L’Ostéo4pattes

ψ17/18 - De l’Un au Tout

Créé le : lundi 6 août 2007 par Emmanuel Pommier

Dernière modificaton le : vendredi 1er décembre 2017

Tout d’abord, on peut insister sur le fait qu’un mouvement peut se définir selon deux critères qui, à l’instar du principe YinYang s’associent en différentes proportions afin de le créer : il s’agit de l’espace et du temps.Or on nous apprend que l’acte thérapeutique consiste en un mouvement imposé ou proposé au corps du patient afin de lui permettre de fonctionner autour d’un équilibre retrouvé. Tout le travail en ostéopathie n’est-t-il pas de rendre la présence dans l’instant, d’en finir avec l’état fragmenté : passé - présent - futur, pour retrouver la présence dans l’instant ou tout est en communication pour reprendre une idée chère à Pierre Tricot. Ne sommes nous pas des cuisiniers de l’espace temps ? :
- en figeant le temps du corps pour travailler sur l’espace dans le cas d’un trust par exemple. En effet, on applique un mouvement plus rapide que la vitesse du corps, on fige donc le corps dans le temps et on déplace simultanément une surface corporelle. On a fait varier l’espace temps du patient.
- en figeant l’espace comme dans une pratique "énergétique". Ici rien ne bouge apparemment, mais le temps défile avec un accès aux systèmes de psychogénéalogie, aux kystes émotinnels chers à Upleger.....Là encore, on à fait varier la notion d’espace temps du patient dans ses proportions ESPACE et TEMPS : l’espace étant lié au concept de corps (physique ou autre....) et le temps étant lié à l’aspect physiologique de ce ou ces corps.
Une question vient à l’esprit lorsqu’on travaille dans cette voie de soin qui est de savoir s’il y a un seuil détectable de l’extérieur de la "réalité" du mouvement. En effet, on voit ce qui se déplace à une vitesse perceptible. Or la pensée se déplace à une vitesse dont on ne peut encore connaitre la valeur. Se peut-il que cette vitesse soit de l’ordre de l’imperceptible et donc que le temps nécessaire au déplacement de l’idée, de la pensée soit fugace, si fugace qu’il soit quantité négligeable. Au fond ce que je veux proposer comme point de départ, c’est qu’une idée claire peut servir de technique thérapeutique.Une idée c’est une énergie et cette énergie peut être à elle seule une thérapie. La lecture non dirigiste de l’autre peut-elle être une technique d’équilibrage et si oui dans quelle mesure ? Je crois que c’est possible mais dans la mesure ou l’on ne freine pas en n’y croyant pas.
Il faut commencer par sincèrement se situer au niveau d’un unique point d’appui ( fulcrum ). A partir de cet état on doit essayer de n’avoir comme unique but que d’obtenir une harmonie et ce à quelque niveau que ce soit. Je m’explique, lorsqu’on travaille ainsi, il faut oublier toute structure ( donc tout modèle figé.... ce qui paraît normal lorsqu’on s’intéresse à la vie donc au dynamique) et utiliser sa perception afin de se situer au niveau vibratoire idoine afin de permettre par notre point d’appui de présence de réequilibrer non pas une structure par rapport à une autre mais l’Autre au travers d’un niveau dans son aspect espace-temps. On peut peut être ainsi accéder à l’aspect holistique : retrouver l’autre à chaque niveau. Le déséquilibre se situe à un niveau mais concerne l’Etre dans son entier. Mais là encore il faut préciser ma pensée : il ne s’agit pas lorsque je parle d’un niveau vibratoire d’un aspect, d’un costume revêtu par l’énergie : YinYang, MRP, ....mais du rapport de l’autre au monde. Chaque ouvrage ésotérique insiste sur le fait que tout est interdépendant... ;mais cela, comme le reste demeure des mots sans l’expérience des faits. Cette expérience que l’on recherche dans un niveau de perception "exceptionnel", ne pouvant être atteint que par des initiés est pourtant à notre portée si nous concédons un peut d’attention à nos automatismes. En effets ces derniers sont les liens que nous possédons en commun avec le monde sans nous en rendre compte : nous respirons, nous excrétons.... ces quelques petits riens du quotidien sont pourtant des parties "visibles" de notre liaison au monde. On pourrait dire pour caricaturer que notre esprit tant à nous couper du monde alors que nos réflexes nous montrent la Voie.
