L’Ostéo4pattes

C27 - Ostéopathie & Nutrition

Créé le : mardi 22 janvier 2008 par Patrick Chêne

Dernière modificaton le : jeudi 30 novembre 2017

On lit sur Internet, cet extrait de texte, qui m’a fait réagir :

 Diététicien, Nutritionniste, Naturopathe ou Ostéo ?

« .....L’Ostéopathe :
L’ostéopathe soigne par des manipulations physiques. Récemment réglementée, cette profession jouit d’une certaine reconnaissance tout à fait méritée. L’ennui, c’est que parfois l’ostéopathe veut aussi se mêler de nutrition. On peut se demander d’où il tire sa légitimité en matière de nutrition et, comme pour le nutritionniste, quel est le nombre d’heures de formation en nutrition qu’il a reçu ? Des croyances nutritionnelles diverses plus ou moins fondées se répandent dans le milieu de l’ostéopathie presque sur le mode de la rumeur. « Un tel a dit que, ou fait ci ou ça, et oui ça a marché, CQFD. » Cela manque de rigueur scientifique. A qui faire confiance ? »....

Grégoire Weber, Diététicien

 A qui faire confiance ?

je réagis ici comme vétérinaire, ostéopathe qui a tous les droits requis par la société en matière de santé sur un animal.

Je soigne par exemple maintenant les "symptômes" de la dysplasie du chien en croissance (je n’ai pas dit que je faisais partir la dysplasie...) avec grand bonheur par ostéopathie et conseils alimentaires..tout à contre courant et à l’opposé de certains argumentaires nutritionnistes. L’expérience de 16 ans de soins de cette manière me laissent penser que parfois "le titre" que je défends par ailleurs (ou du moins le temps de formation/maturation qui va avec...) ne fait pas tout hélas et je constate avec un pragmatisme de bon aloi que parfois "les données actuelles de la science " se fourrent dans de fichues impasses dont elle ne veulent pas sortir et regardent avec colère qui lui montre le passage....

Dans ces conditions le titre n’est pas si juste et le paysan accoudé sur sa canne à regarder des brebis peut parfois analyser plus justement sa brebis malade que le vétérinaire bardé de connaissances.

Grande discussion en vue sur le bon sens versus connaissance.

Un jour une mamie m’a porté son chat en annonçant : "mon chat a le diabète", ma réaction de diplômé émérite me fit poser "fortement" la question suivante : "qui êtes vous pour savoir cela ?" (genre : moi je sais et pas vous). La petite réponse timide qui me vint me força à beaucoup d’humilité :

"chaque fois que mon chat fait Pipi, les fourmis viennent boire son urine ! "

Et depuis, chaque fois que j’aurais tendance à croire que mes diplômes et mon expérience sont gages de vérité je repense à cet échange peu glorieux pour moi.

Et si en tant que vétérinaire je deviens très suspicieux sur les nutritionnistes à croquettes pour les chiens en faisant fi d’une certaine conception de la nutrition.... (et là j’ai tous les titres voulus pour m’opposer à mes pairs..) laissez moi aussi penser parfois en tant qu’ostéopathe humain que certaines douleurs articulaires puissent avoir une origine lactée même si je ne suis pas nutritionniste humain et même si la chose est très controversée ( et là je n’ai plus le droit de penser... ?).

Le fondement de ce débat est pour moi le suivant : les gens sont’ils capables de raisonner sur leur santé. Une certaine intelligensia est certainement en train de nous prouver le contraire. Je m’oppose vivement à ce point de vue :
- si un malade a besoin d’aide, une fois la crise passée il devra reprendre les rênes de son corps...
- un adulte en bonne santé doit pouvoir choisir ses conseils de manière variée et diversifiée sans que quiconque puisse prétendre à la vérité, avec quelque titre ou connaissance forcément partielle à l’appui.

La science avec un grand S n’existe pas c’est une mouvance en évolution, ne la figeons pas, ne laissons pas quelques uns "bien moulés" s’en emparer, et redonnons à chacun le pouvoir de décider pour lui ce qui est mieux en développant son outil d’analyse : ce qui me semble le meilleur garant pour ne pas se laisser berner par des gogos "titrés" ou pas.

Personnellement à cette question à qui faire confiance ? je réponds :
- pas à un titre de manière exclusive en tous cas
- pas à une personne en particulier sauf à tester et à me faire mon opinion...
- Et puis est-il donc si sage de morceler le savoir et de séparer les différents soins dont est la nutrition sans la restituer dans une globalité spatiale (tout le corps), temporelle (toute la vie), relationnelle (mon entourage...) ? C’est une deuxième vraie question....

 autre façon de regarder....

Dans la semaine vétérinaire N°1289 se trouve un résumé d’un article de la revue Javma commis en 2006 par G.K.Smith.

Je ne l’ai pas mis dans la rubrique Presse tant cela me parait important.

En résumé :

Une étude longue sur des labradors, montre que sur un groupe de chiots suivis le long de sa vie et dont on restreint les calories de 25 % dans l’alimentation toute la vie, on obtient :

- 1- des chiens à 24 Kg (34 kg pour le groupe témoin)
- 2 - Qui vivent deux ans de plus en moyenne
- 3 - Qui sont à 14% dysplasiques au lieu de 64%  !!!!!
- 4 - Les signes d’arthrose sont retardés....

La conclusion, c’est que le tout croquette à la dose dite par les fabricants est un problème....
Comme expliqué dans cet article de la revue N°5, la solution est effectivement assez simple, mais selon moi impérative chez les grandes races en croissance.

Oui il faut réduire la quantité d’énergie...j’ai vu des chiots rendus à 2 kg de croissance par semaine quand les chiffres que j’avais appris à l’école étaient de 800 g pour un dogue allemand...Or, les chiots n’ont pas changé en 20 ans....

C’est comme les solex et l’éther dans le réservoir, çà carbure très fort...mais pas longtemps....

La plupart des anomalies de posture, de boiteries, de dysplasies du chiot en croissance ont cet excès d’énergie en grande partie pour origine. Le petit trauma supplémentaire lors de la ballade du dimanche n’a été que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase....

La solution la plus simple et que je préconise régulièrement est de passer la ration à 1/3 des croquettes données habituellement et remplacer le volume manquant par des haricots verts en boite (on peu même doubler ce volume sans problèmes).
Cela a l’avantage de diminuer la quantité d’énergie et de protéines largement excédentaire, tout en gardant un volume de repas satisfaisant pour le chien et cela amene aussi de l’eau "liée" à l’aliment ce qui est aussi d’un intérêt non négligeable.

Il n’y a pas besoin d’apporter davantage de calcium ou autre, il y a quand même tout ce qu’il faut.

L’autre solution consiste à repasser à un régime "familial", 1/3 de riz très cuit, 1/3 de Viande, 1/3 de haricot verts.

Il n’est pas la peine de voir dans mes propos ceux d’un "anti-croquettes". Il est juste temps de savoir admettre que certaines préconisations se révèlent erronées.

Les chiens existent depuis des milliers d’années et n’ont mangé des croquettes que depuis 30 ans et ce n’est que maintenant que l’on peut prendre le recul pour voir à quels endroits le métabolisme coince in fine...



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