L’Ostéo4pattes

FEMMO 2010

Un congrès cherchant à de redéfinir les concepts de l’ostéopathie
Créé le : vendredi 3 décembre 2010 par Bernard Rosa

Dernière modificaton le : jeudi 12 mai 2011

Le Groupe d’Enseignement d’Ostéopathie et de Pathologie du Sport a organisé, les 19 et 20 novembre 2010, dans la magnifique ville de Dijon, le 19ème congrès de la Fédération française francophone des groupes d’Enseignement de Médecine Manuelle-Ostéopathie.

Intitulé : « De l’anatomie à l’ostéopathie médicale », ce congrès restait strictement réservé aux médecins.

"Le GEOPS a organisé le 19ème congrès de la FEMMO à Dijon"

Il a débuté le vendredi matin par une communication sur « Anatomie du clivus, « symphyse » sphéno-basilaire, sutures : réalité et légendes ». En se basant sur de nombreuses études, sur des pièces anatomiques et sur de l’imagerie, le Dr O. Trost, Anatomiste, a prouvé, sans contestation possible, que la synchondrose sphéno-basilaire était soudée à l’âge adulte et qu’elle ne pouvait donc, en aucun cas, bouger. Certains congressistes ont contesté cette affirmation, tandis que d’autres essayaient, sans résultat, de trouver avec l’orateur des explications aux mouvements qu’ils percevaient sur le crâne. Des irréductibles ont pourtant argumenté, que cette suture devait bouger puisqu’il était prouvé qu’elle se déformait parfois.

Puis le Pr P. Trouilloud a présenté l’exposé « Dure-mère et ligaments longitudinaux : lien occiput-sacrum ? ». A l’aide de dissections anatomiques et d’observations IRM il a établi que la dure-mère ne pouvait pas propager, au sacrum, les mouvements appliqués sur le crâne et réciproquement. Il concluait "Ainsi, le lien os occipital-sacrum ne semble pas être mécanique, mais plutôt réflexe. Soit par mise en tension des racines de nerfs spinaux dans les impulsions de flexion, soit par les variations de pression du liquide cérébro-spinal intraduremérien lors des sollicitations en flexion ou en extension".

Le Pr J-Y Maigne a détaillé « L’innervation du rachis vue sous l’angle de la douleur vertébrale ». Il y a démontré, études à l’appui, que le disque intervertébral recevait une innervation sensitive soit directement des racines les plus proches, soit de fibres issues des chaînes sympathiques qui sont responsables de souffrances de type viscérales du disque. De même que l’innervation des articulations zygapophysaires lombaires expliquerait les douleurs projetées dans les dermatomes thoraco-lombaires, et réciproquement.

Dans l’exposé suivant, le Pr J-L. Sautreaux a rappelé « L’anatomie vasculaire du cerveau, mouvements du cerveau ». Il en a conclu : "Les battements cardiaques vont être transmis à la vascularisation cérébrale entrainant des pulsations cérébrales que l’on peut mettre en évidence en mesurant la pression intra crânienne".

Cette hypothèse a d’ailleurs été confirmée par la communication suivante où le Dr Sc M. Elkateb Hachemi Amar s’est basée sur la « Mesure ultrasonore de la pulsatilité naturelle du tissu cérébral » afin de retrouver l’influence de la respiration pulmonaire et des battements cardiaques sur les mouvements du cerveau à l’intérieur du crâne.

Gilles Mugnier, Jacques Luciani et, en rouge, d’autres membres de leur équipe de moniteurs.

La communication du Pr. F. Ricolfi sur le « rapport d’imagerie fonctionnelle et lésionnelle » a précisé les progrès spectaculaires de l’IRM. Les travaux : "qui sont effectués actuellement seront, à l’évidence, fondamentaux dans la compréhension et la réalisation des gestes thérapeutiques à l’avenir".

Le Dr Md et Dr Sc D. Bonneau dans la « Modélisation du rachis » a précisé les techniques utilisé par l’ENSAM pour obtenir un rachis en 3 D à partir des clichés obtenus en stéréoradiographie. Pour ajouter les muscles à cette représentation, il utilise 9 coupes IRM purement axiales pour affiner cette "modélisation tridimensionnelle personnalisée". Ces résultats sont déjà utilisés pour calculer à l’avance les modalités d’interventions chirurgicales.

