L’Ostéo4pattes

La jument de Jacky (AR)

Créé le : vendredi 27 janvier 2006 par Alexandre Chichery

Dernière modificaton le : lundi 21 mai 2018

Il est suffisant d’y croire... ou le témoignage d’un praticien !

Qui n’a pas entendu à l’école vétérinaire cette seule phrase sortir de la bouche d’un professeur : « N’oubliez pas que la volonté que vous mettez à soigner un animal est importante... ». Personnellement c’est la seule notion qui m’ait porté à méditer durant mes 4 années d’études. Merci M. Le Professeur Guelfi.

Pour illustrer cette parfaite notion qui a du sens parce qu’elle est saine, naturelle et bonne, je vais vous raconter l’histoire de cette jument de 7 ans qui s’est amaigrit jusqu’à atteindre un état cadavérique.

le jour de notre rencontre... La jument en question bave des litres de salive (entre 1 et 3 l par jour), elle avale sa ration en renversant les ¾ au sol, broute et rumine comme une vache en gardant des boulettes d’herbe dans les joues etc. De fait, elle dépérit au grand dam du propriétaire du club car elle adore les enfants et vice et versa...

La batterie de tests et traitements classiques en terme d’allopathie a bien entendu été écumée : purges, examens sanguins, râpage de dent, cortisone longue action, antibiotiques etc. Le tableau est toujours aussi navrant. Les paramètres sanguins classiques sont bons, tout est normal sauf le cheval ! Et n’ayant pas la possibilité de référer les cas cliniques ailleurs qu’en Australie, ce cheval n’a que moi pour se soigner, ou laisser faire le temps... Et au train où vont les choses, la situation se dégrade encore...

Un examen ostéopathique révèle comme seules dysfonctions C7-C6, puis D7-D6 en fixation. Un examen de l’œsophage par palpation externe révèle un fort intérêt du sujet au creux de l’ars gauche.

Une fois le problème de C7 et D7 résolus la jument semble moins baver mais la sensibilité de l’ars gauche demeure.
Un sondage naso-oesophagien résout spectaculairement cette douleur et au passage du cardia, la jument fait la grimace du fakir qui avale un clou ! Je parfais mes soins en poncturant estomac 36 et la bifurcation jugulaire de chaque coté. Le lendemain cette jument qui ne mangeait rien depuis 4 mois dévore sa ration, ne bave plus et affiche une joie de vivre flagrante !

Voici exactement la démarche que tout un chacun devrait avoir en première intention : vouloir soigner avant de pêcher une théorie valable devant les assurances ou les professeurs d’école ; seuls ceux qui me contrediront n’ont jamais soigné.

Cette démarche a cependant des limites mais elle apporte bien plus de résultats que d’échecs, et quand bien même dans ce dernier cas il restera encore la bibliothèque et l’expérience de nos chers professeurs, afin de ne pas rester en panne professionnelle... Ainsi il est plus facile de soigner avec cette attitude quasi-intuitive agrémentée d’un minimum de savoir pour ne pas nuire. Le résultat ! C’est cela que l’on veut.

Après coup, cette jument a avalé un corps étranger qui s’est fiché dans le cardia permettant une déglutition modérée à nulle ; la zone musculo tendineuse s’est figée localement et à distance autour de cette douleur en fixant C7-C6 et D7 (vertèbre reliée au cardia) ; le nerf vague passant à proximité n’a cessé d’être stimulé, donc n’a cessé d’ordonner la production de salive. St36 a relancé l’activité de l’estomac et la bifurcation jugulaire, l’activité de l’œsophage.

Dans ce même domaine, il faudra remarquer qu’une fouille transrectale en cas de colique peut à elle seule faire passer le spasme pourvu qu’elle soit menée, bien entendu, avec la volonté de soigner...



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