L’Ostéo4pattes

Ostéopathie & Cheval d’Endurance

Créé le : vendredi 6 mars 2009 par Patrick Chêne

Dernière modificaton le : lundi 21 mai 2018

Maintenant, beaucoup de monde a vu un ostéopathe travailler sur un animal et en garde une image juste ou fausse, peu importe. Il suffit de savoir que l’ostéopathie est une méthode de soin qui s’appuie sur le toucher, qui détecte des tensions et sait les effacer en modifiant durablement le fonctionnement du système nerveux autonome. Ensuite chaque ostéopathe utilise dans le sac à techniques celles qui lui convient le mieux, depuis les plus spectaculaires (structurelles) à celles tellement fines ( Fonctionnel) que de dehors en spectateur on ne sait même pas s’il s’est passé quelque chose.

Mais quoiqu’il en soit le résultat est souvent là, il suffit d’ailleurs de réaliser un test simple et très efficace :

- Regarder le cheval marcher avant ou après une manipulation pour constater qu’il y a une différence déjà dans la symétrie des hanches et des épaules. Une meilleure fluidité ou toute autre modification visuelle facilement perceptible pour un œil attentif.

Autant l’ostéopathie en tant que médecine d’abord global n’aime pas par principe morceler un corps en parties anatomiques ou en usages ou en race... autant malgré tout il peut être intéressant de regarder parfois par le petit bout de la lorgnette.

Et quand on parle d’endurance une question revient souvent :

- est-ce que les chevaux d’endurance ont des problèmes particuliers ?

Ma réponse serait facilement non dans un premier jet....

- On a bien quelques lignées d’Arabes auxquelles il manquerait une lombaire (5 au lieu de 6), mais il n’y a pas pour moi de quoi fouetter un chat et en tous cas de trouver alors une différence spécifique dans l’occurrence de tel ou tel problème ostéopathique dû à l’absence de la Sixième lombaire.
- Bien sûr le pur sang arabe est un peu plus sur l’oeil qu’un mérens, plus en Orthosympathique qu’en Parasympathique [1], mais les techniques ostéopathiques savent très bien moduler cet aspect et donc n’en font pas pour moi une caractéristique importante.
- mais Alors ?

Alors en y regardant bien l’endurance est un super laboratoire pour l’ostéopathe.

En effet quand un cheval possède des dysfonctions peu douloureuses ce qui est souvent le cas :

- elles peuvent facilement passer inaperçues au pré...on ne lui demande rien il régule lui même ses efforts.
- Si on lui demande un exercice intense et rapide de saut, cela peu passer...ou casser, mais on ne débouchera pas forcément sur une aggravation du problème de dos.
- Si on fait du dressage, on va facilement se rendre compte des problèmes, mais en principe un bon dresseur va arriver soit à entamer une amélioration soit gérer son cheval pour faire autrement...
- Mais si on demande au cheval un effort de plusieurs heures ce qui est le cas en endurance alors on peut être sûr qu’une dysfonction même mineure va ensuite soit elle même se transformer en vrai problème douloureux, soit se répercuter à distance pour en créer un.

En effet, vous avez sans doute croisé à l’entrainement ce cheval qui va bien, rapide et assez fluide, tout juste si on aurait remarqué une petite gêne au sanglage ou une propension à donner un coup de cul au départ au galop à droite. Sur des distance de 20 km tout se passe bien, le vetgate est une formalité...
Quand on arrive à 30 km il devient irrégulier, c’est limite et à 50 km il est boiteux, on l’arrête. On ne voit pas encore vraiment d’où vient le problème malgré une recherche sérieuse.

Il est mis au pré pendant deux semaines, à la reprise de l’entraînement tout semble aller bien, mais à la course suivante le même scénario se reproduit....

 Quelle explication ?

Pour rentrer dans la pensée ostéopathique qui permet ici de penser qu’on a une solution, il faut quitter la biochimie dont nous sommes tous bercés pour aller dans la biophysique.

Imaginez un pont suspendu.

Vous voyez bien Millau ou Tancarville avec les immenses piliers et les nombreux haubans. Imaginez que l’on ai mis sur un des haubans un dispositif qui permette a posteriori de raccourcir un des haubans et un seul. Il est facile d’imaginer la forte tension sur l’attache du hauban sur le tablier, la tension dissymétrique sur le pilier qui entraîne la tension d’un autre hauban et une tension encore plus forte sur l’attache de ce dernier hauban sur le tablier. Admettons que celui ci subisse lui même une tension dissymétrique qui vienne d’ailleurs et le voilà au bord de la rupture de son attache. Au cours d’une tournée d’inspection vous constatez les cisaillements. Que faites vous ? Qu’est ce qui semble le plus logique ?