La sagesse pourrait donc passer par l’écoute du corps en laissant de côté les messages du cerveau dont les dernières études scientifiques tendent à prouver son rôle d’intégrateur à défaut de commandeur comme cela nous était énoncé jusqu’à présent. De grandes recherches tendent en effet à prouver que le libre arbitre n’existe pas. On prendait conscience d’un mouvement que nous allons effectuer de manière quasi réflexe et notre pouvoir serait plutôt décisionnaire : je fais ou je ne fais pas plûtot que conceptualisateur.

Notre interconnexion avec ce qui nous entoure est donc un fait plus qu’une idée, alors pourquoi peut-on se demander mettre de côté cet aspect dans notre pratique pour isoler le corps de son environnement.
Aussi peut-on se situer comme point d’appui non plus au corps égocentré mais sur un être au sein du monde.
Je crois que cela peut expliquer le fait que dans certains cas on se trouve, lorsqu’on utilise la la posture classique, à devoir se contenter d’évolutions peu flateuses avec des impasses thérapeutiques. Peut-être a-t-on oublié l’essentiel, c’est à dire ce qui entoure celui ou celle qui souffre. En effet, comment croire pouvoir rétablir une harmonie interne sans se soucier de l’externe ? L’être doit communiquer avec tous les aspects de son "intérieur" et il doit aussi communiquer avec l"extérieur". Cela peut aussi donner à penser qu’une zone ne peut retrouver son équilibre que par le mouvement externe et que seule la partie interne est insuffisante ou inappropriée. J’ai en effet souvent eus, à tort me semble-t-il maintenant, cette tendance à équilibrer les zones traitées par rapport à elles mêmes, me trouvant quelques fois devant des impasses. La sensation se fige complètement ; on est dans une voie sans issue.....alors que maintenant je vais avoir tendance à chercher le réel centre du phénomène où et sous quelque forme qu’il soit et utiliser le mouvement, la remise en mouvement et donc l’échange pour permettre à la Santé de circuler normalement. En effet, l’Etre s’adapte aux conditions de vie et parfois il ne peut faire autrement que de se trouver dans un déséquilibre imposé par l’extérieur. Dans ce cas, notre aide doit porter sur l’acceptation, premier pas-sage vers l’évolution.
Afin de permettre de travailler ainsi, on doit à mon sens se situer au delà des formes car sinon le temps de formuler même mentalement tous les systèmes serait infini. Il faut laisser les informations venir à soi.Le plus important semble la détente : ni le mou, ni la contraction, la détente. Il semble que ce soit la voie utilisée par les orientaux afin de se synchroniser aux rythmes naturels. Or ce ryhtme naturel, aussi appelé Wu Wei, n’est-il pas le tempo de la libre circulation de l’énergie. On sait bien maintenant que cette énergie peut revêtir différents aspects, du plus éthéré : pensée, intuition, jusqu’au niveau structurel, le corps et ce selon à mon sens le continuum espace temps utilisé par l’observateur. Chaque tissu possède sa propre vitesse de fonctionnement, depuis sa physiologie jusqu’à son déplacement. C’est la mise en phase avec cette vitesse qui permet au thérapeute d’accompagner des tissus sans les agresser.....la fameuse main de l’ostéopathe. Chaque corps peut être perçu comme une partie du Tout et à ce titre, s’il possède sa propre vitesse, l’harmonie du Tout passe par une synchronisation des corps avec leur environnement. C’est ce que j’ai cru comprendre dans cette notion du Wu Wei des Chinois. Le Tout, ce qui est extérieur ( mais l’est-il vraiment si l’on prend l’exemple de l’air, de l’eau....? ) possède son propre rythme que l’on peut appréhender par la détente corporelle et intellectuelle. Lorsqu’on parvient à harmoniser notre corps, on peut trouver un niveau de relachement qui permet la libre circulation de l’énergie, interne et externe. Les praticiens d’arts martiaux dits internes utilisent ce principe pour "coller" à leur partenaire et le déséquilibrer dès que ce dernier quitte sa juste posture. On peut se servir de cela dans notre façons de soigner. En effet, on peut considérer que le relachement est un préalable à la rencontre avec nos patients. L’harmonie corps esprit permet une ouverture à l’autre. Cette mise en phase avec le Tout permet de trouver instantannément les zones de blocage d’énergie chez l’autre et ce sans avoir à intellectualiser à priori : concept cranio sacré, concept fascial, concept mécaniste, concept MRP....
