L’Ostéo4pattes

36C - Oscillateurs Neuronaux, Isopraxie, Intersubjectivité, Empathie......(rés)

Créé le : samedi 13 juin 2015 par Ostéo4pattes-Vetosteo

Dernière modificaton le : samedi 13 juin 2015

Les réseaux de neurones et oscillateurs : une notion exploitée largement par les roboticiens, par les analystes financiers, effleurant dans la neurobiologie mais totalement inconnue des cliniciens alors que leur étude permet de comprendre l’empathie, l’effet placebo, l’effet nocébo entre autres et que leur utilisation consciente renforce le soin d’un ostéopathe.
D’où ce texte, dont le but est de pointer du doigt le fonctionnement même de l’ostéopathie dans sa partie diagnostique et traitante qui est une actualisation et un développement de la partie théorique d’un mémoire réalisé pour l’obtention du D.O. : Le centaure : hippothèse d’une relation dysfonctionnelle entre le cheval et son cavalier.

Il a semblé intéressant de revenir sur le sujet et de le développer à nouveau parce que ces couplages neuronaux semblent donner des clés fondamentales pour la compréhension de l’ostéopathie et de son fonctionnement. Alors que d’aucuns voudraient les effacer du référentiel d’ostéopathie vétérinaire ....

 L’observation dans le travail et dans le soin d’un couple particulier l’homme sur son cheval.

Qu’il soit cavalier de dressage, de sauts d’obstacle, d’endurance ou de polo, son ambition est, ni plus ni moins, à force de travail, de faire exécuter à sa monture le moindre des mouvements nécessaire à l’exercice de style qu’il lui impose.

Pendant quelques instants, il va essayer de ranimer une figure mythique : le Centaure. Le cheval sera une annexe de son corps, qu’il englobe de ses jambes, pour le faire sauter, tourner, accélérer, exécuter des figures complexes : piaffer, serpentine, etc.….

Pour cela il se sert de sa pensée certes mais aussi de son corps qui par des mouvements parfois très fins va pouvoir orienter le mouvement du cheval dans le sens souhaité. L’assiette, c’est-à-dire la position du bassin et de la colonne vertébrale, les aides : jambes, mains, sont autant de moyens pour ralentir, accélérer, changer d’allure, demander une incurvation, un rassembler, etc.…

Dés lors, on comprend que cette biomécanique à deux fonctionne sur un mode symbiotique et nécessite une excellente volonté du cheval, un savoir faire minutieux, un long entraînement.

Et ce qui est rarement dit dans un livre d’équitation mais qui saute aux yeux d’un ostéopathe :
- une absence de dysfonction importante dans chacun des deux corps pour pouvoir s’exprimer au mieux et exécuter sans fatigue tous les mouvements demandés.
- Sous peine, pour le cavalier douloureux de ne pouvoir à chaque instant garder son équilibre, et de mal passer ses ordres à un cheval qui ne comprendra pas le mouvement demandé quand le mouvement habituel du cavalier manquera d’amplitude.
- Et sous peine pour le cheval douloureux de ne pas réussir à exécuter le mouvement demandé : ce qui est fâcheux, voire dangereux au moment d’un saut, et inesthétique pour une figure de dressage manquant de fluidité.

Mais, pour avoir souvent soigné des couples cheval/cavalier, il apparaît aussi évident que des compensations se mettent en place, qui permettent quand même le travail.

Si dans un corps ces notions de dysfonctions primaires et secondaires, de chaînes lésionnelles sont bien connues, il n’en est pas de même pour deux corps liés l’espace d’un travail.

Pourtant notre expérience nous a souvent amené à constater des dysfonctions similaires sur le cheval et sur son cavalier. Ces exemples répétitifs ne nous semblent pas devoir être le fruit du hasard :
- Même tension du diaphragme, même tension sur le bassin des deux collaborateurs…
- Même dysfonction de la quatrième lombaire sur tous les chevaux montés par un même cavalier ayant eu une mauvaise fracture du tibia….
- Cavalière émue qui s’évanouit quand on manipule le foie de son fidèle destrier.

Les exemples pourraient se multiplier. Et ce fut l’objet d’un mémoire que de montrer par une petite étude clinique l’aspect croisé des dysfonctions du bassin sur le cheval et le cavalier habitués à travailler ensemble.

Mais cette évidence d’un côté, cette première approche d’un autre côté (cf bibliographie pour d’autres approches expérimentales allant dans le même sens), nous pose la question de la façon dont se transmettent ces variations de postures dans un premier temps et ces dysfonctions dans un deuxième temps.

