L’Ostéo4pattes

Le Désespoir des Chevaux ou l’Art de les Aimer (rés)

Créé le : dimanche 8 avril 2012 par Pierre Enoff

Dernière modificaton le : samedi 9 décembre 2017

Sollicité pour rédiger une série d’articles sur les chevaux et plus particulièrement sur la locomotion équine, nous allons aborder les raisons pour lesquelles le cheval est si souvent malmené dans la relation que nous entretenons avec lui. Dans un premier temps, il est important de situer le contexte.

C’était une autre époque. Elle a duré longtemps, quelques milliers d’années. Lui était là bien avant, et il a vu arriver l’homme sur cette planète. Lui, le cheval sauvage, libre, autonome, allait désormais vivre avec l’homme… Rien de pacifique dans cette cohabitation : toujours à l’affût de solutions pour manger, se déplacer, se battre, l’homme a utilisé le cheval comme un outil dès le Néolithique.

Cette domestication s’est perfectionnée au fil des siècles. Le cheval sauvage est ainsi devenu cheval de labour, cheval de transport, cheval de guerre, cheval de boucherie… Un bon ouvrier, un esclave puissant, docile, et surtout facilement convertible en steaks en cas de rébellion. Il a fallu attendre encore pour qu’il soit aussi transformé en cheval de sport : courir plus vite, sauter plus haut, être compétitif… Le « meilleur ami », la « plus noble conquête » de l’homme avait décidément toutes les qualités, et cette alliance – ou plutôt cet assujettissement – allait nourrir légendes et romans, de Pégase à Bucéphale, de Rossinante à Jolly Jumper.

Mais comment l’homme a-t-il pu « faire à sa botte » ce mammifère dix fois plus lourd et quarante fois plus puissant que lui ? En fait, ce sont surtout les militaires qui ont instauré et codifié la relation entre homme dominant et cheval dominé. Pour les dresser, ils les ont isolés, les ont attachés dans un espace circulaire, les ont fouettés… Pour les avoir sous la main en permanence, ils ont inventé des cellules spéciales appelées boxes avec tout juste dix mètres carrés d’espace vital. Pour les nourrir selon leurs critères, ils leur ont fourni des « rations » peu compatibles avec les aliments qu’ils trouveraient en milieu naturel. Pour qu’ils soient plus prompts à l’effort, ils ont placé un mors dans leur bouche, plus ou moins meurtrissant, et se sont armés d’éperons et de cravaches. Et pour ne pas avoir à les parer ni à les préparer, ils ont ajouté au bout de leurs ongles des fers qui affectent à la fois leur motricité et le fonctionnement de leur organisme. Sur ce régime pénitentiaire, tout un decorum est venu peu à peu se greffer, entérinant cette relation décidément déséquilibrée entre l’homme et le cheval : costumes, pompons, harnachements, figures de style, jeux de cirque… Tant de livres nous décrivent tout cela, tout ce qu’il faut et ne faut pas faire pour correspondre à la nomenklatura du monde équestre.

Cette époque soi-disant épique a duré, perduré… Au XXe siècle encore, les chevaux ont connu de très près la boucherie et la guerre, à moins que ce soit l’inverse. Mais depuis les années cinquante, l’homme a cessé, dans sa grande bonté, d’utiliser le cheval comme instrument de guerre et de travail. Le pétrole était passé par là, le cheval-vapeur avait désormais plus de puissance qu’Equus caballus. Et puis sont arrivés les défenseurs de la cause animale, ces empêcheurs de tourner en rond qui ont dénoncé, par exemple, le massacre des éléphants pour leur ivoire, ou la chasse des animaux à fourrure, ou encore la surpêche. Les notions de biodiversité, de respect des êtres vivants, de bien-être animal se sont immiscées, très modestement, dans la conscience collective...

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