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099 - Dépêche de novembre-bis 2012

Flint ou la boiterie rénale
Créé le : dimanche 25 novembre 2012 par Magali Charve Biot

Dernière modificaton le : vendredi 8 décembre 2017

Flint est un setter anglais tricolore de 2 ans chasseur à la bécasse, souffrant depuis plus d’un an d’une boiterie du postérieur gauche. A l’origine, la boiterie apparaissait systématiquement après effort, même peu intensif, disparaissait systématiquement après deux jours de repos mais récidivait à chaque sortie.

 Consultation :

Flint m’est présenté le 19/09/2012, en « désespoir de cause » par son propriétaire qui envisage la carte de l’ostéopathie après les échecs des AINS (huit mois de prescription !) et de la mise au chenil prolongée. Des radiographies des hanches, du genou et du tarse ont été réalisées préalablement à la mise sous traitement, mais aucune lésion n’a été mise en évidence.

Ce jour, Flint ne présente aucune boiterie à l’arrivée à la clinique. Pourtant, le propriétaire avait pris soin de le faire sortir et courir avant de venir afin que je me rende compte du handicap de son chien. De caractère, Flint est fuyant, un peu effacé.

A l’examen ostéopathique, il ressort :
- tarse gauche en dysfonction et plus particulièrement le tarsal IV (os cuboïde) en rotation interne par rapport aux autres os du tarse.
- sésamoïdes externes bloqués
- sacrum en latéflexion gauche
- chaine musculaire sous lombaire en tension
- T13 en extension et latéflexion droite
- densité à droite de la jonction thoraco-lombaire
- estomac et vésicule biliaire en dysfonction
- rein gauche en dysfonction, fort, puissant, tumultueux

Mais ce qui attire surtout ma main est la présence dans mes sensations de ce que je qualifie d’un puits de vide sur la face externe du tarsal IV, juste en dessous de celui-ci, et qui me renvoie directement au rein gauche.

Je décide donc d’agir sur le cuboïde, en le libérant et en lui redonnant de la mobilité. Au départ, Flint est relativement inconfortable, puis se laisse aller jusqu’au retour de son tarsal en position physiologique. Un test rapide permet de mettre en évidence une mobilité satisfaisante de cet os.

Juste après manipulation, je fais un nouvel examen ostéopathique de Flint, et me rends compte que les diverses dysfonctions ressenties sont en voie de normalisation.

Ce qui me surprends beaucoup plus, est la disparition instantanée du vide ressenti face externe du cuboïde et la normalisation tout aussi instantanée du rein gauche.

Je demande alors au propriétaire l’arrêt de tout traitement et lui conseille quelques jours de repos avant la reprise de la chasse.

 Retour à la maison :

Quelques minutes après la consultation, de retour chez lui, le propriétaire de Flint m’appelle et me dit : « Docteur ! Je ne sais pas ce que vous lui avez fait, mais cela fait cinq minutes montre en main que Flint urine, je ne sais pas s’il va s’arrêter un jour !! »

Ma seule réponse fut : « Intéressant ! », bien que ce monsieur dusse attendre autre chose.

En l’occurrence, Flint a arrêté d’uriner peu de temps après, il a repris la chasse et les sorties, et ne boite plus du postérieur gauche.

 Discussion :

Pourquoi et comment se fait il qu’une manipulation ostéopathique du tarse provoque des effets aussi frappants sur le système urinaire de Flint ?

Mes seules connaissances d’ostéopathie ne me suffisent pas à expliquer un lien entre le tarse et le rein. Par contre, au cours de ma formation d’ostéopathie, il m’a été enseigné quelques prémices d’acupuncture et de médecine traditionnelle chinoise, et cette voie semble intéressante dans notre cas.

En effet, en médecine traditionnelle chinoise, l’accent est mis sur l’interdépendance des organes les uns aux autres et le corps est vu comme un tout. A l’intérieur de ce corps, il doit y avoir libre circulation de l’énergie par des méridiens inhérents aux différents organes ou viscères. Dans le cas contraire, quand il y a défaut ou excès d’énergie en des points, il y a pathologie.

Il est important de noter ici que le méridien vessie (de même que le méridien vésicule biliaire) passe en face latérale du membre postérieur.
Plus précisément, on peut voir que le point V63 se situe juste en dessous de la face latérale du cuboïde. Il correspondrait donc à mon puits de vide qui s’est modifié lors de la correction de dysfonction du tarsal IV.

 Conclusion :

Avant de débuter ma formation d’ostéopathie, voir entrer dans ma salle de consultation un chien comme Flint, avec une boiterie chronique, sans lésion apparente, et réfractaire aux traitements usuels (issus de la chimie pharmaceutique) m’aurait stressée.

Aujourd’hui, j’appréhende son cas d’une façon tout à fait différente et plus sereinement. Se détacher de la boiterie, cause initiale de la consultation, pour s’intéresser à Flint dans son ensemble est bien plus confortable et enrichissant pour moi (et pour lui !).

Enfin, l’ostéopathie, l’acupuncture, ainsi que l’homéopathie ou la phytothérapie (par exemple et pour ne citer qu’elles) sont très souvent complémentaires et force est de constater qu’elles sont bénéfiques... Sur ce constat, je me dis que je n’ai pas fini d’user mes fonds de culotte…

 Bibliographie :

- Initiation à l’acupuncture traditionnelle d’André FAUBERT ed sciences secrètes
- www.acupuncture-traditionnelle.com
- planches acupuncture vétérinaire chez le chien éd You Feng Libraire-Editeur



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