Très vite on se rend compte que l’aspect mécanique pur ne suffit pas à expliquer ce qui se passe et il nous faut nous pencher sur des notions d’empathie, d’intersubjectivité, de cœnesthésie, de proprioception et sur les supports nerveux qui les sous tendent : les oscillateurs neuronaux.

Un oscillateur est par définition un système physique en mouvement cyclique et qui possède une fréquence propre, dite fréquence de résonance. Une particularité des ces systèmes est que tous les systèmes ayant la même fréquence propre peuvent se laisser entraîner les uns les autres dans le mouvement d’oscillation. Le premier exemple célèbre est celui des pendules de Huyghens, horloger dont les pendules en marche entraînaient les pendules non remontées. Un petit détour mathématique qui plante le décor est ici : par exemple.

Il se trouve que l’on découvre dans les systèmes biologiques de tels oscillateurs en quantité. Ils ont pour but d’automatiser et de simplifier la mise en œuvre de mouvements complexes ou répétitifs. Ce sont en particulier les faisceaux de Hiss et autres pace-maker du cœur, lescellules de Cajal de l’intestin..... Ils sont importants pour la marche, mais aussi pour l’appréciation du temps qui passe ... l’alternance veille/sommeil, etc .... réseaux biologiques

Pourtant en médecine nous n’avons pas l’habitude de les manipuler pour ce qu’ils sont et pour leur propriétés intrinsèques, ils sont là dans le moindre encéphalogramme, mais nous en étudions leurs effets sans penser une seconde qu’ils puissent être la clé de la pathologie observée dans certains cas. Tout au plus quelques expériences pour déstresser sont elles menées ... cohérence cardiaque, mais pas de réelle nécessité médicale, et pourtant ....

Nous retrouverons donc des travaux sur les oscillateurs et leur conséquences en :
- Robotique : http://www.montefiore.ulg.ac.be/~defays/, homme réparé,augmenté, http://dailygeekshow.com/2012/10/29....
- en finance : http://fr.wikipedia.org/wiki/Stocha...
- En sociologie : Les Horloges Sympathiques : L’organisation Sociale au Rythme
de la Syntonisation

- Et même si l’empathie semble être leur apport principal ... silence radio en pathologie et en soin ....

En particulier, les oscillateurs neuronaux sont des groupes de neurones qui pulsent ensemble en permanence avec une certaine fréquence et sont capables d’entraîner en rythme d’autres oscillateurs ...C’est ce qu’on appelle l’accrochage...

Ainsi, par exemple et en simplifiant, me disant, je veux marcher... j’envoie un signal unique vers mon oscillateur principal de la marche à qui je donne l’ordre "d’accrocher" les oscillateurs responsables de la flexion et de l’extension, pour la jambe droite et la jambe gauche, chacun fonctionnant en déphasage dans un rythme à deux temps, je fléchit et avance la jambe droite, pendant que j’étends et laisse reculer la jambe gauche, puis j’inverse.

T0 : envoi de l’ordre de marche oscillateur Principal (OP), mise en route
T1 : Accrochage des oscillateurs flexion/extension oscillateur flexion G Position1 OP oscillateur extension D
T2 : Accrochage des oscillateurs extension/Flexion oscillateur extension G stop Position2 OP oscillateur flexion D stop
T3, Etc... : Accrochage des oscillateurs flexion/extension stop oscillateur flexion G Position1 OP stop oscillateur extension D

Vous rajoutez dessus quelques oscillateurs rotateurs et stabilisateurs et vous obtenez un merveilleux moteur à deux temps qui peut vous emmener économiquement très loin auquel vous n’avez plus qu’à donner des ordres d’accélération, de ralentissement, d’incurvation de la trajectoire, d’arrêt. Un système fiable et économe.

 Mais quel intérêt, me direz vous, c’est une cuisine interne au corps, automatique que peux t’on y faire ?

Sauf que, l’accrochage des oscillateurs est une caractéristique physique qui dépend de la nature de l’oscillateur (pour s’accrocher deux oscillateurs doivent avoir la même fréquence de résonance) et en aucun cas de sa position, ainsi deux oscillateurs semblables de deux corps différents qui se côtoient peuvent s’accrocher et partir dans un fonctionnement conjoint ...

C’est l’histoire des neurones miroirs ....


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- Sommaire de ce numéro : Revue 36C (juin 2015)



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