L’Ostéo4pattes

Mateo, Marie, Marco,.....et les autres. (AR)

Créé le : lundi 6 mars 2006 par Patrick Chêne

Dernière modificaton le : vendredi 4 août 2017

Cette assertion de A. taylor Still, fondateur de l’ostéopathie (inventeur du mot ostéopathie et d’une certaine forme d’ostéopathie....) a été reprise comme un grand principe fondamental de l’ostéopathie.
Mais...Car il y a un mais.

Laissez le corps et l’esprit se débrouiller après une manipulation est bien, nous le testons tous les jours, et constatons que c’est bien, mais est ce suffisant ?
Cette façon de faire suppose deux choses :
- une capacité à réagir en une seule fois,
- et une capacité à réfléchir sur les conditions qui ont amené à cet état de chose et à s’en extraire.
Dans le premier cas une pathologie bien ancrée mériterait d’être accompagnée (je n’ai pas dis guidée...) vers un mieux être pour être sûr de ne pas retomber dans l’ornière. Et quand on est cheval à moins de briser sa clôture, il est bien difficile de choisir son train-train (travail , nourriture, conditions de vie...).

Autant de raisons pour que l’ostéopathie soit sous employée et sous efficace chez nos compagnons à quatre pattes. Constat évident quand pendant des années de tournées lointaines, les coup de fil inquiets, disaient que çà c’était aggravé, que çà n’avait pas tenu et que la distance empêchait une revisite facile. Un goût de pas fini, avais-je mal traité cette fois ? Ou bien plusieurs traitements consécutifs auraient été les bienvenus ?
Avec un endroit pour recevoir et garder les chevaux, il est possible de se donner les moyens de tester si en accompagnant tous les jours un petit peu le corps on pouvait avoir des évolutions meilleures et plus profondes.

Le principe est le suivant, pour effectuer un travail global et traiter par plusieurs abords
les chevaux sont pris en pension à la ferme, tenus en box la nuit et au paddock le jour, nourris à l’herbe, au foin (et paille...), et un peu d’orge aplati. Si besoin les dents sont faites et le cheval déferré, deux points de fixité possibles qui gêneraient le travail ostéopathique. Les soins ostéopathiques sont quotidiens mais au bout de quelques temps une séance peut n’être qu’un questionnement du corps en MRP et fonctionnel. Par choix aucun anti-inflammatoire n’est fait (sauf rare exception et pas sur les trois cas suivants) et aucun examen complémentaire n’est réalisé. Deux à trois séances de travail hebdomadaire sont faites pour rectifier un mauvais comportement éventuel (en général dû à la douleur) et pour suivre l’évolution de la locomotion.

Les cas de Mateo, Marie et Marco sont à ce titre très parlants.

MATEO

Mateo est un cheval espagnol de 4 ans est acheté en hollande le 14 avril, il est né en Espagne, débourré, déjà opéré de cryptorchidie.
(fiche complète : http://www.osteo4pattes.info/SAINT-...)
* Après une période de travail quotidien, le 24 avril, gonflement du boulet antérieur gauche (une radio permet de diagnostiquer une arthrose de la dernière phalange),
* le 27 avril fixation de la rotule sur le postérieur g et coliques urinaires, douleur dorsales.

* le 5 mai, gonflement dans l’aine gauche, échographie : rupture musculaire région interne du grasset. Episode fiévreux suite à une mauvaise piqûre dans le cou.

* mi mai, arrivée en France sans boiter, puis reprise importante de la boiterie, une nouvelle radio est passée donnant de l’arthrose dans cet antérieur. Les avis sur une utilisation possible future du cheval sont divergents mais de toutes façons pessimistes.

* le 13 août, Arrivée à saint-ygnan, le propos est parmi tout cela de trier et par l’ostéopathie de lever les douleurs qui ne seraient que dysfonctionnelles et voir ce qu’il reste effectivement après cela avant de décider ce que l’on peut faire de Mateo.

* la première consultation outre une perturbation sur tout le méridien poumon montre surtout et avant tout un fort blocage de l’iliaque gauche qui à lui seul permet d’expliquer quasiment tout ce qui a été observé.

* s’ensuivent des séances quotidiennes d’ostéopathie et des séances bihebdomadaires de travail en longe pour voir où on en est. Et au bout d’un mois mateo repart sans boiter et ne boite plus depuis lors.

