L’Ostéo4pattes

Ostéoquantum

Quantité insécable
Créé le : samedi 5 mars 2016 par Severine Deretz

Dernière modificaton le : vendredi 11 mars 2016

Pour que l’ostéopathie vive, ne doit-elle pas être libre, ouverte, en mouvement ? N’apparait-il pas inutile et superflu de la qualifier (énergétique, tissulaire, fluidique, viscérale, structurelle..) donc de la restreindre à l’un de ses composants ? Après tout, pourquoi le principe de globalité qui s’applique à sa pratique ne s’appliquerait pas aussi à sa définition ? Et si l’ostéopathie n’avait pas de limite.. ?

Il semble bien que la structure corporelle soit enveloppée dans un champ morphogénétique aux possibilités quasi-infinies car baignant dans 70% d’eau, organisée en un réseau de fascias conducteurs et de neurones connectés et renouvelant chaque année plus de 95% de ses cellules.. Le corps, n’est-il pas modelé à partir d’une cellule matrice et en recherche perpétuelle d’équilibre, d’homéostasie ? Bref, la guérison serait bel et bien une prérogative de l’organisme ! Mais dans ce cas, quelle pourrait être la fonction du thérapeute ?

Quel que soit le milieu considéré - matière ou ‘soupe quantique’ - le corps doit encaisser les ondes de choc brutales ou les afflux chroniques et déséquilibrés d’énergie, d’origine viscérale, ostéo-articulaire, émotionnelle.. Deux options se présentent alors : (1) soit cet excédent d’énergie le traverse sans dommage durable, du fait de l’ouverture et de la liberté de mouvement des fluides, tissus, fascias (2) soit l’intensité et/ou la durée du déséquilibre sont tels que le corps ne parvient pas à dissiper cet excédent d’énergie qui a alors toutes les chances de rester bloqué.. Pour protéger les structures environnantes, pour permettre au système de fonctionner, le corps cherche en effet à isoler le segment, la zone altérée ou la mémoire erronée que le cerveau encode dans sa langue natale..
Dans cette restriction de mouvement, la matière se densifie, les fluides stagnent, les cellules se perdent, l’énergie ne circule plus : la zone enkystée risque fort d’avoir un impact sur l’ensemble des plans corporels. Alors la main est-elle suffisante pour contacter ces différents plans et ré-harmoniser le système dans sa globalité et de façon durable ? Et la main, est-elle le seul instrument dont dispose l’ostéopathe ?

La réponse à ces questions sera toujours, au minimum, ‘oui mais..’ (i.e. : ‘l’ostéopathie ne peut être que structurelle mais.. dans notre pratique, nous ne pouvons ignorer l’intérêt du stretching, du TGO, du crânio-sacré, du shiatsu ou tout simplement de l’intention..’). Il y aurait donc dans l’intervention subtile un prolongement naturel voire incontournable à l’intervention structurelle.
Mais encore ? De quel subtilité parle-t-on ? Qu’est ce qui constitue le dénominateur commun aux approches énergétiques, tissulaires, fluidiques ? Comment le praticien développe-t-il cette sensibilité et accède-t-il à ces mouvements subtiles que les machines, aussi sophistiquées soient-elles, ont tant de mal à mesurer ? En d’autres termes : de quoi disposent les hommes que les machines n’ont pas.. ?

Eh bien appelez ça comme vous voulez, l’âme, le cœur, l’esprit ! Il s’agira toujours d’une forme de ‘conscience’ ! Et il semblerait bien que cette conscience ne soit pas qu’un simple agrément pour les puristes mais pourrait constituer La passerelle d’accès aux différents plans corporels.. Peut-être même se trouve-t-elle au cœur du soin et permet-elle de canaliser l’attention et d’étendre la sensibilité de la main à un champ immense de possibilités ! A contrario, il n’y a pas de doute sur le fait que le praticien qui limite ses instruments à sa main pour une intervention structurelle, ne pourra contacter que la matière.
Mais pour accéder à cette conscience, que faut-il développer ? Plusieurs années de méditation sur un sommet du Népal sont-elles nécessaires pour approcher ces états modifiés de conscience ?

Bon, il faut reconnaître que les tensions, les déséquilibres, les peurs donc l’agitation mentale imposée par notre mode de vie sont peu compatibles avec un état de présence dans lequel nous devrions pourtant tous ‘être’. Cet ‘état d’être’ ou ce qui reste après avoir éliminé l’état de ‘vouloir’, ‘d’agir’, ‘de dire’, ‘de faire’, etc.. ‘Etre’ tout simplement présent à soi et à ce qui est, au présent ! Ne serait-ce qu’être conscient de sa respiration : première étape ultra simple qui a pourtant tant d’importance et qui, à elle seule, pourrait bien constituer le chemin et le but.

Essayez, cinq minutes ! Inspirez consciemment en sentant ce temps de suspension avant le mouvement inverse d’expiration, suivi d’un temps là aussi suspendu avant de prendre une nouvelle inspiration. Cinq minutes suffisent pour approcher cet état de conscience sans lequel aucune autre porte que celle de la matière ne saurait être ouverte..
Et cinq minutes avant un soin, voire cinq minutes par jour suffisent déjà à calmer notre mental fougueux, émotif, sensible dont l’agitation perpétuelle détourne inévitablement l’attention ! Ce mental qui raisonne, doute, cherche des réponses dans ses mémoires, ses références et qui, à force de rationalité, risque bien d’être à l’origine d’erreurs d’appréciation nécessairement subjectives. Cinq minutes pour apprendre à observer ses émotions et autres pensées aller et venir, pour mieux contacter ce que nous sommes, au fond. Cinq petites minutes pour apprendre à mieux écouter, se fondre avec le tissu, ressentir avec son cœur ou avec son corps tout entier, pour évaluer et induire plus finement ce qui est juste (ouverture, résolution, détente, circulation, bien être, mouvement). Et finalement, cinq minutes pour développer de réelles capacités d’intuition, d’intelligence émotionnelle utiles pour naviguer parmi ces épreuves que la vie nous propose.. Cercle vertueux qui ressource et remplit notre corne d’abondance qui à son tour enrichit le soin d’une in-tension humble et détachée !

Par sa main appuyée de cette attention purifiée de l’égo, le praticien devient alors co-créateur de la résolution. Quel que soit le plan du corps qu’il contactera (structurel, tissulaire, fluidique), il ajoutera par la suggestion cette dimension ‘énergétique’ nécessaire à l’auto-guérison. N’est ce pas finalement sur ces principes subtiles et néanmoins fondamentaux que l’ostéopathie a été fondée et qui la définissent le mieux ?

Synthèse de lectures inspirantes, vers une pratique de l’ostéopathie ouverte et partagée



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