Pour ce faire, on peut prendre comme objet d’étude une sensation car il s’agit d’une notion plus ou moins symbolique dans la mesure ou sa définition précise est impossible. Mais si la définition est sans cesse en évolution, le mouvement de cette sensation peut être précisé comme étant celui d’une amplitude en augmentation sans arrêt, comme infinie. Si un arrêt existe, c’est le signe d’un déséquilibre à un niveau donné. Il "suffit" de se situer à ce niveau, en rappelant que l’on doit considérer l’Etre dans son entier à ce niveau et non un niveau de l’Etre par rapport aux autres. En plaçant le niveau vibratoire de l’Etre au niveau indiqué, on lui permet de retablir son harmonie avec le monde, avec l’absolu. Le travail s’arrête lorsque l’amplitude semble infinie.Dans cette pratique, notre être en entier, sert de révélateur aux déséquilibres de l’autre. La pensée n’est plus la seule à guider notre diagnostic, il s’agit d’un diagnostique holistique. Le traitement consiste de la même façon à accompagner le corps, qu’elle que soit la densité énergétique de celui ci ( YinYang, MRP, fascia, Tissu....), à la vitesse de l’énergie afin de permettre la remise en harmonie. Attention, là, je vais vous faire part de na petite expérience dans cette voie de travail : il faut toujours plus penser à son corps qu’à son idée. Il me semble que nous sommes des hypertrophiés des idées et des atrophiés du corps. Ce que je veux dire par là, c’est qu’on à vite tendance à se concentrer sur une idée de relachement énergétque chez l’autre...en se crispant complètement dans notre corps. Il faut veiller à être en harmonie durant tout le soin. Aucune part ne doit prendre le dessus sur l’autre. C’est le travail d’une vie de soignant et d’une vie de pratiquant.
En pratiquant ainsi, on accède aussi à la partie de l’équilibre de l’autre par rapport à l’environnement. On ne peut plus uniquement centrer notre travail sur le corps en lui même, on se trouve confronté aux rapports à l’extérieur si ceux-ci constituent le problème d’harmonie chez l’autre.
Afin de trouver cette sensation du Wu Wei, on peut pratiquer la pousée des mains dont j’ai pu parler précédemment et garder à l’esprit que notre Etre fonctionne selon le modèle du Taï Chi : la complémentarité. Lorsqu’on veut vraiment trop, on se contracte et on tombe et cela se retrouve dans beaucoup de situation de la vie. Il faut chercher à faire les choses sans blocage, sans tension. Cela ne veut pas dire être mou. On peut être au contraire tout à fait déterminé mais le corps doit être relaché. De même il ne faut pas avoir d’idée fixe.....l’arrêt, c’est la mort, alors il faut garder un relachement aussi dans les idées, une plasticité qui permet l’adaptation. Il faut laisser le temps à l’énergie de circuler, amorcer et observer l’évolution. Ce ryhtme est lent, il s’agit plutôt d’une sensation d’inertie. On sent lorsqu’on se trouve synchrone qu’on est baigné dans quelque chose qui nous dépasse, on fait partie d’un Tout. Plus pratiquement, le corps et l’esprit ne présentent pas de blocage, lorsqu’on procède à un mouvement, c’est l’ensemble de notre Etre qui y participe. Le corps bouge comme un "bloc", non dans le sens de la rigidité mais dans le sens de l’unité. On peut ressentir le mouvement jusqu’au bout de ses pieds. Si le corps ne bouge pas dans son ensemble, si toutes les parties ne participent pas au mouvement, c’est que l’on va trop vite pour un débutant ou que l’on est tendu quelque part. Il faut en quelque sorte se laisser porter par cequi nous entoure, utiliser le moins de force possible. La force bloque les articulations qui empêche l’énergie de jaillir comme elle devrait. C’est pour cela que le Taï Chi par exemple demande une organisation arrondie du corps, sans point d’arrêt comme un angle trop fermé. L’harmonie nait du déplacement ininterrompu de l’énergie.On parle de fluidité. A mon sens la pratique ostéopathique peut être fluide si l’on s’en donne les moyens et ce quel que soit le support technique utilié : structurel, fluidique, fascial..... et si l’on travaille notre propre harmonie. On peut ainsi peut être expliquer cette sensation particulière en fin de séance, de même que ces profonds inspirs qui peuvent se produire durant le soin : il s’agit d’une participation au retour à l’harmonie. On peut prendre comme symbole de l’Etre un ballon dont l’espace serait la paroi du ballon et le temps l’air qui le rempli.Les deux sont commes des concepts antagonistes qui s’équilibrent mutuellement avec une dépense énergétique minimale....on peut peut être ainsi avoir un lien avec la tenségrité !!!
