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35C - La latéralité motrice du Cheval

Créé le : lundi 16 mars 2015 par Ostéo4pattes-Vetosteo

Dernière modificaton le : lundi 16 mars 2015

Cet article est la synthèse du travail de thèse de Doctorat Vétérinaire d’Agnès Beaufils.

La latéralité est une problématique essentielle à prendre en compte en équitation, tout comme dans les examens locomoteurs ou ostéopathiques. Lorsqu’on m’a proposé ce sujet, j’ai tout de suite fait le lien avec différents principes utilisés quotidiennement en ostéopathie comme la torsion physiologique, l’appréciation du MRP ou simplement les tests de mobilisation actifs ou passifs. Très vite passionnée par le sujet, j’avais l’espoir de faire un parallèle entre biomécanique, étude locomotrice du Cheval et tests ostéopathiques.

Mais après mes recherches bibliographiques j’ai rapidement été déçue par le peu de données satisfaisantes sur le sujet et je sentais que mon objectif initial ne pourrait pas être atteint dans le temps imparti. Sans me décourager j’ai alors entrepris de réaliser moi-même cette première partie, plus cartésienne mais néanmoins passionnante, afin de proposer une définition de la latéralité du Cheval.

 Qu’en dit la littérature ?

Qu’est-ce réellement que la latéralité chez le Cheval ? Pour mieux comprendre cette notion il est important de s’intéresser à ce qui a été établi chez l’homme.

G. Azmar, en 1975, définit la latéralité comme étant « les caractères et les états des asymétries fonctionnelles observées au niveau des éléments corporels (main, œil, pied) et qui se traduisent par une prévalence d’un élément sur son homologue lors de conduites spontanées ou dirigées ».

Il définit également la latéralisation comme étant « les processus sur lesquels reposent l’orientation et l’organisation de la prévalence, que ces processus soient d’origine interne (facteurs maturationnels, neurobiologiques et neuropathologiques) ou externe (expériences motrices du sujet, pressions socioculturelles) ». Ainsi, la latéralisation s’établit avec la maturation de l’organisme. Mais, même si une influence de l’environnement est possible, la latéralité est unique, elle est déterminée génétiquement lors de la croissance embryonnaire et elle est présente dès la naissance. De plus, elle peut être décomposée en latéralité morphologique et en latéralité neurologique qui elle-même se subdivise en latéralité motrice (ou fonctionnelle) et en latéralité sensorielle.

Toutes ces caractéristiques de la latéralité sont interdépendantes et présentes chez le Cheval à des degrés divers mais elles ne vont pas obligatoirement toutes dans le même sens.
En effet, la latéralité n’est pas binaire et Jack Murphy la redéfinit en 2005 comme « l’occurrence de la réalisation d’un geste de manière unilatérale ».

La latéralité correspond donc à une utilisation prédominante et non pas exclusive d’un membre. Aussi, chaque cheval a son degré de latéralité associée à une biomécanique qui lui est propre. En d’autres termes il n’est pas gaucher ou droitier à 100%. Il présente un côté de prédilection pour la réalisation de chaque geste plutôt à droite ou plutôt à gauche. Cette préférence ne va pas toujours dans le même sens et la combinaison de ces préférences pour chaque geste peut différer d’un cheval à l’autre pourtant identifié comme latéralisé du même côté. De plus, le Cheval étant un quadrupède, il est difficile de savoir à quel niveau se traduit sa latéralité. Doit-elle être considérée plutôt sur l’avant-main ou plutôt sur l’arrière-main ? Ainsi G. Azmar propose trois approches pour l’étudier : la latéralité antérieure, la latéralité postérieure et la latéralité oculaire.

Beaucoup se sont intéressés à l’étude de la latéralité chez le Cheval sans réellement aller au bout de leur travail de réflexion. Le principal obstacle rencontré dans l’analyse approfondie des résultats de ces études réside dans l’interprétation qu’en font les chercheurs au travers du filtre de leurs connaissances et des idées préconçues qui font autorité dans ce domaine. De plus, les études que j’ai pu lire, en se focalisant souvent sur un seul paramètre de la latéralité, ont faussé l’analyse binaire qui en a été faite. Pour mon travail j’ai donc tenu à me mettre en relation avec des professionnels de spécialité les plus diverses (cavalier, maréchal-ferrant, vétérinaire, ostéopathe) et faire abstraction, autant que possible, de toutes les idées préconçues en commençant par tordre le cou à cette idée que la latéralité est binaire. Il m’a donc d’abord fallu définir la latéralité du Cheval, ce qui n’a encore jamais été proposée.

Comment définir la latéralité chez le Cheval ?

Ayant identifié les différents paramètres utilisés jusque-là dans la littérature pour définir la latéralité du Cheval, il m’a été possible d’en faire la synthèse et de proposer une définition du cheval droitier qui
- a une facilité d’incurvation à gauche
- avance préférentiellement l’antérieur gauche
- part plus facilement au galop sur le pied droit
- est plus dur dans la bouche à droite
- tombe plutôt à droite :
- a son postérieur gauche plus faible (qui a du mal à s’engager sous la masse)
- a la pointe de sa hanche gauche plus en avant (parascoliose gauche d’après Yves Guillard)
- se traverse à gauche sur un cercle à main droite
- réduit la cadence lorsqu’il passe d’une incurvation gauche à une incurvation droite.


Schéma d’un cheval droitier, vu de dessus.Body symmetry or dissymmetry ?

Chez l’Homme, en plus de ces critères locomoteurs, certains ont mis en évidence des critères anatomiques comme par exemple une relation entre l’épi de la tête ou la taille des membres et la latéralité. Ainsi les droitiers ont des muscles à droite plus développés qu’à gauche. Il s’agit en fait d’une résultante de la latéralité neurologique. En effet, si un membre est davantage sollicité que l’autre, il augmentera inévitablement sa masse musculaire. Or comme la latéralité neurologique est difficile d’accès, il paraît plus judicieux de considérer la latéralité morphologique qui est directement mesurable.

Appliqué au Cheval, le droitier a plutôt : ...

 Suite...


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- Sommaire de ce numéro : Revue 35C (Mars 2015)



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