements, devant des agréments fragiles, remis en cause dans bientôt 3 ans, soit ils profitent d’une manne d’étudiants argentés (voir endettés !), soit ils essaient d’organiser leur excellence, mais sera-ce un critère suffisant pour perdurer ?
- Et l’État, dans tout cela ? A priori, il a d’autres chats à fouetter, joue sur le libéralisme et surtout maintient fermement sa position de titre et non de profession. Certains en profitent, d’autres paieront l’addition un jour ou l’autre.
- Jean-Louis BOUTIN et le Site de l’Ostéopathie attendent la décision du Tribunal correctionnel de Nanterre pour le 4 novembre, sachant que ce site est peut-être en train de vivre ses dernières heures dans l’indifférence et la morosité générales.

Devant ce diviser pour mieux régner, quelles solutions, même si l’on rêvait à l’union de gens ouverts et respectueux !

 ► Ostéopathie, nuances et complexité.

Par Jean François Marchand

Je vous propose de prendre connaissance d’un article très intéressant de notre confrère Lucas VERGNETTES, paru sur son Blog le 30/07/2003 et soumis sur Microsteo.
http://osteopathedo.net/article/osteopathie-nuances-et-complexite
http://microsteo.over-blog.net/article-19723146.html
Pour saisir le message de l’auteur, il est nécessaire de prendre conscience de la complexité à travers des définitions.

1- Pourquoi des sciences de la complexité ?

- Pour modéliser des phénomènes tel que la vie, les groupes d’individus ou l’environnement qui sont d’une complexité étonnante.
- Pour s’adapter à la complexité des situations et savoir utiliser les leviers du changement ou de la stabilité.
- Pour se constituer de nouveaux outils de pensée pluridisciplinaire, pour relier des connaissances parcellaires et ainsi faire émerger de nouvelles connaissances qui n’auraient jamais pu apparaître autrement dans le champ des sciences.

2- Qu’est ce que c’est ?

Le « complexe » est ce qui est imprévisible . Les interactions nombreuses et simultanées font l’imprévisible. Les sociétés, les êtres vivants, l’environnement sont qualifiés de complexe. Mais imprévisibilité ne veut pas dire qu’il se passe n’importe quoi. A l’image des fractales qui présentent les mêmes motifs à des zooms différents, on peut extraire de la complexité des « motifs », c’est à dire des propriétés que l’on retrouve à tous les niveaux : de la cellule à l’environnement, en passant par les sociétés humaines.

Comme le précise L.Vergnettes : « À cet égard, un aspect intéressant du corps humain est d’être composé de nombreux petits systèmes complexes, capables d’opérer pour assurer leur propre fonction. Cependant, ils s’intègrent parfaitement avec l’ensemble des autres systèmes pour former plusieurs niveaux d’abstraction, jusqu’au corps humain lui-même, et au delà. »

Parmi ces propriétés, on retrouve :
- l’émergence : le tout et la somme des parties ne se réduisent pas l’un à l’autre. Les éléments en interaction ont des propriétés émergentes : les milliards de neurones qui composent notre cerveau n’ont individuellement aucune intelligence et pourtant leurs interactions en créent. C’est pour cela qu’étudier séparément des parties ne permet pas de reconstituer le tout.
- la circularité : Le cercle vicieux, le cercle vertueux ou les systèmes de régulation sont de très bons exemples de causalités circulaires. On retrouve les théories de l’information circulaire et de causalité circulaire ou le principe de récursivité .
- l’auto-organisation : le monde est fait d’ordre organisé et de désordre. L’ordre est généré par le désordre et l’ordre génère du désordre. Mais c’est à la charnière entre l’ordre et le désordre que « vit » l’organisation. En bref, le désordre est créateur. Il permet le changement et d’augmenter la complexité. Trop de désordre et l’organisation n’existe plus.

A travers le descriptif des outils mis à disposition de l’ostéopathe, L.Vergnettes pose le principe d’une modélisation pour obtenir une connaissance opérationnelle. Il s’agit de mettre en place une réflexion sur l’aspect conceptuel de notre pratique. Pour réaliser cette analyse, l’auteur présente l’approche systémique , pour une meilleure approche du complexe.

3- La Systémique

Voyons la définition de la systémique donnée par l’AFSCET

« La Systémique est un savoir et une pratique qui permet de traiter les questions difficiles en complétant et en enrichissant le raisonnement causal, linéaire et déterministe quand il n’est plus adapté à la nature complexe de la situation et qu’il devient réducteur et simpliste.
Elle utilise des outils conceptuels (dont la modélisation/simulation, l’analogie et les stratégies paradoxales) d’observation et d’interprétation des faits sans les extraire de leur contexte révélateur de sens. Son mode d’expérimentation permet des essais non destructifs et ouvre des voies de solution, y compris quand il n’y a pas de solution et qu’il s’agit alors de trouver un équilibre convenable entre les forces en présence. »

Il est indéniable, à la lecture de cette définition, que ce savoir, cette pratique, ainsi que toute la nuance qui existe entre les deux, présente de grandes similarités avec notre démarche ostéopathique, mais elle semble également adaptée pour l’enseignement et la pratique de l’ostéopathie. C’est pour cette raison qu’il est important de modéliser, simuler, expérimenter pour mieux comprendre.
Dans notre démarche de modélisation, le plus important pour le praticien présent ou futur est de s’entraîner à développer une capacité de modélisation intuitive. Pour cela, il devra intégrer ce processus à sa perception.

Dans son mémoire de fin d’étude, Lucas utilise l’exemple de l’ordinateur pour l’approche complexe, car il permet, après une programmation adaptée, de simuler, d’explorer et d’interagir avec un système choisi.
Vous trouverez un autre point de vue sur l’approche systémique dans le mémoire du Dr Françoise MARZIN-KELLER, docteur vétérinaire.

4- Références

- MCX : association pour la pensée complexe. De nombreuses ressources sur http://www.mcxapc.org/
- Pour une réforme de la pensée : écrit d’Edgar Morin qui retrace l’histoire de la complexité, tout en essayant de démontrer l’importance de réformer la pensée : passer d’une pensée réductrice, qui distingue à une pensée complexe qui relie, contextualise : http://www.ifrance.com/college-hera...
- Le village systémique : de nombreuses ressources sur la systémique : http://www.systemique.levillage.org...
- Le site de Claude Rochet : systémique et complexité en théorie et en pratique : http://perso.wanadoo.fr/claude.rochet/
- Mémoire de L. Vergnettes « Solutions techno-logiques à l’abord de la complexité en ostéopathie » : http://osteopathedo.net/file_download/1
- L’insoutenable immensité de l’ostéopathie, article du Dr Françoise MARZIN-KELLER, docteur vétérinaire : http://microsteo.over-blog.net/arti...
ou http://www.biblioboutik.vetosteo.co...



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