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K115 - "Choco"

Boiterie chronique et repercussions comportementales
Créé le : vendredi 14 octobre 2016 par Ronan Cognet

Dernière modificaton le : samedi 9 décembre 2017

Choco est un chat mâle Européen castré de 5 ans pesant 4,2 kilogrammes. Choco vit en compagnie d’un autre chat, mâle castré de 7 ans. Ils sont nourris de croquettes et vivent dans une grande maison avec jardin auquel ils ont accès.

Choco nous a été présenté le 21/03/2012 pour une boiterie de l’antérieur gauche à la suite d’une chute.

Anamnèse :

Choco s’est mis à boiter en novembre 2011 et a été amené chez son vétérinaire le 12/11/11. Il présentait un œdème du carpe sans cause apparente même si un traumatisme (chute ?) reste l’hypothèse retenue par la propriétaire. Le vétérinaire a prescrit un antibiotique marbofloxacine (Marbocyl ND) et un anti-inflammatoire : robenacoxib (Onsior ND). Dix jours plus tard, aucune amélioration n’a été notée, une masse indurée dorso-médiale en regard de l’articulation carpienne est apparue. La radiographie n’a pas révélé de fracture mais une atteinte des tissus mous avec tuméfaction et un espace articulaire diminué. Un nouveau traitement médicamenteux est prescrit : prednisolone (Dermipred ND 5mg) et clindamycine (Antirobe ND). Le 30/11/11, Choco est mieux, l’articulation a dégonflé, il n’est plus gêné mais l’induration est encore présente.

Le 14/02/2012, Choco ne miaule plus depuis 8 jours, la boiterie est revenue, un nouveau traitement est prescrit (marbofloxacine et prednisolone).

Consultation :

Le 21/03/2012 Choco est présenté à la consultation d’ostéopathie. La boiterie persiste, la zone indurée dépilée est toujours en place, la prednisolone a été poursuivie et a été arrêté 3 jours plus tôt. Choco ne miaule toujours pas et son comportement a changé, il cherche moins les caresse, s’isole.

À l’examen général Choco présente un bon état de santé. Pas de signe de fièvre, pas de d’anomalie à l’auscultation. L’examen orthopédique montre une diminution d’amplitude articulaire du carpe gauche avec persistance de la zone indurée décrite plus haut. Choco se laisse manipuler sans réserve.

L’examen se déroule en commençant par une évaluation globale du ressort fascial et des ressorts compensateurs. Le ressort de la tête nous semble inversé signifiant une anomalie. La recherche des dysfonctions s’effectue ensuite en MRP. La faux du cerveau est tirée cranio-ventralement à gauche par son insertion sur la crista galli elle-même entraînée par le maxillaire gauche. une dysfonction en L7/S1 est également mise en évidence, ces vertèbres apparaissant en flexion rotation gauche latéflexion gauche. Nous n’avons pas relevé d’autres dysfonction si ce n’est un os pisiforme gauche présentant une restriction de mobilité totale quelles que soient les directions de l’espace.

La relation dysfonctionnelle entre la faux de cerveau et les vertèbres L7/S1 peut s’expliquer par la continuité des méninges. Les membranes de tensions réciproques que sont la faux du cerveau, la tente du cervelet et le diaphragme de la selle turcique sont composées de la dure-mère qui se prolonge jusqu’au sacrum pour constituer le filum terminale. Ainsi une tension appliquée sur la faux de cerveau se répercute directement sur la région sacrée. La traction imposée par le maxillaire gauche explique la dysfonction retrouvée en L7/S1. Cependant nous n’avons pas trouvé d’éléments reliant ce schéma au pisiforme figé (qui explique la boiterie et la répercussion cutanée par défaut de vascularisation selon la loi de l’artère de Still). D’où deux possibilités : premièrement deux schémas existent parallèlement, consécutifs au traumatisme dont la boiterie a été le premier élément symptomatique. Un traumatisme sur la face durant le trauma a pu léser le maxillaire gauche, la dysfonction qui a suivi s’est répercutée sur la faux du cerveau puis le sacrum. Deuxième possibilité, nous n’avons pu mettre à jour d’autres dysfonctions qui auraient établi la relation de continuité entre le pisiforme et la chaîne dorsale.

