L’Ostéo4pattes

Ithala, mon Soleil

Créé le : vendredi 9 mars 2018 par Elodie Vindret

Dernière modificaton le : jeudi 31 août 2017

Ithala : signifie Soleil en Zoulou

Un pilier qui s’effondre

« Votre chien est très fatigué, très malade... Combien de temps ?...Quelques jours, quelques semaines peut-être, on ne peut pas savoir... ».

Résultats du scanner. Diagnostic brutal. Évolution très rapide. Pronostic sombre, définitif.

Où trouver un appui quand le sol se dérobe sous nos pieds ?

« Votre chien ne pourra plus courir en balade, ne pourra plus se promener en liberté avec d’autres chiens, il ne pourra plus vous accompagner pour de longs trajets en voiture... ».

Rester à la maison sans moi ? Je ne souhaitais pas qu’il se sente puni d’être malade. Cette pensée m’était insupportable. Depuis deux ans qu’il était entré dans ma vie, il m’accompagnait dans toutes mes activités, école, travail, il était devenu mon ombre, nous n’étions que rarement séparés. C’était Sa vie. Et la maladie allait l’en priver.

« Pourquoi voudriez-vous que je prolonge sa vie, si ce n’en n’est plus une ? »

J’en arrivais alors à cette réflexion : qu’est-ce qu’une vie, qu’est-ce que vivre ?

C’était le début. Le processus était déjà en cours, alors que je n’en n’avais pas conscience. Submergée par la peine, les parois de mon cœur se morcelaient, et je n’entrevoyais pas encore qu’il y avait en profondeur cette lave en fusion.

Le vétérinaire me dit que c’était grâce au toucher ostéopathique qu’il avait été possible de mettre en lumière la maladie plus tôt, et qu’un autre propriétaire ne s’en serait rendu compte qu’au dernier moment. Alors il s’agissait de cela... un sursis...

Un sursis, une chance

La fatalité de la maladie m’enseignait qu’il ne fallait plus avoir peur. Il ne fallait plus avoir peur des risques au quotidien, il ne fallait plus vouloir tout contrôler, car c’était posé, au bout il y avait la mort.

Il nous restait le présent. Il fallait transformer cette épreuve en chance afin de pouvoir encore profiter de précieux moments ensemble.

Je regardais mon chien et lui dit : « Alors allons-y, nous n’avons rien à perdre ». Nous savons déjà où nous allons.

Le chemin de reconstruction vers l’unité

A la question combien de temps nous reste -il à vivre ensemble, faisait écho la question : comment pourrai-je vivre sans lui ?

Il était mon compagnon de chaque instant, mon sourire au quotidien. Il m’aidait à me dépasser, à entreprendre.

Il semblait évident que ma peine ne l’aidait pas à aller mieux. Cette douleur profonde à l’idée de le perdre, écrasait ma poitrine, m’empêchait de manger, de respirer. Il fallait ouvrir les yeux sur le fond du problème : l’amour. Comment pourrai-je vivre sans son amour, puisque c’est par lui que je m’aime ?

Une idée émergeait comme une évidence, il fallait que je lui rende sa liberté. Le libérer du poids de ma dépendance à son amour. La seule solution, toute simple, était d’apprendre à m’aimer. Retrouver mon unité pour qu’il puisse retrouver la sienne. Ce que j’entrepris.

L’acceptation

« Nous ne nous battrons pas contre, nous vivrons avec ».

Je reçus des témoignages d’affection et de soutien à l’annonce de la maladie.

Certains de la part de personnes ayant elles-mêmes perdu leur chien de la même façon. Leur message était notamment que la colère serait toujours présente, que je me questionnerais toujours sur le « pourquoi lui ? ».

Mais non, au fond de moi rien de tout cela. Aucune colère, aucun sentiment d’injustice, simplement une profonde tristesse. Je n’étais pas en train de nourrir des sentiments violents pour entrer en résistance, j’étais en train de m’emplir d’amour pour accepter la maladie et j’étais apaisée par ce processus.

Je sentais même une forme de bonheur. En effet, nous avions du temps, un présent continu, pour profiter vraiment de la vie, pleinement, entièrement, sans restrictions ni pensées négatives. J’avais un sourire sur le visage, j’étais sereine.

Cette expérience de vie nous rappelle que souvent nos 4 pattes sont là pour nous guider vers la lumière, quand les circonstances nous paraissent sombres.

Ils nous élèvent parfois, nous tirent vers le haut pour regarder la vie avec bienveillance.

Ils nous font prendre conscience qu’il faut profiter pleinement du moment présent et accepter les circonstances de la vie avec amour, en ne voyant que ce qu’elle nous apporte de meilleur.

Merci mon Ithala pour cette leçon de vie, ce chemin vers moi-même, ce chemin vers les autres.

Merci pour ces deux ans « et plus » que nous aurons merveilleusement vécus ensemble.

Merci de m’avoir révélé ma force, de m’avoir aidé à retrouver mon unité et à me libérer de mes peurs.

Merci de m’avoir appris que la vie, que la maladie sont avant tout des occasions de s’aimer encore plus fort.

Merci de m’avoir montré la lumière comme révélation des vibrations de la vie.

Elodie Vindret



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