L’Ostéo4pattes

K20 - L’incontinence urinaire chez le chien.

Créé le : samedi 23 juin 2007 par Catherine Brassaud

Dernière modificaton le : vendredi 1er décembre 2017

J’aimerais confronter par le biais de cet article les cas de deux bergers allemands souffrant d’incontinence urinaire et abordés par l’ostéopathie.

Le premier cas, vu en janvier de cette année, est une jeune chienne de 4 ans dont la consultation est principalement motivée par un accident de la route ayant eu lieu 6 semaines au préalable. Selon sa propriétaire, la chienne présente depuis lors une sensibilité à la palpation du dos et se gratte beaucoup. Elle est par ailleurs devenue incontinente depuis sa stérilisation survenue dans la même période et traitée par son vétérinaire. Cette incontinence se manifeste seulement de temps en temps par une perte d’urine en faible quantité.

Des dysfonctions sont identifiées chez cet animal au niveau de la charnière lombo-sacrée et de l’os coxal droit avec une compensation sur la charnière thoraco-lombaire. Ces dysfonctions sont attribuées à l’accident et traitées. De plus, le traitement de L7/S1 offre une possibilité de soulager l’incontinence malgré la fréquence des cas rapportés d’incontinence urinaire après stérilisation des chiennes. En effet, la manipulation agit sur l’innervation orthosympathique et parasympathique de l’appareil uro-génital - et notamment de la vessie et de l’urètre - qui émerge de la zone lombo-sacrée pour participer au plexus pelvien (Goody, 1997).

Malheureusement, la propriétaire rapporte un soulagement locomoteur uniquement. L’incontinence se manifeste toujours sporadiquement.

Le deuxième chien est un mâle de 9 ans qui souffre de plusieurs pathologies dont une incontinence urinaire chronique depuis plusieurs mois, une hypertrophie de la prostate, un épaississement de la paroi de la vessie, une spondylose de la charnière lombo-sacrée et de la dysplasie des deux hanches. Ces pathologies ont été diagnostiquées par imagerie et chien est sous traitement médicamenteux.

L’animal est vu une première fois à la fin du mois de mars de cette année. L’analyse ostéopathique met en évidence des dysfonctions du bassin et de la charnière lombo-sacrée (os coxal gauche, sacrum, dernière lombaire), de la cinquième lombaire, de la deuxième lombaire, des deux articulations coxo-fémorales (en lien avec la dysplasie) et des doigts du postérieur droit compensatoires. La locomotion est difficile, légèrement ataxique. L’approche palpatoire indique également des dysfonctions des vertèbres cervicales et des épaules, mais l’importance des dysfonctions de l’arrière-main et le comportement du chien sur la défensive ne permettent pas de traiter également l’avant-main lors de cette première séance.

Le chien est donc revu à la fin du mois d’avril. Le changement est phénoménal : la locomotion est nettement améliorée, l’incontinence est totalement résorbée et l’ensemble des traitements médicamenteux arrêtés. Selon ses propriétaires, « le chien a gagné deux ans, retrouvé ses comportements de jeu, il urine beaucoup plus facilement et la serpillière est retournée au placard ». Les testing des différentes dysfonctions réduites lors de la première séance permet de vérifier qu’aucune d’entre elles ne s’est réinstallée. Le traitement ostéopathique est alors terminé en soulageant les dysfonctions de la première vertèbre cervicale, de la charnière cervico-dorsale et des épaules (droite compensatoire et gauche en lien avec un ancien trauma).

Sur la base de ces deux cas, il est difficile de tirer des conclusions fondées. Ces chiens de même race présentaient tous deux un inconfort locomoteur basé sur certaines dysfonctions similaires, celles du bassin et de la charnière lombo-sacrée. Comme mentionné précédemment, du point de vue de l’innervation, l’incontinence peut être imputable à une dysfonction de L7/S1. Il est à noter ici que les dysfonctions du berger mâle paraissaient beaucoup plus importantes et installées sur la base de la difficulté à les réduire. Non seulement le travail des tissus en dysfonction a nécessité beaucoup plus de temps, mais le chien montrait également des signes de peur et de douleur à la palpation et à la manipulation de l’arrière-main et plus particulièrement du sacrum.

Par ailleurs, les dysfonctions de L2 et L5 chez ce même sujet pouvaient se répercuter respectivement sur les ganglions mésentériques cranial et caudal reliés par le nerf intermésentérique et émettant des rameaux nerveux pour les reins et les uretères (Goody, 1997). Sans paraître jouer un réel rôle dans l’incontinence, ces dysfonctions affectaient néanmoins l’appareil et la fonction urinaires.

Référence :
- Goody, Peter C. « Dog Anatomy. A pictorial approach to canine structure », 1997, ed. Allen



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