L’Ostéo4pattes

098 - Dépêche de novembre 2012

Symétrie ou dissymétrie (suite)
Créé le : samedi 3 novembre 2012 par Patrick Chêne

Dernière modificaton le : vendredi 8 décembre 2017

Le dernier encart faisait référence à la Torsion Physiologique qui prétendait introduire une dissymétrie dans le bassin et dans tout le corps.
Rappelons que selon ce concept, l’iliaque gauche des quadrupèdes et son axe d’articulation avec le sacrum est plutôt fait pour une rotation qui l’emmène vers l’avant et le haut du corps, à l’inverse de l’iliaque droit.

Cette vision dissymétrique du corps permettant de simplifier énormément les traitements et de comprendre mieux certaines pathologies.

Pourtant, à moins d’être entraîné à cette perception et d’en voir les résultats, il est parfois difficile de comprendre les tenants et les aboutissant de ce concept que l’on ne peut visualiser soi même.

Effectivement, les compensations en général sont tellement rapprochées dans le corps que cette torsion ne se voit pas. Par bonheur, le jeune chien en croissance extériorise et accentue parfois ses dysfonctions ostéopathiques.

C’est ainsi que, jeune vétérinaire, j’avais consulté un chiot qui marchait en crabe, que je n’avais rien trouvé pour origine et rien pu faire. Le rebouteux local, si ... et .. qui plus est en quelques secondes ...

Et ce n’est qu’en apprenant les lois de Fryette qui mettent en jeu les rotations vertébrales que j’avais compris ce cas là.

Et maintenant, ce jeune labrador en croissance, mauvais aplombs, dos voussé, suspect de dysplasie est consulté en ostéopathie.

Diagnostic ostéopathique, traitements et résultats sont ici classiques : Force de Traction Médullaire élevée, Torsion Physiologique accentuée. Le résultat en quelques jours est bon : disparition de l’irrégularité des allures, disparition de la voussure du dos.

Mais ce qui est intéressant dans ce cas est un petit commémoratif anodin, que, vétérinaire, nous balaierions d’un revers de main vers la poubelle artefact si nous ne connaissions pas la notion de Torsion Physiologique.

En effet, un détail qui intrigue le propriétaire des le début est que son chiot ne se couche jamais en "sphinx" comme le font la plupart des chiens. Quand il veut se coucher ainsi (cf photo), il se vrille avec l’arrière qui part sur la gauche.

Et l’on reconnait là une dysfonction de la torsion avec l’iliaque droit bloqué vers le bas et l’iliaque gauche bloqué vers le haut. Dans ces conditions, la position en sphinx oblige l’iliaque droit à se relever, comme ce n’est pas possible, il préfère basculer dans le sens de la facilité et la position adoptée ici est une position de confort où l’iliaque droit peut rester en position basse et l’iliaque gauche aller encore plus dans sa facilité.

Quelques jours après le traitement, le chiot commence à se coucher en sphinx spontanément.

Ainsi ce genre de petit détail anodin peut mettre la puce à l’oreille de tout soignant même non au fait de l’ostéopathie et de ses dernières avancées, il suffit juste de voir et d’écouter. Et cela de façon d’autant plus impérieuse que cette torsion accentuée en obligeant des rotations internes du fémur gauche et externe du fémur droit favorise l’installation de la dysplasie coxo-fémorale .... et ce n’est pas une autre histoire.

Cela fait partie des faits à intégrer dans le raisonnement officiel sur la dysplasie au lieu de continuer exclusivement à y chercher une génétique capricieuse qui un jour fait la dysplasie, un jour ne la fait pas ....



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