Puis, J. Massion nous a retracé une « Analyse évolutive et historique des concepts du mouvement ». Il a débuté son voyage dans le temps par Etienne-Jules Marey, qui esquissa l’approche mécanique, et l’a poursuivi avec la découverte des réflexes spinaux et des mouvements volontaires. Et, après avoir survolé les apports de la neurologie et du concept de programme moteur, il a évoqué l’analyse du mouvement et le pilotage cérébral, et les rôles du cerveau, du système musculo-squelettique, de l’environnement et du cerveau social…

Dans une volonté de compréhension et une mise en pratique, le début de l’après midi fût consacré à différents concepts fonctionnels.
Le Dr A. Cassoura s’est interrogé sur « Que reste-t-il du MRP ? ». Il a donc retracé les origines du concept, et "n’ayant aucune preuve sur un Mécanisme hypothétique", il a présenté le MRP comme un modèle qui permet aux auteurs et aux thérapeutes d’affiner leur toucher. "Le MRP nous amène à reconsidérer notre présence et notre rôle de thérapeute". Il conclut en ayant une pensée, non exhaustive, envers tous ceux qui suivent cette voie.

Le Pr. M. Bensoussan a exposé son « Ostéopathie du cœur ? ». Sans se substituer "aux traitements cardio-vasculaires indiqués", il s’efforce "d’améliorer le confort des patients, et d’apporter de nouveaux éclairages à nos interrogations diagnostiques et thérapeutiques". Ses cours, accessibles en France, le sont aussi aux USA (crânial academy).
F. Martin du laboratoire de Physique Théorique et Hautes Energies, Université Paris 6 a présenté la « Psyché Quantique ». A l’aide de modèles et de métaphores, il a tenté de nous initier aux difficiles problèmes quantiques et à leurs possibles extrapolations psychiques. Il s’est ainsi efforcé de trouver des bases à certains phénomènes inexpliqués en ostéopathie, en se basant sur un hypothétique psychon dont des propriétés seraient comparables à celles d’autres quantas puisque, en définitive, même la matière est constituée d’énergie.
Le Dr. P. Varlet a clôturé les exposés de cette journée avec : « Ostéopathie : l’interdépendance Corps-Esprit ». Il base son approche sur le champ quantique en tant que vecteur informatif et sur le travail ostéopathique tissulaire. "La prise en compte par nos mains de cette globalité corps-esprit à travers la souffrance physique et psychique du patient qui nous fait passer du rang de médecin manuel à celui d’ostéopathe". Et il interagit avec ce corps-esprit grâce à un indispensable état de neutralité émotionnelle.

La fin d’après-midi a été réservée aux ateliers en amphithéâtre.
Le Dr D. Bonneau y a présenté « Toucher de MMO et capteurs », le Dr A. Cassoura a enchaîné avec « Le voyage de ROLLIN BECKER », les Dr J. Le, G. Laurent et M. Bachot ont suivi avec « Ostéopathie cardiaque » et le Dr P. Varlet a terminé avec « Maladie psycho-somatique et MMO ».

Le repas de gala au palais des ducs de Bourgogne.

La soirée, consacrée à une dégustation de vins et au repas de gala, n’a pas empêché le congrès de reprendre à 8 h le lendemain au laboratoire d’anatomie où, durant la matinée des groupes participaient aux ateliers :
- 1) Dr A. Cassoura : « Membrane de tensions. Cerveau, faux du cerveau, tente du cervelet, clivius, base du crâne, ligaments longitudinaux, dure-mère et nerfs rachidiens et crâniens ».
- 2) Drs R. Dardel, O. Petit et G. Moreau : « Zones d’irritation, jonction CT et premières côtes et traitement ».
- 3) Dr Lecorgne , Dr Labattut : « L’épaule et ses traitements manuels ».
- 4) Drs L. Krumoholz, Mrs J. Gérard et Z. Vacheresse : « Le complexe lombo-pelvi-fémoral, traitement des sacro-iliaques et de la jonction thoraco-lombaire ».
- 5) Drs B. Geoffray, M. Benkhadra : « Pelvis et viscéral ».
- 6) Drs B. Roth, O. Dumay : « Le toucher fin, applicable en pédiatrie ».
- 7) Drs F. Le Corre, E. Rageot, O. Trost : « ATM et traitements ».
- 8) Drs D. Sylvestre, M. Benkhadra : « Diaphragme, abdomen et thorax en médecine manuelle ».
- 9) Dr C. Voguet : « Kiphoplastie et vertébroplastie ».
- 10) Pr D. Krause : « Infiltration rachidienne foraminale ».

