L’Ostéo4pattes

C02 - Le Syndrome De L’oeuf (AR)

LE WHIPLASH
Créé le : lundi 30 janvier 2006 par Patrick Chêne

Dernière modificaton le : lundi 20 novembre 2017

Dans la littérature ostéopathique on parle souvent de Whiplash ou coup de fouet ou bien encore de coup du lapin.

Il est déterminé dans le mouvement respiratoire primaire par un asynchronisme entre le sacrum et le crâne.

L e Mouvement respiratoire primaire est un mouvement ressenti dans la main du praticien, de flexion/ extension ou gonflement/ dégonflement alternatif dans le crâne et le sacrum, la dure mère servant de courroie de transmission à un mouvement qui serait initié au niveau du crâne par les cellules gliales et transmis au os de la boîte crânienne par le liquide céphalorachidien.

Cet asynchronisme apparaît en général suite à un choc physique (choc par l’arrière dans une voiture par exemple) ou même émotionnel après une rupture ou un deuil.

Sur le patient en décubitus, une main sous l’occiput et une sous le sacrum on perçoit un décalage dans le temps de flexion du sacrum par rapport à l’occiput qui peut aller jusqu’à l’inversion des temps. On peut aussi avoir une perturbation de rythme avec augmentation ou diminution du rythme du sacrum par rapport au crâne.

Les symptômes observés alors sont éminemment variables mais affectent souvent le tonus général, peuvent être responsable de céphalées et de sensations de douleurs profuses.

La nature de la dysfonction est liquidienne, les solides accélérés par le choc partent aussitôt en avant tandis que les liquides subissant moins directement la poussée partent en retard (liquide céphalo-rachidien) c’est la notion de coup de fouet, d’où un asynchronisme résiduel

CHEZ LES ANIMAUX ?

Mais retrouve t’on ce syndrome chez les autres vertébrés ?

La réponse est oui, les mêmes zones anatomiques existent avec la même physiologie et un même choc donne les mêmes effets, simplement les animaux vivent en général moins de chocs similaires (physiques ou émotionnels).

Toutefois le chien en voiture peut vivre la mésaventure, une moindre masse atténuera le phénomène, que l’on rencontrera parfois entre autres dysfonctions.

Mais sur les gros animaux par contre le phénomène est plus significatif, de par leur taille ils sont plus sensibles. Un cheval possède bien 100 kg de contenu semi liquide dans l’abdomen. Et le plus souvent on rencontrera alors un wiplash vertical et non pas longitudinal. C’est-à-dire une asymétrie colonne/contenu intestinal plutôt que crâne/sacrum même si cette dernière est souvent secondaire à ce type de whiplash. Le moyen de traiter passera par la dysfonction primaire.

Cette dysfonction intervient à la suite d’une chute quand le cheval (ou la vache) a roulé sur lui-même. Pour bien comprendre comment cela se produit, une image me vient souvent :

Comment reconnaître sans le casser un œuf cuit d’un œuf cru ?

En le faisant tourner sur la table et en le stoppant, s’il est cuit et donc entièrement solide, il s’arrête et ne repart pas, par contre si le contenu est liquide, on a arrêté la coquille mais pas son contenu qui continue à tourner par inertie et fait repartir la coquille quand on la lâche. Et bien, un cheval est un œuf....un mérens qui roule dans les pentes de l’estive pyrénéenne, s’arrête en bas brutalement, sauf le contenu intestinal qui continue à tourner et étire les ligaments qui soutiennent les intestins à la voûte lombaire. Cela entraîne une perturbation proprioceptive responsable de troubles globaux (raideur généralisée, apathie). On peut retrouver cela dans une simple chute sans roulade ou a la suite d’un freinage brutal lors d’un transport dans un van, la masse des viscères est alors projetée contre le diaphragme.

Les tests ostéopathiques donnent des lombaires contraintes en particulier L3 sans que l’on puisse le plus souvent lui appliquer les lois de Fryette, et les manipulations structurelles que l’on peut tenter ne sont pas convaincantes, car la tension n’est pas articulaire mais fasciale.

Par contre deux mains placées de chaque côté de l’abdomen et qui partent à la rencontre de la masse intestinale dans une écoute tissulaire, peuvent suivre une tension née de la chute et qui modifie la motilité intrinsèque des organes.

De même qu’une main sur L3 et l’autre sur le bas de l’abdomen projetée vers les viscères donnent une idée de la torsion subie par le système vertèbre/organe.

La résolution se fait en suivant la tension à son paroxysme et en accompagnant le mouvement jusqu’à son terme et un peu au-delà. Jusqu’à ce que l’on retrouve le mouvement pendulaire classique de la masse intestinale. La Troisième lombaire sortie de sa contrainte est alors souvent facile à normaliser dans les techniques structurelles. Des bruits intestinaux très violents peuvent accompagner la résolution, voire provoquer de petites coliques dans les heures qui suivent.

Il est à noter que lors du traitement de la dysfonction la petite aggravation dans la tension tissulaire que l’on imprime inévitablement avec les mains peut chez certains chevaux provoquer un comportement type coliques (taper du pied, agitation) dont il convient de se méfier.

Ces manipulations s’inscrivent bien sûr dans un traitement global.....Mais sont souvent le préalable pour que se produise un travail efficace sur le reste du corps. En effet, j’ai constaté plusieurs cas de méforme ou douleurs dorsales qui ne se résolvaient pas quelque soit la technique tant qu’on n’avait pas accepté de voir le cheval comme un œuf.



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