L’Ostéo4pattes

ψ22 - Itinéraire d’un Escargot de mer

Créé le : mercredi 2 juillet 2008 par Alfred Manuel

Dernière modificaton le : lundi 4 décembre 2017

J’ai longtemps tourné en rond dans mon œuf, puis, par la force des choses, j’en suis sorti.

Oh, pas d’un coup de corne rageur, mais plutôt par trop plein, par expansion.

La membrane a cédé et je me suis retrouvé immergé, traîné par le courant, amuse-gueule inconscient pour le premier maquereau venu.

J’ai réussi à me caler à l’abri d’un rocher et j’ai repris des forces. Je n’étais pas bien gros, mais j’ai su ce qu’il fallait faire : consolider ma position tout en me fondant dans le paysage.

Une voix intérieure me disait d’investir dans la pierre, de construire mon chez-moi sans m’occuper des autres. Oublier le côté tape-à-l’œil, faire sobre et solide, pas plus grand que nécessaire. Adapter l’espace à mes besoins.

Il était chouette mon petit nid. Pas bien grand, bien sûr, mais au niveau charge, je ne pouvais pas me permettre plus.

Un bon début pour moi en tout cas.

Le temps a passé, j’ai grandi et j’ai été obligé d’envisager plus grand.
Déménager ? J’y ai pensé, bien sûr, mais ce n’est pas le genre de la maison. Dans ma famille, on ne lâche rien, tout est conservé depuis le départ. On agrandit, on développe, on rajoute une pièce, plus grande, cela va de soi, mais on reste accroché aux acquis.

Si je vous disais que papa et maman n’ont jamais habité ensemble ?
Malgré tout l’amour qu’ils se sont porté, ça a toujours été chambre à part, chacun chez soi. C’est de là que je tire mon mode de vie : faire mon petit bonhomme de chemin et surtout ne rien devoir à personne.

Et aussi, vivre dans du neuf, toujours. Pas comme ces squatters qui s’installent après la mort des occupants.

Moi, je suis autonome et j’en suis fier, cela me permet de voyager, d’explorer le monde. J’ai su m’adapter à bien des conditions, même si je prends mon temps, peu d’obstacles m’arrêtent.

J’avance en laissant ma trace.

Je visite les quatre points cardinaux tout en m’enroulant sur mon centre.

Et même si ma croissance m’en éloigne, j’y reste relié, toujours, comme par un fil d’Ariane qui suit le labyrinthe de mes différentes loges.

Je suis dur et tendre à la fois, beau, sensible. J’ai appris à créer des formes parfaites, richement décorées.

Je suis un symbole du temps qui passe, lentement, par cycles, infini.



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