Après le déjeuner, le Dr J.C. De Mauroy a initié les congressistes au : « Concept de tenségrité » imaginé par l’architecte R. Buckminster Fuller en 1920 et appliqué au système musculo-squelettique.

Les éléments osseux rigides y sont placés en compression discontinue par des éléments ligamentaires en tension continue. La charge appliquée en l’un de ses points se distribuant à l’ensemble de la structure, la tenségrité "nous permet de comprendre certaines rachialgies". Il conclut : le "concept d’intégrité fonctionnelle permet de mieux comprendre l’organisme en mouvement et dans sa globalité". Et : la "médecine manuelle est sans doute celle qui se rapproche le plus de cette globalité structure-fonction".

Ensuite le Dr Labattut a présenté : « L’épaule, articulation du compromis ». Après un rappel sur la forme géométrique de l’épaule et sur ses centres instantanés de rotation, il a insisté sur le déséquilibre induit, en position érigée, par les différents groupes de rotateurs, et sur la plus grande latéralisation du sillon inter-tubérositaire chez l’homme par rapport au singe. Ce qui l’a naturellement conduit à un protocole de rééducation pour prévenir les surmenages des épaules et améliorer les résultats en post-opératoire. Toutefois certains de ses arguments ont été vivement remis en cause par des congressistes pour qui l’épaule du singe est adaptée à son mode de vie, tandis que celle de l’homme est plus destinée à la préhension et à la bipédie !

Le Dr D. Fiévet a pris la suite en exposant : « Mouvement et déformation ». En se basant sur l’étude réalisée par Sjef Rutte, il a développé les principes de la méthode Marsman qui donne une grande importance à la prise en compte des asymétries individuelles naturelles. "De ce point de vue toutes les parties de la masse du corps (y compris viscérales, mais aussi la peau, les muscles, les aponévroses) participent dans un corps sain aux mouvements". "Durant le mouvement on peut différencier les zones comprimées dans la concavité de celles dilatées dans la convexité". Et il conclut : "l’asymétrie de structure explique l’asymétrie de fonction".

Ce thème est immédiatement repris par l’orateur suivant, le Dr O. Dumay. En se plaçant « entre « structure et fonction » » il a rappelé les différentes voies anatomiques sensitives, et il a insisté sur l’importance du toucher tant pour les thérapeutes que pour leurs patients : "par le toucher et la stimulation du système somato-sensoriel, les opérateurs interviennent pour un changement d’état physicochimique (ou électromagnétique) pressenti par le cerveau". Il conclut : "La structure se définit par le maintien de son organisation interne, il existerait peut-être une dimension temporelle (changement d’état) à reconsidérer pour continuer nos recherches".

Enfin sous la présidence du Dr J.P. Moureaux, président du conseil départemental de l’ordre des médecins de la Côte d’Or, les orateurs ont précisés aux congressistes les données les plus récentes dont ils disposaient sur l’actualité et l’avenir de l’ostéopathie.

Le Dr Marc Baillargeat, président pour 2 ans de la FEMMO, a insisté sur « L’ostéopathie : évaluation, refonte des principes et crédibilité ». Puis les Drs C. Le Sauder, B. Burel et J.L. Mathieu, tous trois présidents des différents syndicats engagés dans l’UMO, ont informé l’auditoire sur « L’ostéopathie médicale en France : enseignement, promotion, défense ». Ensuite, maître B. Joliff, avocat spécialisé dans le droit médical a développé et commenté le « Bilan des réglementations en vigueur, point de vue sur la défense de l’ostéopathie médicale ».

Les étudiants initiés à l’ostéopathie dès leur 2ème année de médecine !

Le point d’orgue du congrès fût, sans nul doute, l’intervention de J. Gerard et Z. Vacheresse, tous deux étudiants en médecine et initiés très tôt à l’ostéopathie. Ils nous ont présentés une vision très aboutie des immenses avantages à coupler, dès les premières années, les études médicales et l’apprentissage des sémiologies et des différents touchers ostéopathiques. Avec d’autres étudiants qui avaient partagé cette expérience, ils nous ont rappelé combien, dès cet âge, les comportements et les motivations étaient multiples, laissant une porte ouverte à une plus grande précocité de l’initiation à l’ostéopathie dans le cursus médical. Et, que le reste du monde médical se rassure, aucun de ces étudiants ne prévoyait d’exercer l’ostéopathie en mode exclusif, il ne s’agissait pour eux que d’une technique supplémentaire afin de mieux apprécier chacun de leurs patients dans toute sa globalité, y compris ostéopathique…



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