L’Ostéo4pattes

101- Dépêche de février 2013

L’ostéopathie, une approche globale du corps.
Créé le : mardi 26 février 2013 par Romain Orio

Dernière modificaton le : vendredi 8 décembre 2017

Cet encart de la dépêche sera le dernier inclus dans dans le recueil édité ce printemps :
- Les 101 Coups de Pouce.

Une chienne Golden Retriever de 11 ans présente depuis quelque temps une faiblesse de l’arrière-train évolutive, à l’origine d’une difficulté croissante à se lever et à se déplacer.

Elle vit avec son fils de 6 ans, plus grand et qui la sollicite beaucoup pour jouer, né des suites d’un accouchement difficile (le premier pour la chienne). Un premier chiot resté coincé dans la filière pelvienne est mort, entrainant une césarienne d’où sont nés deux chiots vivants. L’opération s’était terminée par une ovario-hystérectomie en accord avec les propriétaires, afin de stériliser la chienne.

Un traitement anti-inflammatoire classique (AINS cox-2 sélectif) est mis en place par le vétérinaire traitant. La chienne tolère mal le traitement, elle mange moins et les signes cliniques locomoteurs sont inchangés. De plus lors du contrôle biochimique mis en place à cet occasion, le taux d’urée est sensiblement augmenté.

La chienne est donc référée pour une consultation d’ostéopathie. Les dysfonctions rencontrées se situent au niveau du sacrum, au niveau thoracique (T10-T11) et sur le genou gauche, mais les plus fortes tensions se situent au niveau des deux premières vertèbres lombaires. Cette dernière région ne répond pas au traitement local fonctionnel, fascial et tissulaire utilisé pour traiter les autres dysfonctions. Les tensions persistent et semblent liées à quelque chose de plus profond, impression habituellement rencontrée lors de tensions viscérales se répercutant sur le rachis par traction mécanique fasciale via les mésos d’une part, et de l’autre par l’intermédiaire de l’innervation sympathique.

La chienne ayant été opérée, on peut s’interroger sur l’origine de la profondeur de ces tensions. Certes il est fréquent de rencontrer des tensions cicatricielles suite à une opération, y compris au niveau viscéral, et dans le contexte d’une ovario-hystérectomie elles peuvent se situer sur les pôles vasculaires ovariens, les restants de ligament large ou le col utérin.

Dans le cas présent, il nous faut aborder ces tensions sur le plan émotionnel pour obtenir une relaxation des tissus, qui se manifeste également par une détente globale de la chienne qui s’endort durant le soin. En pratique, il s’agit simplement de placer son attention à un niveau différent.

Une dose d’Arnica (remède de traumatismes, pas nécessairement physiques) en 30 CH est donnée en fin de consultation.

Dans les jours suivants, la chienne se déplace mieux mais encore difficilement, elle est assez fatiguée pendant deux semaines. Il faut attendre la 3ème semaine après la consultation pour observer une franche amélioration. Elle court à nouveau, elle est plus vive et se fait davantage respecter par son joueur de fils lorsqu’il la secoue un peu trop.

La nécessité de se déplacer du registre physique vers le registre émotionnel n’est pas rare en ostéopathie animale. Elle peut avoir lieu sans qu’on s’en aperçoive, devient parfois nécessaire dans certains cas alors que rien ne semblait le suggérer au début du soin, mais elle trouve souvent naturellement sa place lorsqu’on l’interprète à l’aune de l’historique du patient.

Les relations entre le corps et l’esprit ne sont plus à prouver et l’ostéopathie, médecine holistique, permet d’aborder les conséquences morbides de ces relations, même si celles-ci sont anciennes.

C’est aussi une alternative très intéressante aux traitements anti-inflammatoires classiques habituellement utilisés dans le cadre de certaines pathologies chroniques, à plus forte raison lorsque ceux-ci sont contre-indiqués.



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