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Ostéopathe qui es-tu ?

Créé le : vendredi 21 décembre 2007 par Catherine Brassaud

Dernière modificaton le : vendredi 29 avril 2011

OSTEOPATHE QUI ES TU ?

Loin des standards habituels de notre société où tout est labellisé, contrôlé et estampillé, la profession d’ostéopathe pour animaux fait encore exception… Jusqu’à quand ?

Il est certain qu’actuellement la profession d’ostéopathe pour animaux n’est plus connue uniquement d’un petit nombre d’initiés. Beaucoup de cavaliers, de propriétaires de chiens et de chats, ainsi que les éleveurs de bovins font maintenant appel à l’ostéopathe pour leur animal. Bien entendu, ce phénomène va de paire avec un nombre croissant de praticiens qui affichent au jour d’aujourd’hui des formations diverses.

La formation est un sujet essentiel de préoccupation de la clientèle et de l’ensemble des thérapeutes en lien avec la santé animale. Comme le métier devient incontournable, il paraît essentiel d’en fixer les règles d’exercice : formation, responsabilités, position par rapport au vétérinaire, etc. Sans apporter les réponses à ces questions bien légitimes dans le contexte actuel, cet article se propose de décrire un parcours parmi tant d’autres : le mien, celui d’une ostéopathe exerçant en Suisse depuis bientôt trois ans.

Après un parcours universitaire en biologie animale et plusieurs années d’exercice principalement au sein de divers projets de protection de la faune sauvage, l’envie d’exercer une profession toujours en lien avec les animaux mais permettant des résultats plus concrets et immédiats me pousse à intégrer l’ESAO, l’Ecole européenne d’ostéopathie animale (European School of Animal Osteopathy) de Brighton en Grande Bretagne.

En 2002, cette école propose une formule qui convient tout particulièrement aux personnes déjà formées, exerçant leur profession mais désireuses de se réorienter. En effet, le cursus de l’ESAO se déroule sur trois années, au rythme de trois jours de présence mensuelle dans les locaux de Brighton. Entre ces modules de trois jours, un important travail personnel dans toutes les matières de l’anatomie équine et canine et de l’ostéopathie structurelle est à fournir par les étudiants au rythme qui leur convient. Les stages auprès des professionnels du terrain sont encore facultatifs et laissés au libre choix de l’étudiant. Je choisis de suivre la pratique d’ostéopathes, de vétérinaires et de maréchaux en Suisse auprès de ceux qui ont la gentillesse de m’accueillir.

Au terme de ces trois années, je peux donc enfin commencer à exercer le métier d’ostéopathe pour animaux auprès d’une clientèle composée principalement de chevaux et de chiens, mais aussi de quelques vaches et chats. Le déroulement de ma visite est essentiellement basé sur les enseignements de l’ESAO dont l’orientation est nettement structurelle.

En ce début 2008, la composition de ma clientèle n’a pas beaucoup évoluée, soit toujours environ 45% de chevaux, 45% de chiens et 10% de chats et de bovins, avec de temps à autre une anecdote comme un agneau, un bélier ou encore un lapin ! Quant à ma pratique, bien que toujours très structurelle, elle s’enrichit de techniques dans les divers domaines de l’ostéopathie : structurel mais aussi fluidique, fonctionnel et viscéral.

Cette évolution constante repose sur une volonté de développer un savoir-faire toujours plus étoffé. Hormis un travail personnel conséquent, ce sont les nombreux échanges avec mes collègues en ostéopathie animale et humaine, ainsi que la formation continue - un incontournable dans les professions en lien avec la santé - qui me permettent de progresser. Dès la rentrée 2005, l’ESAO propose une nouvelle série de modules étalée sur deux ans, permettant aux praticiens de développer certains aspects pratiques et théoriques.

Ces deux années, comme les trois premières, sont sanctionnées par un travail de diplôme. Le premier sujet est chapeauté par le Haras National d’Avenches et publié sous forme de poster à la 7ème conférence internationale de physiologie de l’exercice chez le cheval à Fontainebleau (France) en 2006 ainsi qu’à la 2ème Journée dédiée à la recherche équine en Suisse en 2007. Il est consacré à une approche biomécanique et ostéopathique de l’impact du cavalier sur la locomotion du cheval. Le second (encore en rédaction) concerne les dysfonctions et traitements ostéopathiques comparés de l’os coxal chez le cheval, le chien, le chat et les bovins.

Le passage d’un sujet très scientifique à un second mémoire nettement plus ostéopathique représente bien la petite évolution de trois années au niveau de ma pratique et de la philosophie qui l’accompagne. Effectivement, le second travail repose majoritairement sur l’expérience pratique, des données collectées en clientèle et une réflexion toute personnelle, et non pas sur un équipement et une méthodologie sophistiqués. Ce tournant est motivé par un attrait toujours grandissant pour l’ostéopathie et ses possibilités de traitement. Il ne s’agit toutefois pas de renier les aspects scientifiques de la discipline, bien au contraire. Il est actuellement de première importance de publier des données ostéopathiques scientifiques afin d’affermir la position de l’ostéopathie animale dans le monde thérapeutique dominé par les sciences et d’en obtenir sa reconnaissance.

Cette exigence toujours plus importante en termes de reconnaissance et d’existence se traduit par l’évolution de la formation d’ostéopathe pour animaux. L’ESAO illustre cette tendance : après la formation de base et la formation continue à temps partiel, cette école propose depuis la rentrée scolaire 2007 une formation de base à temps plein à Clarens en Suisse. La filière à temps partiel est quant à elle maintenue, mais l’inscription passe par un concours d’entrée faisant appel à des connaissances diverses notamment en biologie et hippologie.

Ces changements traduisent à mon sens une véritable volonté de satisfaire des critères de qualité toujours plus élevés et d’amener le métier à une reconnaissance nécessaire à sa pérennité. En effet, les discussions concernant la formation en ostéopathie animale mettent le monde de la santé animale en ébullition … Il apparaît urgent de trouver une « recette » qui satisfasse tous les acteurs et permette d’homogénéiser les cursus afin que tous s’y retrouvent. Pourtant à la fac, on m’avait dit que la (bio)diversité était une force ; m’aurait-on menti ?



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