L’Ostéo4pattes

036-Depêche du Samedi 14 Décembre

Cas clinique : Vomissements répétés chez le chien
Créé le : lundi 10 décembre 2007 par Stephan Cayre

Dernière modificaton le : lundi 4 décembre 2017

Un chien colley bleu merle de 1 an et demi est présenté à la consultation d’ostéopathie pour vomissements répétés.

L’animal est très correctement suivi par son vétérinaire traitant habituel , il présente pourtant depuis plusieurs mois des vomissements récurrents à caractère bileux (vomiturations non alimentaires visqueuses de couleur jaunâtre, non liées aux repas) fréquents (une à
deux fois par jour). Divers traitements symptômatiques ont été tentés, mais les vomissements réapparaisent systématiquement dès l’arrêt du traitement. Les analyses demandées sont normales.

A l’examen usuel, aucun signe de pathologie n’est mis en évidence, le chien est dans un état d’embonpoint correct. Il a un comportement de fuite lors de l’approche.

L’examen ostéopathique, met en évidence des dysfonctions : C7 est en latéroflexion gauche, D11 et D12 sont en bloc de rotation droite, L3 est en flexion, et l’articulation sacro-iliaque gauche est en postériorité. Le diaphragme se trouve en tension, ainsi que le ligament falciforme du foie. Les dysfonctions autour des dernières vertèbres dorsales induisent une modification d’efficacité neurologique des nerfs splanchniques (du système ortho-sympathique) et par voie de conséquence du ganglion coeliaque innervant foie et vésicule biliaire.

Les corrections interviennent dans la foulée. Une phytothérapie adjuvante (chelidonium majus) est prescrite à l’animal en vue d’agir sur son anxiété chronique et afin de faciliter l’élimination biliaire.

Le chien est revu pour contrôle ostéopathique 5 semaines plus tard. Les vomissements sont devenus beaucoup moins fréquents, mais le chien a conservé son état anxieux. L’examen ostéopathique ne fait apparaître qu’une seule dysfonction en D10.

La consultation de suivi à un an nous montre un animal moins stressé, en bon état général, dont les vomissements sont devenus sporadiques. Les dysfonctions ostéopathiques mises en évidence alors sont uniquement hépatiques.

Dans le cas de ce chien, la présence unique de la dysfonction viscérale au bout d’un an tend à prouver que l’origine de l’ensemble des troubles ostéo-articulaires et fonctionnels recensés lors de la première visite
est hépatique. La stase sanguine du foie, responsable des tensions au niveau des ligaments de maintien de cet organe dans la cavité abdominale, est elle-même la conséquence d’une modification des influx du système nerveux autonome viscéral. Il est très probable que l’anxiété chronique et très précoce de l’animal soit la cause de cette dégradation de l’intégrité des fonctionnement du SNA. En effet, il est couramment admis que le stress est un facteur d’altération des
fonctions digestives, notamment à cause du rôle fondamental du CRF ( corticotropin releasing factor), qui a des répercutions périphériques de type dopaminergique, et plus particulièrement vasodilatatrices au niveau viscéral.

La simple action sur l’anxiété peut avoir raison des vomissements dans un cas comme celui-ci. Cependant, les dysfonctions ostéo-articulaires secondaires au trouble
hépatique ne seraient alors pas résolues. Sur le long terme, ces perturbations peuvent faire réapparaître
les symptômes digestifs, alors que la cause comportementale initiale a disparu.

La réflexion ostéopathique, et son utilisation dans l’arsenal thérapeutique du praticien, permet de résoudre des phénomènes dont la pathogénie nous échapperait sans cela. C’est entre autres à ce titre qu’elle doit être considérée par l’omni-praticien.



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