Schéma 1 : Bilan ostéopathique Choco

Traitement :

La faux du cerveau ne se prête pas aux traitements structurels, nous choisissons d’intervenir par une méthode cranio-sacrée et rétablissons la normalité sur le maxillaire gauche et la faux de cerveau ainsi que les vertèbres L7/S1. L’os pisiforme quant à lui est libéré en structurel par un thrust puis nous réalisons un déroulement fascial du membre antérieur gauche. Choco accepte bien les manipulations, en fin de consultation il se love contre nous et s’assoupit presque.

Nous testons enfin les dysfonctions apparues lors du diagnostic à l’aide des mêmes techniques et notons un retour à la normalité des tous les paramètres. Par ailleurs le MRP est ample et harmonieux et le ressort compensateur de l’hélice fascial est correct selon notre mode de lecture.

Nous préconisons du repos pendant 3 jours et un retour à la vie normale progressivement (sorties). Le cal doit être surveillé pour éviter les complications éventuelles.

Le 12/04/2012, les propriétaires nous téléphonent pour nous donner des nouvelles. Choco est beaucoup mieux, détendu, il est plus câlin et miaule mieux. Concernant sa démarche, il a « une belle allure ».

Le 27/04/2012 Choco est revu en consultation. Il n’y a plus aucune boiterie, la démarche est souple et le cal a disparu. Choco a retrouvé sa joie de vivre et son miaulement. Aucune dysfonction n’est réapparue.

Le 06/09/2012 Choco est revu pour son vaccin, aucune boiterie n’est réapparue et Choco est en pleine forme. Une semaine plus tard, Choco a été mordu par un autre chat et a été » placé sous traitement antibiotique et anti-inflammatoire. Aucune séquelle n’est survenue. En novembre 2012, des analyses biochimiques ont été réalisées à l’occasion d’un détartrage et n’ont rien révélé d’anormal.

Le 27/09/2013, nouveau vaccin et toujours aucune réapparition de la boiterie. Les dysfonctions ne sont pas réapparues.

Discussion :

L’exemple de Choco souligne les avantages d’un traitement ostéopathique dans les troubles chroniques. À la suite d’un traumatisme, l’évolution pathologique commence par une boiterie puis progressivement un retentissement plus général se manifeste. Les traitements médicamenteux n’apportent pas de guérison mais une amélioration transitoire avec récidive systématique. Le traitement ostéopathique a corrigé la boiterie et l’expression morbide (le cal) disparaît signifiant un retour à l’harmonie. Le mieux-être de l’animal rapporté par ses propriétaires nous conforte dans la résolution globale de ses problèmes. L’atteinte de la faux du cerveau peut expliquer le retentissement sur le caractère du chat, le traitement ostéopathique a ici été efficace rapidement. Pour autant les dysfonctions n’étaient pas nombreuses et sans rapport évident entre elles, aucune chaîne dysfonctionnelle claire n’a été révélée par l’examen ostéopathique. Un manque d’expérience peut être ici en cause. Les manipulations simples ont été efficaces et le retour à un an et demi est excellent et sans récidive.

Conclusion :

Choco, un chat de 5 ans nous a été présenté pour une boiterie récidivante ne rétrocédant pas aux traitements médicamenteux. De plus, il présentait un cal cutané en regard de l’articulation du carpe, articulation en cause dans la boiterie. Par ailleurs, les propriétaires ont noté une modification progressive de son comportement. La séance d’ostéopathie a été pour Choco réellement bénéfique et si le tableau dysfonctionnel n’était pas riche, il a été cependant suffisant pour expliquer ses signes cliniques et envisager un traitement par des méthodes cranio-sacrées, structurelles et fasciales, traitement dont l’efficacité a été rapide et durable.



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