On rejoint aussi les techniques utilisées pour la prise de poul et cette notion de YinYang qu’on à beaucoup de mal à parcourir entièrement avec nos concepts occidentaux.
On peut aussi se demander ce qui freine la possibilité de la mise en place de la simplicité. A mon avis il s’agit de la Peur. La plus grande limite à une action est contenue dans la peur qu’elle peut générer : peur de réussir, peur d’échouer...ces deux peurs étant l’absence de confiance en soi qu’on cherche à conforter par le résultat. Mais il existe d’autres peurs qu’on peut plus profondemment regrouper sous le terme de peur de l’inconnu, la peur de changer, peur de ce qui peut advenir.....et si ce qu’on pense était vraiment possible !!!
En fait on peut agir à notre insu de façon schizophrénique en voulant faire quelque chose et en même temps en étant par ses propres limites mentales et structurelles le frein à cette action. C’est comme si l’on roulait avec le frein à main. On perd beaucoup d’énergie en ne prenant pas garde à ce détail !!!!. Seule une mise en solution, une dissolution de notre Etre dans l’instant peut permettre une absence totale d’entrave. Si l’énergie de la Vie n’arrive pas à aller à un endroit ( ce qui arrive dans tous les déséquilibres que nous voulons traiter, du plus structurel au plus éthéré ! ), il ne faut pas en rajouter avec nos propres freins. Pour ce faire, on doit se situer au delà de nos concepts ou tout du moins au delà de ceux qu’on nous a appris, dans le niveau nécessaire à la réorganisation instantannée de l’autre. En effet, il doit bien y avoir un "lieu" ( il s’agit en fait plutôt d’un espace temps ) d’où part le déséquilibre de l’autre. Cela peut aller à l’encontre de l’idée habituellemnt reçue selon laquelle le déséquilibre se situe toujours au sein du patient. Ce déséquilibre n’est peut être qu’une conséquence. En introduisant une vision taoïste, on peut penser que le déséquilibre "observé" n’est qu’une densification, de la mise en structure d’un système énergétique non harmonieux, qu’il soit à l’intérieur ou à l ’extérieur du patient. Si l’on arrive à situer ce que l’on est : un point d’appui, au niveau responsable, on permet de retrouver l’harmonie au niveau structurel et ce de façon durable. Durable dans le sens d’un équilibre résolu et non figé...tout dépendra des situations de vie suivantes. On peut prendre l’analogie avec le robinet dont il faut permettre l’ouverture à un certain niveau afin d’inonder les niveaux "inférieurs".
Afin de pouvoir, procéder ainsi, il faut réussir à être en harmonie avec ses pensées, que les pensées et la volonté ne soient pas en conflit. En effet tout conflit est une perte d’énergie, or l’énergie est la "matière" de tout traitement alors autant en disposer d’un maximum. Il faut se situer soit même en harmonie énergétique afin de ne pas donner une appélation de miracle à quelque chose qui est peut être naturel dans de telles dispositions. Si tout circule librement, les systèmes sont fluides et le résultat est peut être instantané. Si l’on est capable de faire évoluer la notion d’espace-temps, l’instant contient l’éternité, alors pourquoi faudrait-il attendre pour que l’équilibre se produise ? Pourquoi rester prisonnier de ce que les autres on dit comme étant la vérité. Ces propos si sur d’eux ne sont-ils pas en fait des béquilles pour se tenir péniblement dans la vie au lieu d’y cirucler librement. Pourquoi croire si facilement au moins.... et si la Vie ne désirait que le plus. N’a-t-on pas constaté que le moins attire son analogue et le plus réciproquement. Ne restons pas dans un niveau de compréhension qui peut orienter vers la sclérose.... prenons le risque de croire au possible. Ne voyons pas un jugement de soit dans le résultat obtenu par notre travail mais voyons cela comme une orientatoin donnée aux évènements avec toute une vie de recherche pour affiner la direction.
Le miracle n’est pas d’obtenir par chance un résultat dépassant toute espérance mais au contraire de changer dans le fait de n’avoir plus de frein à l’espoir.



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