- 1- Couler l’attache dans le béton pour la solidifier ?
- 2- trouver d’où vient l’anomalie de tension et la réparer ?

Je pense que vous me diriez que la réponse est la deuxième plus ou moins la première selon la gravité mais en tous cas pas la première seule.

De même la voiture...

Celle qui vous emmène en tournée présente sur le pneu avant gauche une usure jusqu’au métal sur l’intérieur alors que vous l’avez mis il y a à peine 1 000 Km. Quelle attitude tenir ?

- 1- changer le pneu ?
- 2- Vérifier dans l’attache du pneu, roulements, direction, parallélisme ?

La réponse sera sans doute 1 & 2 mais ni 2 ni 1 seul.

Dans le même ordre d’idée, ce cheval qui fait un début de tendinite sur le perforant de l’antérieur gauche....

- 1- Allez-vous soigner le tendon seulement ?
- 2- ou bien allez-vous aussi chercher ce qui dans les reports de poids favorise la tendinite ?

Hélas nous n’avons pas appris à dérouler ce genre d’histoire, cela ne fait pas partie de notre culture médicale. Et c’est précisément ce que l’ostéopathie peut apporter.

Ainsi par exemple :

Iska, jument anglo-arabe de compétition il y a un an a sauté un talus au pré et s’est provoqué une tension sur le ligament sacro iliaque droit. Il y a bien eu un jour ou deux où elle avait semblé irrégulière, mais c’est passé et on n’en a plus fait cas.

Bien sûr après l’entrainement depuis ce jour elle était un peu sensible au pansage sur les lombaires, mais rien de bien grave. [2]

Bien sûr depuis Six mois elle est un peu pénible au départ au galop à droite mais rien d’affolant, le cavalier est un bon cavalier et ne se laisse pas impressionner par ce petit coup de cul. [3]

C’est vrai qu’au moment des chaleurs il y a un mois [4], il a fallu arrêter quelques jours tellement les coups de culs étaient violents. Elle n’avait pourtant jamais été pisseuse auparavant.

Il y a deux semaines lors d’un entrainement, l’antérieur droit est passé dans un petit trou de la route et elle a été mal quelques heures mais tout est rentré dans l’ordre. A cette occasion la vertèbre D6 s’est mise en rotation droite, ce qui fait que la jument se sent mieux avec une épaule gauche plus basse que la droite.

Et tout est alors en place pour que Ce Dimanche au moment de la course l’on se retrouve au KM 50 avec un boulet de l’antérieur gauche qui commence à gonfler :

- Gêne sur le bassin et les lombaires, qui impliquent un report de poids sur l’avant main
- Dissymétrie dans les antérieurs qui impliquent un report de poids sur l’antérieur gauche.
- Fatigue et énervement de la course aboutissent alors à un étirement des fibres de l’insertion du perforé, oedème, etc....

Que faut-il faire ?

- soigner le boulet ?
- Permettre à D6 une rotation gauche ? impossible depuis 15 jours.
- Soulager les lombaires fatiguées depuis 6 mois ?
- Permettre à la sacro ilaque le mouvement de supériorité impossible depuis un an ?

Sûrement un peu tout cela non ?

 Conclusion

A la lumière de cette façon de voir qui intègre les notions de dysfonctions ostéopathiques, de chaînes musculaires Dysfonctionnelles, de tenségrité, il apparait qu’on pourrait parfois mieux comprendre les fatalités qui amènent à la blessure en course ou à l’entrainement.

Et en corollaire le cavalier est en droit de penser pouvoir les éviter très facilement :

- En faisant aussi du dressage avec son cheval pour vérifier que tout va bien voire pour l’améliorer avec ces mouvements de gymnastique [5]
- En se préoccupant de dos du cheval et de sa souplesse.....
- En s’inquiètant en amont des qu’apparait une dissymétrie dans le fonctionnement du cheval.

[1Pour résumer vite fait, ce sont les deux versions du système nerveux autonome : l’ortho pour mobiliser les réserves, agent du stress, le Para pour la récupération, agent du Zen ou de la digestion.

[2La sacro-iliaque est bloquée en infériorité entrainant une rotation des lombaires dans le sens opposé

[3Le départ au galop à droite demande un abaissement de la hanche gauche et un relèvement de la droite qui est ici difficile du fait du blocage en infériorité de la sacro iliaque droite

[4L4 & L1 sont par le système nerveux orthosympathique en relation avec l’ovaire et sa capsule ce jour là douloureuse

[5Attention toujours en favorisant les mouvements inverses de la difficulté rencontrée



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