MARIE

Marie est une jument qui a pouliné l’hiver dernier et qui’ à mi mai présente une boiterie de l’antérieur droit (niveau 3 à 4/5), pas d’amélioration, même avec les AINS, un réexamen de la boiterie au 16 juillet : niveau 4/5 au pas et au trot, une radio montre des lacunes dans le naviculaire, et dans l’os sous-chondral de l’extrémité distale du paturon.....ferrure à l’envers. Sans résultat jusqu’à ce jour.
(Fiche complète : http://www.osteo4pattes.info./SAINT...)
Le 26/8 elle arrive à la ferme elle présente quatre groupes de dysfonctions,
- Symphyse sphéno-basilaire et nuque
- ilium/sacrum
- D16 et foie
- L4 et utérus droit
Après quelques temps de travail ostéopathique, essentiellement sur la sphère utérine, et un changement de pied boiteux (antérieur gauche), puis au bout d’un mois la pose de plaques sous les antérieurs, la boiterie disparaît quelques jours pour réapparaître un peu sous forme d’irrégularité suite à un travail plus conséquent et disparaître au pas au bout de deux mois mais avec persistance d’une irrégularité au trot.

MARCO

http://www.osteo4pattes.info/SAINT-...

Marco est un jeune espagnol acheté il y a quelques mois, qui s’est mis à boiter brutalement peu après et boite sans répit depuis lors. Après plusieurs avis, le diagnostic de naviculaire a été posé deux fois.
La première consultation à la ferme, montre une boiterie de l’antérieur droit légère mais très nette, l’ostéopathie révèle des tensions crâniennes fortes (ethmoïde) et du bassin, ainsi qu’une forte tension sur L3 et les intestins. Après quelques jours, et un fort travail ostéopathique sur une lésion intra osseuse du sacrum qui se fait jour, les mouvements du bassin deviennent symétriques. Puis la boiterie de l’antérieur droit disparaît pour une gêne de l’antérieur gauche, et au bout de trois semaines ne persiste qu’une petite dissymétrie dans le mouvement de l’épaule gauche, dissymétrie qui disparaîtra avec la ferrure. Deux mois plus tard, à la suite d’une glissade qui a occasionné une entorse du boulet du postérieur gauche, Marco revient et en quelques jours se remet. La petite irrégularité de l’épaule gauche reste et disparaît ensuite, Marco est utilisé normalement.

Mais l’ostéopathie soignerait-elle Maladie naviculaire, arthrose, etc... ?

Manifestement çà y ressemble ou bien en tous les cas le soulagement est manifeste, même si le 100 % n’est pas de mise et si il reste à observer sur la durée.
En effet il est possible que l’on se trompe lourdement sur l’origine de ces maux.
Et si....
Et si le corps était parcouru de lignes de forces, destinées à recevoir les coups et impacts qui se produisent tous les jours (ne serait-ce qu’un pied qui frappe le sol au pas ! ou un coup de mâchoire sur une poignée de foin !).
Et si chaque étage du corps, chaque articulation était faite pour amortir ces excès d’énergies cinétiques dans un mouvement particulier et spécifique.
Rappelons alors que la définition d’une dysfonction ostéopathique est une impossibilité de mouvement d’une articulation au sens large (ex : vertèbre en rotation gauche qui ne peut tourner à droite), que cette anomalie est accompagnée de tensions, or, un matériau tendu amorti moins.
Aussi un corps avec des dysfonctions ostéopathiques voit apparaître des points de blocages dans ces lignes de force, sur lesquels les impacts stagnent ou se dévient.
Mais d’autres articulations essaient de compenser jusqu’à une certaine limite par un amortissement accru à leur niveau et d’autres reçoivent des impacts d’une direction pour laquelle elles ne sont pas préparées.
Ainsi à terme les symptômes cliniques n’apparaîtront pas sur le point de blocage, qui a été douloureux quelque temps mais est passé silencieux en mode chronique.
Les symptômes apparaîtront sur la zone qui travaille deux fois plus que ce pour quoi elle est prévue.
C’est ainsi qu’un cheval d’endurance boitera de l’antérieur droit au trentième kilomètre de chaque course et ira bien après 4 jours de repos et sur l’entraînement suivant de 20 km. Mais si on poursuit vaille que vaille jusqu’à 60 km alors, apparaîtra une tendinite.....
Alors qu’un cheval de CSO deviendra naviculaire, un autre arthrosique.
Des noms divers pour une même cause, la lésion tissulaire quelle qu’elle soit n’apparaîtrait ainsi à terme, que là où aboutissent des lignes de forces inopportunes.
Mais allons plus loin, et s’il suffisait de rétablir l’architecture normale de ces lignes pour soulager la zone considérée et lui permettre de se réparer toute seule ? Et ainsi redonner la parole à Still : le corps possède en lui toute la pharmacie pour se réparer lui-même.
Ma foi, quand on parle d’ostéolyse pour le naviculaire, on sait qu’il y a autant d’ostéoblastes que d’ostéoclastes en fonctionnement. Et si un jour la balance a penché d’un côté, peut être que l’on peut la faire pencher de l’autre. Surtout quand on sait que les phénomènes enzymatiques sont sensibles à la mécano transduction, c’est-à-dire à la tension et à la pression et nous voilà de retour à ce que nous pensons savoir faire en ostéopathie, normaliser les tensions corporelles.
Alors toujours aussi irréversibles ces grands Syndromes du bestiaires des maladies ?



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