L’Ostéo4pattes

Ces Animaux et Hommes qui te donnent des leçons...

4 pattes, 2 pieds et 2 mains...
Créé le : jeudi 4 février 2016 par Véronique Sure

Dernière modificaton le : jeudi 4 février 2016

Photo Alexandre Rousselle : http://www.alexandrerousselle.com

- Je ne rentre pas d’Inde avec un henné sur le bras,
- mais le souvenir d’Aboul, de sa main et de son bras...
- Je ne rentre pas de cette Inde avec un tatouage sur le corps,
- mais le souvenir de ces 4 pattes autour de moi, offrant leurs squelettes et leurs corps...
- Entre vies et morts, entre vivants et passants,
- entre ma vie et ces morts, entre ma vivance et ce qui appelle mes mains...
- Entre ce qui s’échappe de mes mains et que je connecte sans un mot...
- Mes impérieux besoins de poser mes mains sur leurs dos,
- reliance de vivant à vivant, soulager nos maux...

- Des matinées entières, hors du temps,
- pour vivre des partages avec ces vivants...
- Entre ciel et terre, je suis là pour peu de temps,
- c’est une éternité qui m’a croisé au soleil levant...

- Mes mains et mon visage savent quelles peuvent encore travailler dans d’autres dimensions...
- Comment va ton pied ??? m’écrivent ceux qui savent que ce voyage ici,
- comme par hasard, ici a choisi de se figer !
- Me dicter surement : comment aller avec mes mains vivre et exister …
- Qui sait en France un jour, peut être, vivre et exister en soignant autrement ?

- A défaut de pouvoir marcher, chaque matin, me suis posée sur les ghats de Bénarès d’en bas !
- Le brouillard, matinal de janvier,
- chape blanche au milieu de linceuls et draps innombrables,
- la poésie de la blancheur inégalable...

- Au seuil de mes inattendus rendez vous sans agenda...
- A cette heure, point de peau blanche à l’horizon,
- les hôtels ici aussi, protègent bien là, de ces petits et si subtils frissons...
- Mon cœur allait pour méditer, assise à terre, dos calé sur les pierres...

- Chaque matin, le soleil s’est levé,
- et les 4 pattes sont venus au rendez vous de mes mains.
- Pas un jour, sans lendemain.
- Chaque matin, ce rituel est venu me bouleverser...

- Les chèvres, errantes des ghats venaient offrir leurs dos et leurs pattes abîmés,
- à mes mains naturellement posées...
- De la chaleur, des sons, des larmes parfoi(s),
- des gestes semblent ils immobiles,
- d’infinies sensations de mes mains à mon cœur,

- j’ai réclamé au détour et comme à chacun de mes jours,
- là haut je vous en prie : « envoyez : lumières et Amour »...
- Entre silences, mots et gestes très doux, aux creux de leurs oreilles et de leurs corps,
- j’ai « entendu » les frêlements de leurs gorges,
- perçu la lumière de leurs yeux, le son de leurs os, le crissement d’un muscle,
- j’espère aussi la juste mesure du temps pour chacune...

- Patientes et aussi belles qu’aimantes,
- votre lait ces matins là, donneront il plus de richesse, à tous ces pauvres,
- qui posent leurs mains sur vos si tendres « mam’elles » ?
- Même que sans maux, nous nous sommes rencontrés
- même que c’est trop beau, quant l’on s’AIME...
- Etre là, sans téléphone, connections « supr’aime »,
- au rendez vous de la vie, sans requête, ni demande,
- garde dans ton corps cette offrande,
- juste pour aujourd’hui, ne te fais pas de souci,
- la vie est belle quant dans tes mains, elles « sourient »...

- Un matin, une de ces chèvres, s’est assise à mes pieds,
- avant qu’un vieil homme ne vienne s’asseoir contre elle.

- Je n’oublierai le bleu de ses yeux, mouillés de larmes,
- sa seule main mobile me montrant les mamelles de sa chèvre ,
- prendre discrètement son foulard, pour essuyer ses larmes...
- Point de langage entre nous, sa seule richesse à nos pieds étaient là paisiblement assises...

- Il m’a fallu des jours pour vous l’écrire, je ne sais juste aujourd’hui que son nom était : Aboul !
- Aboul, ne dira rien, larmes et silence entre nous,
- Homme et Femme,
- peau brune et blanche,
- pourquoi la terre nous a posé ici ?

- Même que sans maux, nous nous sommes rencontrés
- même que c’est trop beau, quant l’on s’AIME...
- Etre là, sans téléphone, connections « supr’aime »,
- au rendez vous de la vie, sans requête, ni demande,

- garde dans ton corps cette offrande,
- juste pour aujourd’hui, ne te fais pas de souci,
- la vie est belle quant dans tes mains, elles « sourient »...

- De longues minutes pour commencer en moi,
- à sentir que cette chèvre m’avait en fait ,
- amené ABOUL à soigner et tant d’autres Êtres s’en sont suivis...
- Laisser mes bols, pour faire "chanter" autrement la vie sensible, inoubliable séjour,
- que cette nouvelle année a comme par hasard écourté à 21 jours infiniment émouvants et puissants...

- Meilleurs vœux à vous tous,
- que nos mains guident nos cœurs et retrouvailles, ici et ailleurs...

Je dédie ces quelques lignes à Patrick et Stéphane, à mes amis Ostéo et Soignants, et à ceux qui discrètement ont partagé ce Carnet de voyage en Inde.



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